Affaire des enfants yéménites : Vers la reconnaissance et la justice pour les familles
L’affaire des enfants yéménites disparus dans les années 1950 continue de hanter l’histoire d’Israël, suscitant des appels à la reconnaissance, à la justice et à la commémoration. Alors que le ministère de la Santé est confronté à un nouveau rapport interne mettant en lumière les disparitions de milliers de bébés et de tout-petits d’origine yéménite, mizrahi et balkanique, les familles concernées et les militants des droits de l’homme exigent que des mesures concrètes soient prises pour faire face à ce sombre chapitre de l’histoire nationale.
L’organisation Amram, représentant les familles des enfants disparus, a lancé un appel pressant au ministère de la Santé pour qu’il adopte le rapport de 2021 qui expose en détail les disparitions tragiques. Cependant, la perspective d’une telle reconnaissance officielle semble être freinée par des préoccupations juridiques. L’opposition interne au ministère met en évidence les enjeux complexes entourant la responsabilité légale et les poursuites judiciaires potentielles.
Tom Mehager, directeur exécutif d’Amram, a souligné que le rapport en question expose la dure réalité des disparitions et cherche à établir la vérité sur le sort de milliers d’enfants. Les familles touchées ne demandent pas seulement une compensation financière, mais surtout une reconnaissance de l’erreur tragique et injuste qui leur a été infligée. Les milliers de bébés disparus, principalement adoptés par des familles juives ashkénazes, ont été arrachés à leur foyer sous prétexte de leur offrir une meilleure vie, laissant derrière eux des cicatrices émotionnelles profondes et une quête inassouvie de vérité.
Le rapport interne, dirigé par le professeur Itamar Grotto, épidémiologiste émérite, jette une lumière crue sur cette période sombre de l’histoire israélienne. Grotto, auparavant haut responsable au ministère de la Santé, a plaidé pour la publication du rapport et a été rejoint par les efforts d’Amram pour la reconnaissance et la justice envers les familles des enfants disparus.
Les révélations historiques faites par le Dr Natan Shifriss, historien à l’Université hébraïque de Jérusalem, ont mis en lumière le sort de plus de 2 400 enfants. Les familles immigrées étaient cruellement considérées comme « trop primitives » pour élever leurs propres enfants. Ce triste épisode a laissé un vide émotionnel et un sentiment de trahison qui perdurent encore aujourd’hui.
Les autorités ont récemment exhumé des tombes dans plusieurs cimetières, cherchant à établir la vérité sur le sort des enfants décédés. Cependant, les résultats n’ont pas encore fourni de réponses définitives aux familles en quête de clôture.
En réponse à ces appels, le ministère de la Santé a annoncé la création d’un comité chargé d’examiner l’implication des équipes médicales dans cette affaire. C’est un pas dans la bonne direction, mais il ne suffit pas. Les familles touchées méritent des excuses officielles, une reconnaissance du tort qui leur a été causé et la mise en place d’un mémorial à la mémoire des enfants disparus.
Alors que les voix s’élèvent pour que justice soit rendue, la société israélienne doit faire face à ce sombre chapitre de son histoire avec honnêteté, compassion et une volonté de corriger les erreurs du passé. Les familles des enfants yéménites disparus méritent la vérité, la reconnaissance et la justice qu’elles attendent depuis trop longtemps.
Jforum.
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