Sanctions européennes contre des citoyens israéliens

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, réagit aux sanctions européennes contre des citoyens et organisations israéliens :

« L’Union européenne a choisi, de manière arbitraire et politique, de sanctionner des citoyens et organismes israéliens en raison de leurs positions politiques et sans aucun fondement. La comparaison entre des citoyens israéliens et des terroristes du Hamas est moralement inacceptable.

Israël continuera de défendre le droit du peuple juif à vivre sur sa terre historique.

La tentative d’imposer des visions politiques par des sanctions ne réussira pas. »

 

Sanctions européennes contre des citoyens israéliens: deux poids, deux mesures

Professeur Michael Ayache

La liste Avec les Patriotes d’Israël, qui représente une part significative de la communauté française d’Israël, prend acte de la décision adoptée lundi 11 mai à Bruxelles par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, sur impulsion notamment du ministre français Jean-Noël Barrot, de geler les avoirs et d’interdire d’entrée dans l’Union sept «colons israéliens » et quatre organisations.

Nous ne contestons pas le principe selon lequel toute violence contre des civils, quels qu’en soient les auteurs, doit être combattue et sanctionnée. Nous saluons d’ailleurs que ce même paquet vise également douze dirigeants du Hamas, organisation terroriste responsable du massacre du 7 octobre.
Mais qui commet des violences?

Mais nous dénonçons avec la plus grande fermeté la logique de deux poids, deux mesures qui sous-tend la partie israélienne de ce dispositif.

Où sont les listes nominatives européennes visant les responsables des violences subies, jour après jour, par les civils israéliens en Judée-Samarie, sur les routes, dans les localités frontalières ?
Où sont les sanctions contre les bailleurs étrangers d’organisations qui contestent la légalité même de la présence juive dans des territoires que l’histoire, le droit et les accords internationaux n’ont jamais clairement tranchés ?
Où sont les sanctions nominatives contre les colons marocains au Sahara occidental, contre les colons turcs à Chypre nord, contre les responsables des transferts de population en Crimée, dans le Haut-Karabagh, au Tibet ou au Sahara occidental ? Aucun de ces dossiers, pourtant qualifiés par l’ONU de situations d’occupation ou d’annexion, n’a jamais donné lieu à une liste européenne de citoyens nommément frappés au portefeuille et privés de circulation.

Seuls des citoyens israéliens font l’objet, depuis 2024, de ce traitement d’exception. Cette singularité interroge — et elle inquiète légitimement les Français d’Israël que nous représentons.
Nous rappelons par ailleurs :
• Que les personnes visées ne bénéficient ni d’un procès, ni d’un contradictoire véritable, ni d’une voie de recours équivalente à celle qu’offrirait une juridiction française ou israélienne ;
• Que les conséquences bancaires et administratives de ces mesures peuvent toucher, par ricochet, des binationaux franco-israéliens dont les comptes, les transactions ou les liens familiaux pourraient être affectés sans qu’ils aient eux-mêmes été mis en cause ;
• Que la France a, vis-à-vis de ses ressortissants installés en Israël — plus de 250000 personnes — un devoir de protection consulaire et d’écoute qui ne saurait être remplacé par une diplomatie de l’affichage.
Nous demandons en conséquence :

1. La transparence complète sur les critères, les pièces et la procédure ayant conduit à l’inscription nominative de chaque personne et organisation sur la liste européenne;

2. L’ouverture, par le ministère des Affaires étrangères, d’un canal de dialogue formel avec les représentants qui seront élus des Français d’Israël (Conseil consulaire, conseillers) sur l’impact concret de ces sanctions pour nos compatriotes binationaux ;

3. Que la France porte, avec la même énergie, des initiatives nominatives contre les responsables et financiers du terrorisme palestinien, ainsi que contre les situations d’occupation comparables traitées avec une indulgence remarquée par les institutions européennes.
Les Français d’Israël ne demandent pas un régime de faveur. Ils demandent l’égalité de traitement — qui est, précisément, le premier principe républicain au nom duquel la France prétend agir.

Professeur Michael Ayache Avec les Patriotes d’Israël

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