Le navire Wedgwood qui a acheminé secrètement des survivants de la Shoah à Haïfa

Un aumônier de l’armée américaine, la résilience et le courage (chutzpah) sont les vedettes du livre de Rosie Whitehouse sur l’exode vers la terre promise après la Seconde Guerre mondiale

LONDRES – Aux premières heures du 19 juin 1946, le Wedgwood, un ancien navire de la marine canadienne déguisé en bananier, s’est éloigné tranquillement de Vado Ligure, sur la côte de la Riviera italienne.

Mais le navire ne transportait pas de fruits ; à bord se trouvaient plutôt plus de 1 000 survivants de la Shoah qui se rendaient secrètement en Palestine mandataire. Les conditions à bord de cette corvette surpeuplée étaient désastreuses – l’eau était rationnée et les conditions sanitaires médiocres – et avant d’atteindre sa destination, le navire devait faire face au blocus naval que la Grande-Bretagne avait imposé pour empêcher l’immigration juive.

L’histoire largement méconnue du Wedgwood et de ses passagers fait l’objet d’un nouveau livre – The People On The Beach : Journeys to Freedom After the Holocaust – par la journaliste et auteur britannique Rosie Whitehouse.

Le Wedgwood n’était qu’un des nombreux navires sans pavillon qui, dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création de l’État d’Israël, ont transporté des milliers de survivants de la Shoah depuis les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire jusqu’en Palestine.

Après avoir livré sa précieuse cargaison, la corvette Classe Flower retournera au combat, servant largement comme navire de guerre dans la marine israélienne – y compris pendant la bataille pour l’indépendance de 1948 – avant d’être désarmée en 1954.

Il s’agissait d’une mission de sauvetage massive menée par des Juifs, des Juifs qui sauvent des Juifs

« C’est plus que l’histoire d’un simple bateau, c’est un compte rendu de cet exode biblique », écrit Whitehouse. « Ce livre examine pourquoi tant de survivants de la Shoah ont estimé qu’ils ne pouvaient pas retourner ou rester dans les lieux où leurs familles avaient vécu pendant des générations, et comment le sionisme leur a offert un avenir ».

Rosie Whitehouse, auteur de « The People on the Beach ». (Autorisation)

Whitehouse est tombée sur une référence au Wedgwood en mettant à jour son guide de voyage en Ligurie, dans le nord-ouest de l’Italie. Cette découverte fortuite a déclenché une quête de quatre ans pour découvrir comment les survivants se sont retrouvés sur la plage de Vado Ligure. Elle a traversé l’Europe centrale et orientale – l’Ukraine, la Lituanie, la Pologne et la Bavière – et les Alpes jusqu’en Italie.

Le voyage de Whitehouse l’a conduite dans les camps de la mort et sur les sites d’effroyables atrocités nazies. Mais il a aussi révélé l’extraordinaire audace, la créativité et, parfois, le courage de ceux qui ont rendu possible le voyage du Wedgwood et celui des innombrables autres navires qui ont transporté les survivants vers leur terre promise. Parmi eux se trouvaient un aumônier de l’armée américaine, un jeune médecin qui avait survécu aux camps, des soldats de la Brigade juive et des agents secrets envoyés par la Haganah, la principale organisation paramilitaire juive dans le pré-Etat d’Israël.

« Il s’agissait d’une mission de sauvetage massive menée par des Juifs, des Juifs qui sauvent des Juifs », déclare Whitehouse dans une interview au Times of Israel.

Lire la suite https://fr.timesofisrael.com/le-navire-wedgwood-qui-a-achemine-secretement-des-survivants-de-la-shoah-a-haifa/?

Abba Kovner (deuxième rang, au centre) avec les membres de la Fareynikte Partizaner Organizatsye, (Organisation unifiée des partisans) à Vilna, dans les années 1940. (Crédit : Israel National Library)

1 COMMENTAIRE

  1. des récits de ce type sont nombreux, mais ils ne manquent jamais de susciter une grande émotion chez le lecteur. Les juifs ont une mémoire ancestrale: quand un juif souffre ou meure, c’est chaque juifs sur terre qui souffre. Dans la haggada de pessah, il est dit: ce n’est pas seulement vos pères que le seigneur a fait sortir d’Egypte et de la servitude, car s’il ne l’avait pas fait, vous y seriez encore.

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