France rêve d’un Islam compatible avec la république

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Après avoir critiqué Sarkozy, pour avoir organisé un débat sur l’Islam, voilà que le premier ministre se lance à son tour sur ce sujet épineux. Il devra faire le chemin jusqu’au bout pour se rendre compte que son rêve ne risque pas d’être exhausser, à savoir un Islam compatible avec la république.

Valls veut un islam “compatible” avec la démocratie

La France laïque doit porter le “message” en Europe et dans le monde d’un islam “compatible avec la démocratie et la République”, a déclaré cet après-midi Manuel Valls, prenant en exemple l’islam “tolérant et ouvert” pratiqué à Mayotte, où 95% de la population est musulmane.

“L’islam est ancré depuis des siècles à Mayotte, il est tolérant, ouvert, pleinement compatible avec nos valeurs et la République”, a salué le Premier ministre, dans une allocution à la grande mosquée de Pamandzi, sur Petite terre à Mayotte. Rappelant la réunion lundi au ministère de l’Intérieur pour créer une nouvelle instance de dialogue entre l’Etat et les différentes sensibilités de l’islam, M. Valls a indiqué que deux représentants mahorais y participeraient, ainsi que deux Réunionnais.  A la Réunion, où M. Valls était jeudi et vendredi, 10% de la population est musulmane.

“L’islam a toute sa place en France, en Europe. C’est un grand défi des années qui viennent: faire la démonstration que l’islam est totalement compatible avec la démocratie, avec la République, avec l’égalité des hommes et des femmes, avec le dialogue”, a dit Valls.

“Ce message, il est important pas seulement pour les musulmans de France mais pour l’Europe, pour le monde: faire cette belle démonstration d’unité et de confiance. Et votre présence, votre tradition –celle du soufisme–, votre intelligence à dialoguer et à organiser l’islam, ici, à travers vos mosquée et vos madrassas est une belle démonstration que nous devons partager pas seulement en France, mais bien au-delà”, a-t-il souligné. “Que la France qui a organisé la séparation entre l’Etat et les Eglises, que la France identifiée à la laïcité et à la République soit celle qui porte ce message de tolérance et de compréhension, c’est essentiel”, selon

Instance de dialogue avec l’islam de France

Le gouvernement français organise lundi la première réunion d’une large “instance de dialogue avec l’islam de France” pour refonder la relation de l’Etat avec une communauté musulmane en mal de représentants et secouée par les attentats terroristes de janvier.

Entre 120 et 150 responsables de fédérations, recteurs de mosquées, imams, aumôniers, théologiens, islamologues et personnalités de la société civile, sans compter les représentants des pouvoirs publics, participeront à une demi-journée de débats au ministère de l’Intérieur.

Parmi les thèmes abordés figureront la sécurité des lieux de culte et l’image parfois dégradée de l’islam – deuxième communauté confessionnelle de France, avec environ 5 millions de membres, pratiquants ou non – dans les médias et l’opinion publique. 

La construction et la gestion des lieux de culte musulmans (2.500 actuellement, 300 mosquées en projet) sera aussi évoquée. Comme les pratiques rituelles, la certification du halal, le nombre insuffisant d’abattoirs, les éventuels abus financiers liés au pèlerinage à la Mecque (hajj) ou le manque de carrés musulmans dans les cimetières.

La radicalisation ne fera pas l’objet d’un atelier spécifique, cinq mois après les attentats de Paris qui ont fait 17 morts sans compter les trois auteurs terroristes abattus par les forces de l’ordre.

“Nous avons estimé que ce serait un mauvais message adressé aux Français et à la communauté musulmane que de le mettre à l’ordre du jour de la première réunion de l’instance”, indique-t-on au ministère de l’Intérieur, qui veut éviter toute “stigmatisation”.

Des soufis tenants d’un islam mystique aux prédicateurs littéralistes du Tabligh, en passant par les Frères musulmans, un large éventail de sensibilités sera représenté.

Seuls critères de participation, au-delà de la légitimité culturelle des invités: “l’adhésion au principe de laïcité” et le “respect des lois et des valeurs de la République”.

L’exercice est délicat pour le gouvernement: s’il souhaite avoir un dialogue plus étroit avec l’islam, ébranlé par le phénomène de radicalisation terroriste et la montée des actes antimusulmans, il n’a pas à organiser les affaires d’une religion.

“Il ne s’agit pas de créer une organisation nouvelle des Français de confession musulmane, ni de constituer une enceinte de négociation devant déboucher sur des décisions immédiates”, a prévenu le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans la lettre envoyée aux invités. Plutôt de “réunir un forum d’échanges régulier” – une à deux fois par an – entre l’Etat et les musulmans.

Des groupes de travail pourraient être constitués et le ministre de l’Intérieur, également ministre chargé des cultes, pourrait faire des annonces, notamment sur l’obligation d’une formation universitaire civile et civique pour les aumôniers pénitentiaires, voire le contrôle de la maîtrise du français par les imams détachés par des pays étrangers.

JForm.fr avec AFP

 

 

 

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