Haazinou: Opérer un “retour” sur nous-mêmes (vidéo)

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PARASHAT HAAZINOU 2019
Dans la sidra Nitsavim le peuple a reçu une très “chaude recommandation”, celle d’opérer un retour sur nous-mêmes, de faire teshouva.

Cette péricope traite elle aussi de teshouva mais la différence est dans le nombre : ici, le peuple tout entier est concerné par cette teshouva attendue par D…..

Le verset 7 attire notre attention tout d’abord où l’homme est appelé à se placer sur l’échelle du temps de manière à pouvoir se référer au passé et ainsi s’appuyer sur des faits : “זכור ימות עולם בינו שנות דור ודור, שאל אביך ויגדך זקניך ויאמרו לך..”

Moïse entend par là que chaque membre du peuple doit s’intéresser sans se dissocier du passé du peuple car l’existence et tout ce qui a fait l’histoire n’a pas intéressé des individuels mais une collectivité entière et l’homme ne doit nullement se désolidariser de son passé et de son peuple et savoir son origine ainsi qu’il est écrit “ימות עולם”.

Par ce biais, l’homme peut apprendre les erreurs du passé et éviter de retomber dans les mêmes ornières et de cette manière, il est possible de comprendre par quel moyen l’on peut se rapprocher de D.

En effet, lorsque l’individu commet une faute, il n’a qu’à demander pardon au Créateur qui s’est “retiré” et pour que D. se rapproche de l’homme à nouveau, il faut faire un retour sur soi-même, reprendre l’étude de la Torah par exemple pour constater que D. est à nouveau “présent”. Lorsque le peuple faute, il doit dans son intégralité faire un retour, et faire tous les efforts possibles pour nous rapprocher de D et provoquer ainsi un retour de la Shekhina auprès du peuple.

D. S’est retiré de Son peuple. Qui en est responsable ? Chacun individuellement en ne tentant pas, par exemple, de réprimander son voisin ? En négligeant des mitsvoth ? En agissant de telle façon que D Se voile la face et se retire du monde ? Et lorsqu’il est écrit voici devant toi se trouvent la malédiction et la bénédiction, tu choisiras la vie. Tu choisiras la bénédiction. Est-ce ainsi que le peuple peut faire revenir la Shekhina.

Moïse lance un appel poignant au peuple avant de “rejoindre ses pères”. Pour ce faire, il désire prendre pour témoins “les cieux” et la terre, c’est-à-dire le cosmos tout entier. Il veut insister pour que le Peuple tout entier se rapproche de la Torah.

Que le peuple fasse teshouva. La teshouva réclamée peut se faire même si l’individu n’a pas commis de faute. Il faut qu’il éprouve le désir ardent de faire revenir la Shekhina parmi les hommes. Dans le service effectué par les Cohanim, nous pourrons voir de quelle façon la Majesté Divine va être ramenée ici-bas, sur terre depuis le “septième ciel”.

Après avoir pratiqué la cérémonie d’imposition des mains sur les taureaux qui vont être sacrifiés en rachat des fautes des grands prêtres et des familles des grands prêtres, après avoir tiré au sort entre les deux boucs : celui qui sera sacrifié pour racheter tous les péchés de tout Israël et le bouc émissaire qui sera précipité d’une montagne dans le désert de Judée et après avoir aussi imposé ses mains sur le bouc sacrifié pour y confesser tous les péchés d’Israël, le sang sera aspergé sur l’autel selon le cérémonial donné : le cohen asperge l’autel d’une goutte de sang vers le haut.

Tout se passe alors comme s’il tendait la main vers le Saint béni soit IL pour L’accompagner à descendre marche après marche, degré après degré ou ciel après ciel les sept cieux qui Le séparent de nous.

C’est ainsi que cela est décrit d’ailleurs dans le “seder ‘haâvoda” lu pendant le moussaf de Kippour : un, un et un (une goutte pour un ciel) ; un et deux (une goutte et on arrive au deuxième ciel), un et trois (une goutte et on arrive au troisième ciel) et ainsi de suite jusqu’au septième degré depuis le Haut, puis, le cérémonial pour raccompagner la Majesté Divine de la terre jusqu’au septième ciel se trouvera à la fin de l’office de la Néîla de Kippour.

A ce propos, il est à souligner un comportement que beaucoup adoptent : dès après la sonnerie du shofar, beaucoup de fidèles plient leur talith et s’en vont car, ils pensent que le son du cor ayant retenti tout est terminé or, il s’agit d’une erreur grave : il reste à “raccompagner” la Majesté Divine vers le “septième ciel” c’est-à-dire qu’au moyen du verset-profession de foi suivant : ה’ הוא האלוקים L’Eternel est notre D. (Ado-nay ‘hou ‘haElo-‘him) répété sept fois, nous raccompagnons l’Eternel vers Son trône.

Ainsi, tout se passe comme si, après avoir accueilli un invité de marque qui nous honore de sa présence, tout-à-coup, nous nous levons et l’abandonnons …………. Tout cela pour vite aller boire et manger quelque chose….. Et, si nous restions à la synagogue encore dix ou quinze minutes après avoir jeûné déjà 25 heures que se passera-t-il ?

Se restaurer est-il plus important que de dire au revoir à l’invité de marque ?
Nos fautes ne sont pardonnées que grâce à Yom Kippour, ne montrons pas notre désir si matériel en partant de la synagogue un peu trop tôt. Ne montrons pas notre impatience à notre D. qui nous pardonne alors que l’homme désobéit constamment.

Dans la péricope de ‘Haazinou se trouve un commandement par l’exécution duquel nous allons trouver la réponse à la question que nous nous posons : comment savoir pourquoi nous sommes fautifs dans toute chose ?

Dans le chapitre XXXI du Deutéronome, D ordonne de mettre par écrit ce poème “haazinou” – certains commentateurs enseignent que la locution “hashira ‘hazoth” ne concerne pas uniquement le poème qui commence cette sidra mais la Torah tout entière.

Et, c’est la raison pour laquelle, Moïse, recopia (écrivit) des sifré torah pour que chaque tribu ait la sienne et un autre qui serait conservé dans le Temple pour le cas où l’on aurait besoin de rectifier une “erreur” qui aurait pu se glisser dans l’un des sifré Torah. Le grand Prophète écrivit ces treize sifré Torah en un temps record aidé en cela par un miracle suscité par le Créateur. Non seulement il l’écrivit כתב mais encore il l’enseigna לימד אותה.

Au chapitre XXXII des versets 44 à 47 nous relevons six fois le mot כל ou provenant de la racine כל. Le mot כל est composé des initiales כ de כתבו et de ל provenant du verbe “enseigner” ללמד….. Et, ce que le texte veut nous faire comprendre c’est que si nous n’écrivons pas la Torah et si nous ne l’enseignons pas (allusion à la Torah écrite et à la Torah orale), alors, nous risquons de nous trouver dans la position que décrit le verset 47 : כי לא דבר ריק הוא מכם כי הוא חייכם car –cette Torah – n’est pas une chose vide elle est votre existence.

C’est-à-dire que, lorsqu’il nous est conseillé de choisir la vie c’est-à-dire la Torah, nous considérons que par notre choix/action/modus vivendi d’après la Torah, en l’écrivant et en l’enseignant nous donnons son plein sens non seulement à la Torah mais à la vie elle-même.

En consacrant un peu de temps à l’étude et un peu de notre temps à nous rapprocher de D., nous nous éloignons de la faute et, nous participons activement à la finalité de l’homme juif.

Moïse s’adresse à tout le peuple une dernière fois, en déclamant un cantique de 42 vers (versets). Pourquoi ce chiffre ? L’intention du prophète est d’utiliser ce NOM divin en 42 lettres évoqué dans “Ana Bekoah”, poème liturgique dans lequel sont mêlés tous les attributs d’HaShem.

Rabbi Nehouniya ben HaKana composa ce poème si puissant. Qui était ce Sage ? Il fait partie des maîtres du Talmud de la deuxième génération bien qu’il se soit démarqué de ses contemporains par le fait qu’il était entièrement absorbé par le côté mystique de la Torah (Cabbale) ou “nistar” (sens caché) davantage que par l’aspect “nigla” (de ce qui est dévoilé).

Le cantique de 42 versets fut composé par Moïse de manière à mêler les mondes supérieurs aux inférieurs et tout ce qui les compose pour imbriquer toutes les composantes de l’Univers.

Caroline Elisheva REBOUH

 

ANA BEKOAH

Ce chant est entonné, curieusement, avec les mêmes airs selon les communautés ou selon les pays, pas comme “Lekha Dodi” qui se chante de manière différente ou avec des mélodies différentes.

Dans mon enfance, je me souviens que l’officiant chantait de sa voix grave “Ana Bekoah” tout de suite après Mizmor le David précédant Lekha Dodi de Kabalat Shabbat puis, un jour, il cessa de le faire parce que, prétexta-t-il, ce texte était empli de secrets cabalistiques et qu’il valait mieux éviter de le prononcer si on ne connaissait pas son importance.

Je remarquais pourtant que l’on se servait des 7 vers de cette magnifique poésie dans le mahzor de kippour pour compter le nombre de selihot ou dans le mahzor de souccoth pour le nombre de hakafoth (chez certains hassidim) ainsi que pendant la cérémonie du Tashlikh et dans d’autres communautés on lit Ana bekoah au moment où l’officiant procède à la sonnerie du shoffar dans certaines autres synagogues on lit ce poème au moment où l’on fait les “habatot”.

Dans certaines communautés on lit aussi Ana bekoah après la parashat hakorbanot de l’office du matin, et chez d’autres après le compte du Ômer. Certaines autres personnes lisent ce poème avant de s’endormir et après la lecture du Shemâ Israël au coucher.

L’auteur présumé de ce magnifique poème serait le Tana Rabbi Nehonya ben Hakana. Ana bekoah se compose de sept vers chacun d’eux correspondant à un jour de la semaine, et chaque vers est composé de 6 mots. Sept multiplié par 6 font 42 qui correspond à l’un des nombreux noms par lesquels on peut s’adresser à D. Les lettres de ce nom sacré sont placées comme initiales des 42 mots de ce poème. C’est la raison pour laquelle, on dit, à la fin de ce chant la phrase : “Baroukh shem kevod malkhouto léôlam vaêd” ce qui signifie : “Que soit loué le nom de Son royaume glorieux à tout jamais”. ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד.
De même, ces sept vers correspondent aux sept séphiroth de l’arbre séphirotique qui concernent l’homme –être humain- et voici – dans l’ordre – desquelles il s’agit :

NOM DE LA SEPHIRA TRADUCTION JOURS DE LA SEMAINE
חסד GRACE DIMANCHE
גבורה FORCE LUNDI
תפארת BEAUTE MARDI
נצח VICTOIRE MERCREDI
הוד MAGNIFICENCE JEUDI
יסוד FONDEMENT VENDREDI
מלכות ROYAUTE SAMEDI

Le texte est le suivant en phonétique :
Ana bekoah guedoulat yeminekha tatir tseroura אנא בכוח גדולת ימינך תתיר צרורה (אב”ג ית”ץ)
Kabel rinat’ âmékha sagvénou ta’harénou nora קבל רינת עמך שגבנו, טהרנו, נורא ( קר”ע שט”ן)
Na Guibor doreshé yéhoudékha kebabat’ shomerem נא גיבור דורשי יחודך כבבת שומרם (נג”ד יכ”ש)
Barekhem, ta’harem, rahamé tsidkatékha tamid gamelem ברכם, טהרם, רחמי צדקתך תמיד גמלם ( בט”ר צת”ג)
Hassin’ kadosh berov touvékha na’hel âdatékha חסין קדוש ברוב טובך נהל עדתך ( חק”ב טנ”ע)
Yahid guéé léâmékha pné zokhré kédoushatékha יחיד גאה לעמך פנה זוכרי קדושתך (יג”ל פז”ק)
Shavâténou kabel oushmâ tsaâkaténou yodéâ taâloumot’. שועתנו קבל ושמע צעקתנו יודע תעלומות (שק”ו צי”ת)
Baroukh shem kevod malkhouto léôlam vaêd. ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד.
Traduction : Nous Te supplions avec la force de Ta droite, de nous délivrer de nos pêchés
Reçois les supplications que Ton peuple T’adresse par ces chants, élève-nous et purifie-nous Toi qui es Redoutable.
De grâce, Ô D Tout Puissant garde ceux qui recherchent Ton Unité.
Bénis-les, Purifie-les, et que Ta juste bonté les comble toujours
Tu es inébranlable, Toi Saint (béni soit Il) avec Ton immense bonté, gouverne Ton peuple
Tu es Unique et glorifié adresse Toi à Ton peuple qui toujours se souvient de Ta sainteté
Reçois nos supplications et écoute nos cris Toi qui connais les mystères de la création.
De nombreux chanteurs israéliens ont mis ce chant en vogue mais, parfois, les paroles ont été modifiées.

 

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