Détournements de fonds sur les programmes d’armement russe

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Dans un rapport transmis le 9 avril au Sénat russe, le procureur général de Russie, Youri Chaika a affirmé que 1,6 milliard de roubles [21,9 millions d’euros au taux ce change actuel] avaient été détournés, l’an passé, des budgets alloués à de nouveaux programmes d’armement, en particulier au sein des conglomérats Rostec et l’agence spatiale Roskosmos.

Ces fonds étaient « destinés à la modernisation des capacités de production et à la création d’armements parmi les plus modernes », a souligné le procureur général.

Le conglomérat Rostec, qui compte 700 usines couvrant quasiment l’ensemble des domaines liés à l’armement, a réalisé, en 2016, un chiffre d’affaires de 1.266 milliards de roubles [18,5 milliards d’euros au taux de change de l’époque].

Quant à Roskosmos, son budget était de 165 milliards de roubles [5,5 milliards d’euros] en 2014.

Ce n’est pas la première fois que l’agence spatiale russe, dont certains de ses employés sont soupçonnés d’espionnage au profit de puissances étrangères par le FSB, se fait épingler.

Et c’est d’ailleurs pour cette raison que le Kremlin a nommé, l’an passé, Dmitri Rogozine, un ancien vice-Premier ministre de M. Poutine.

En 2015, elle fit l’objet d’une vague d’arrestations dans le cadre d’une affaire de détournements de fonds [la somme de 150 millions d’euros avait été avancée].

Un an plus tôt, la cour des comptes russe avait trouvé des « irrégularités » ayant atteint 1,5 milliard d’euros.

Dans le même temps, la construction du nouveau pas de tir de Vostochny avait donné lieu à la découverte de 20 millions d’euros de malversations.

Et, en août 2018, Alexeï Beloborodov, le directeur adjoint de l’entreprise Energia, qui produit les vaisseaux Soyouz et Progress, avait été arrêté pour avoir reçu pour au moins 28.000 euros de pots de vin…

Une goutte d’eau par rapport aux précédentes « irrégularités ».

Cela étant, Roskosmos a réagi au rapport du procureur général en assurant qu’elle avait « contribué de façon active » à l’enquête du parquet et pris des « mesures exhaustives pour mettre de l’ordre dans l’industrie de missiles spatiaux. »

De son côté, Rostec a expliqué que ses propres services avaient « signalé l’an dernier des préjudices internes s’élevant à 3,4 milliards de roubles » [46 millions d’euros].

Par ailleurs, les malversations ne concernent pas seulement l’industrie russe de l’armement.

En mars, le procureur militaire fédéral avait en effet déploré que les affaires de corruption au sein des forces russes avait « quadruplé » en 2018, pour atteindre les 7 milliards de rouble [96 millions d’euros].

Et plus de 2.800 responsables militaires « ont été traduits en justice pour corruption en 2018 et 28 d’entre eux ont été licenciés pour perte de confiance « , avait-il précisé.

LAURENT LAGNEAU

www.opex360.com

3 COMMENTS

  1. La presse complice ne dis jamais ce qui se passe en occident…et pour cause la corruption y est institutionnalisée…avec Bruxelles quasiment intouchable faute de faire ” EXPLOSER” L Europe…le colossale budget de l Europe est une caisse où bcp se servent impunément !!!

  2. Marc essayez un peut de survoler la Syrie sans l’aval des Russes et tu comprendras la valeur technique des S 400 et S 300

  3. “2.800 responsables militaires « ont été traduits en justice pour corruption en 2018 et 28 d’entre eux ont été licenciés”, 1 pour 1000, ça donne une idée de l’empressement à sanctionner : et des idées à ceux qui pensent qu’il est impssible de vaincre techniquement le S400 ou S-300, “bijou” de l’industrie de la Malversation…

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