Éric Zemmour, antidote à la haine de soi…

On pourrait aussi changer de titre et chercher une périphrase équivalente : France cherche président crédible désespérément…

Tellement les événements que nous vivons chaque jour que Dieu fait sont uniques en leur genre. On nous l’a répété ad nauseam : un simple journaliste politique, un écrivain, auteur de best-sellers rameute des foules de plus en plus nombreuses , parmi lesquelles certains paient même pour venir le voir et l’écouter. Là où les représentants de la classe politique, blanchis sous le harnais, peineraient à rassembler un peu plus de deux cents personnes, Éric Zemmour joue, si j’ose dire, à guichets fermés. A Versailles où un certain nombre d’éléments objectifs auraient milité en faveur d’un accueil moins enthousiaste, le non encore candidat a réuni environ mille quatre cents personnes, toutes ravies de l’écouter et d’échanger avec lui.

Il est temps d’analyser en profondeur le mystère de ce phénomène : Éric Zemmour attire les électeurs et les lecteurs comme un aimant et ces admirateurs et admiratrices donnent l’impression d’avoir longtemps attendu un tel discours politique qui leur parle et les remobilise. Chaque fois qu’un simple citoyen est interrogé sur cette attirance presque irrésistible, la réponse est la même : il parle vrai, il évoque des sujets que les autres ne traitent jamais, il tourne le dos délibérément au cynisme politique ambiant où les deux pôles du spectre électoral se répartissent les rôles pour que rien ne change ! Je crois que par de telles explications les gens saluent cet assainissement des mœurs politiques, réputées être une zone obscure où tous les coups sont permis, comme les vieux ténors de la politique aiment à le dire volontiers : il n’y a pas d’amitié en politique ! En entretenant de telles appréciations, le vieux monde, si cher à l’actuel président de la République, a creusé sa tombe. Zemmour est vu comme celui qui est venu nettoyer les écuries d’Augias…

Donc, Zemmour apporte l’élément de la nouveauté, d’une certaine moralité politique, redonnant aux gens envie de faire de la politique, ou, à tout l moins, d’aller voter. Ce devoir électoral commençait à devenir une rareté, une exception.ET tout le monde semblait s’en accommoder. Aujourd’hui, c’est bien ce que les citoyens font chèrement payer aux caciques qui se vantaient de maîtriser le processus électoral grâce aux sondages, aux accointances dans les mass média, et toujours avec le même cynisme et la même indifférence. Zemmour agit comme un médicament contre le découragement, l’indifférence et, selon moi, la haine de soi…

Cette notion a été développée par un auteur allemand à la réputation un peu sulfureuse, qui écrivit un livre sur ce sujet en 1930, aux éditions Jüdischer Verlag, à Berlin. Prenant pour exemples une série d’auteurs qui ne se sentaient pas bien dans leur peau (dont le fameux Otto Weininger), l’auteur montre qu’un tel divorce avec soi-même est généralement fatal à celui qui en souffre. Zemmour est déterminé à éloigner ce danger de la France…

Mais l’épine dorsale du discours zemmouriste est précisément de neutraliser cette mode qui consiste à haïr tout ce qui évoque la France, sa culture, son histoire (parfois tragique), son rôle dans le concert des nations, bref son essence même. L’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot… est le seul à occuper ce créneau pour la bonne raison que ses concurrents, tous sans exception, ne sont pas en capacité de le faire. Et il situe les enjeux à un tout autre niveau. Il est pratiquement le premier à parler de la France en tant qu’entité quasi mystique, comme le général de Gaule le faisait. Mais cette glorification ne devient pas une exaltation chimérique. Zemmour se soucie du devenir de son pays qui serait selon lui gravement menacé. En fait, quand il pose la question de l’identité de la France de toujours, celle de notre enfance, il verbalise ce que des millions de Français n’osaient même plus exprimer : Qui sommes nous ? Qu’allons devenir dans ce vaste village planète ?

Nous ne sommes plus dans de la politique politicienne ni dans des préoccupations de second, voire de troisième ordre, mais dans une sorte de métaphysique qui transcende les situations socio-économiques pour tenter d’y remédier sur le long terme. Je crois que c’est Georges Clémenceau qui a dit, dans un moment d’abattement : il est venu trop tard, il est parti trop tôt… Les électeurs reprendraient sûrement à leur compte une autre déclaration faite au Sénat face au ministre de la guerre de cette époque : En fait, nous ne sommes ni gouvernés ni défendus. Tout un chacun reconnaîtra alors qu’une telle situation ne peut plus perdurer. Et c’est ce que propose Éric Zemmour, d’où l’accueil si favorable des Français à ce météore qui vient éclairer leurs sombres lendemains.

Pourquoi le discours politique s’est il replié sur les seules préoccupations bassement matérielles, laissant loin derrière soi tout ce qu’inspire le merveilleux verset biblique, selon lequel l’homme ne vit pas que de pain… Certes, je n’ignore pas que la première préoccupation des Français n’est autre que le pouvoir d’achat. Et c’est absolument légitime mais ceux qui gouvernent le pays depuis des décennies n’ont pas su parler à l’âme de ce pays, tout obnubilés qu’ils étaient par des calculs politiques dérisoires.

Mais des questions se posent. Pour le moment, le candidat que tout le monde attend et appelle de ses vœux ne s’est même pas encore déclaré. Et lorsque les forces politiques traditionnelles vont se positionner, Éric Zemmour saura maintenir ses acquis. Je ne pense pas que les autres candidats à venir sauront combler leurs lacunes historiques ou philosophiques lorsqu’ils entreront en lice. Même l’actuel président de la République aura affaire à forte partie ; ce ne sera plus le Heimspiel (match à domicile) comme en 2017 face à une Marine Le Pen totalement submergée…

Désormais, il faut écrire une page nouvelle dans l’histoire de la France contemporaine.

Maurice-Ruben HAYOUN

Le professeur Maurice-Ruben Hayoun, né en 1951 à Agadir, est un philosophe, spécialisé dans la philosophie juive, la philosophie allemande et judéo-allemande de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem, un exégète et un historien français. il est également Professeur à  l’université de Genève.  Son dernier ouvrage: La pratique religieuse juive, Éditions Geuthner, Paris / Beyrouth 2020 Regard de la tradition juive sur le monde. Genève, Slatkine, 2020

8 Commentaires

  1. Zemmour c’est comme Moise face au pharaon Macron qui ne veut changer la France , condamnée a vivre sous le joug de Bruxelles et des allemands , les français sont maltraités politiquement par 40 ans de mensonges , de chômage , de difficultés matérielles , ils ne voient plus la liberté à la française, les jeunes générations n’ont pas vécues les trente glorieuses , ils connaissent pas ce bonheur

  2. « On pourrait aussi changer de titre et chercher une périphrase équivalente : France cherche président crédible désespérément… »
    Est-il écrit au début de cet article. Hélas, je crains que les français ne cherchent plus…
    Comme dit Jésus-Christ: « les chefs des nations les tyrannisent mais il n’en sera pas de même parmi vous »…

  3. Puissiez vous dire vrai.
    Malheureusement, on voit certains membres de la communauté juive française qui se croient supérieurs aux autres (sans qu’il y ait la moindre raison à cette auto-satisfaction démesurée) qualifier Eric Zemmour de mauvais juif ou d’anti-semite.
    Et là, on commence à comprendre pourquoi l’Islam a pu, à ce jour, envahir aussi facilement de nombreux pays d’Europe de l’Ouest !

  4. Nous ne devons pas l’abandonner , il est quand même des nôtres .
    Il a assez d’ennemis .
    Et puis sa conseillère sera toujours là pour le guider .
    Il verra ainsi qui est sa vraie famille .

  5.  » Haine de soi  » c’est entre Nous .

    Mais

    Nos ennemis ne verront qu’un Juif .

    Il peut raconter ce qu’il veut ;  » Français Juif etc…. « ….rien n’y fera .

  6. Le livre de Lessing “la haine de soi” est fascinant. Peut on parler de haine de soi quand Zemmour parle de sa judaité? Pour se faire accepter il est aussi obligé, ou il se sent obligé, ou il le pense vraiment: de critiquer , de s’eloigner ou oublier sa judaité… Theodore Lessing en aurait à dire. Et l’histoire de Disraeli en angleterre à l’epoque serait à relire. (Isahia berlin la decrit tres bien)

  7. J’ai été content de lire cet article. Le Président du CRIF refuse aux Français de confession juive de voter pour Eric Zemmour, j’ai publié un article sur Riposte Laïque pour critiquer la position de Françis Kalifat. En mettant dans la barre de recherche de Google : Bernard Atlan Riposte Laïque vous pourrez lire cet article.

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