Ils ont des yeux et ils ne veulent pas voir

Michèle Mazel

Affiches de protestation contre la republication des caricatures de Mahomet en une de « Charlie Hebdo », à Téhéran, le 9 septembre.Affiches de protestation contre la republication des caricatures de Mahomet en une de « Charlie Hebdo », à Téhéran, le 9 septembre. WANA NEWS AGENCY / VIA REUTERS

A la barre des témoins les survivants des sanglants attentats de janvier 2015 viennent raconter ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont subi. D’autres parlent au nom de ceux qui ne sont plus là. C’est qu’il a fallu cinq ans pour faire enfin comparaitre devant les tribunaux les assassins encore en vie et en prison, leurs commanditaires et leurs complices.  Enfin ceux qui n’ont pas réussi à échapper aux mailles du filet comme certains qui coulent des jours paisibles au Moyen Orient. Somme toute, ce procès tant attendu jette une lumière crue sur la dissonance entre des victimes et leurs familles et des prévenus sans remords qui savent qu’ils ne risquent pas leur vie. Bref, difficile d’y voir un acte de dissuasion, si tardive qu’elle soit.

D’ailleurs il ne semble pas impressionner les terroristes d’aujourd’hui qui prétendent émuler les précédents. « L’organisation djihadiste al-Qaida aurait fait savoir que le raid meurtrier de janvier 2015 n’était pas un incident ponctuel » écrit Le Figaro du mercredi 23 septembre, qui rend compte d’une édifiante histoire rendue publique par Le Point.  « La directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, a dû être exfiltrée de son domicile en raison d’une possible attaque. » Selon le quotidien, citant Le Point, elle n’a eu que dix minutes pour s’organiser. La menace viendrait d’Al Qaeda dont la branche yéménite a invité « Les musulmans de France, d’Europe et de l’extérieur » à poignarder les membres de Charlie.  Mais rassurez-vous, mardi soir le Parquet national anti-terroriste n’avait pas encore été saisi : il aurait, selon Le Figaro « Besoin d’éléments très concrets pour ouvrir une enquête ; mardi soir il était en demande d’informations. »

Laissons les experts poursuivre leurs investigations et arrêtons-nous sur les faits.  Près de cinq ans après le massacre qui a décapité l’équipe de Charlie Hebdo perpétré par les frères Kouachi, les survivants du journal font toujours l’objet « d’une protection très lourde. »  Selon un spécialiste cité par Le Figaro :  «  Les responsables du service de protection à la personne ont mis en œuvre énormément de moyens pour les mettre à l’abri et éviter que le sang coule à nouveau. » Une protection apparemment insuffisante puisque Madame Bret se voit forcée de quitter son appartement en urgence et craint de ne pouvoir jamais y revenir. Etrange situation où les services de sécurité se voient dans l’incapacité d’assurer la sécurité d’une citoyenne française en danger au motif qu’elle est employée par un journal satirique qui bien que touché presque mortellement persiste à défendre la liberté d’expression. Plus étrange encore, c’est dans la rubrique « société » que l’on trouve ce que Le Figaro qualifie « d’inquiétant épisode. »

Charlie Hebdo’s lawyer Richard Malka (C) talks to the press at the « Tribunal de Paris » courthouse in Paris, on September 9, 2020, during the trial of 14 people suspected of being accomplices in the Charlie Hebdo and Hyper Cacher jihadist killings. -. (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Tout de même, à l’initiative de Riss, directeur de la publication de « Charlie Hebdo », des représentants de journaux français se sont réunis pour débattre des menaces qui pèsent sur la liberté d’expression. Plus d’une centaine de médias ont signé et publié   une « lettre ouverte à nos concitoyens ».

Il n’est pas sûr que Marika Bret en tire un grand réconfort.

 

@Michèle Mazel

 

Lire à ce sujet  :

«Ces faits qui font craindre de nouveaux attentats islamistes en France»

FIGAROVOX/TRIBUNE – À l’occasion du procès de Charlie Hebdo, une partie de la mouvance de l’islam radical dans notre pays, renforcée par la remise en liberté progressive de nombreux condamnés pour terrorisme, recourt de façon décomplexée à l’intimidation et aux menaces, alertent Jean-Charles Brisard et Thibault de Montbrial.

Par Jean-Charles Brisard et Thibault de Montbrial
Jean-Charles Brisard et Thibault de Montbrial.
Jean-Charles Brisard et Thibault de Montbrial. SIPA / IBO/SIPA / FABRICE SCHIFF / FABRICE SCHIFF

Jean-Charles Brisard est président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT).
Thibault de Montbrial est avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI).


Il y a quelques jours, nous alertions les pouvoirs publics sur la présence et l’activisme accrus dans l’espace public de prévenus pour des faits de terrorisme ou d’anciens détenus condamnés pour des faits liés au terrorisme islamiste (TIS) ayant purgé leur peine.

Il s’agit d’une tendance émergente, observée depuis plusieurs mois et liée à de nombreuses sorties de prison. Elle témoigne, de la part des intéressés, d’une volonté manifeste d’intimidation, sinon de harcèlement à l’égard des institutions publiques et privées impliquées dans la lutte contre le terrorisme ou la défense des victimes.

Lire la suite : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/ces-faits-qui-font-craindre-de-nouveaux-attentats-islamistes-en-france-20200924

8 Commentaires

  1. Les terroristes muzz bénéficient de tous les droits .

    Surtout celui de sauver leur tête .

    Dans un pays muzz ils n’auraient  » bébéficié  » que d’un droit :

    Celui d’avoir la tête tranchée .

  2. La lâcheté des politiques et des médias va nous coûter cher. Le terme « séparatisme » cher à Macron pour ne pas nommer les choses s’applique jour après jour dans nos rues. Je n’en peux plus de voir toutes ces femmes de plus en plus nombreuses couvertes des pieds à la tête plus le masque, véritable bénédiction pour se cacher tout le visage, avec une ribambelle d’enfants ce qui laisse présager un avenir radieux ! C’est cette France là que monsieur Mélenchon appelle de ses voeux, la créolisation ? ça promet !

  3. Des prévenus sans remords qui savent qu’ils ne risquent pas leur vie. Voilà une phrase qui en dit long sur les systèmes judiciaires et exécutifs occidentaux qui ne jurent que par une démocratie qui protège tous ces gangsters du terrorisme. Personnellement, je n’opte pas pour une justice qui conduit à la potence ou à l’échafaud. Mais lorsqu’il s’agit de terrorisme aveugle, avéré et crapuleux, je suis pour une justice expéditive dans l’au-delà. Cela ferait peut-être parler tout ceux qui croient encore que « tout le monde il est gentil » et surtout ceux qui lèvent l’étendard des Droits de l’Homme, droits que n’ont pas les victimes qui se trouvent sous terre.

    • C’est comme ces dégénérés qui viennent faire l’apologie du nazisme, ils devraient être jugés à la façon de ceux qu’ils soutiennent : une balle entre les 2 yeux et pas un mot.

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