Graves desecrated with swastikas are seen in the Jewish cemetery in Quatzenheim, near Strasbourg, France, February 19, 2019. REUTERS/Vincent Kessler

BOULEVERSANT son agenda, Emmanuel Macron s’est rendu mardi après-midi, en compagnie de Christophe Castaner, dans le cimetière juif de Quatzenheim, à l’ouest de Strasbourg.

Dans la nuit de lundi à mardi, 96 tombes, sur les 285 qu’il compte, y ont été profanées : des croix gammées ont notamment été tracées à la peinture jaune ou bleue.

En se rendant dans ce petit cimetière fondé en 1795 et aujourd’hui entouré d’habitations, le chef de l’État souhaitait « poser un acte fort ».

« Comment se fait-il qu’on n’ait pas réussi à arrêter cela ? C’est notre échec », a admis Emmanuel Macron avant de déplorer « l’absurde bêtise » d’un « groupe d’individus haineux ».

« Ceux qui ont fait ça ne sont pas dignes de la République, elle les punira », a-t-il assuré.

« Lutte sans merci »

Le président de la République a cheminé dans l’allée, écoutant les familles, venues la plupart de Strasbourg, raconter l’histoire de leurs proches enterrés dans ces tombes. Il ne reste plus que deux personnes de confession juive à Quatzenheim.

« Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens », explique Marcel Mandel, dont les parents adoptifs sont inhumés là.

« J’ai été arraché de mes parents à Drancy, avant leur départ pour Auschwitz. J’ai survécu grâce à des Justes… Jamais je n’aurais imaginé ces relents d’antisémitisme soixante-quinze ans après », avoue-t-il.

En Alsace, les actes antisémites ont augmenté de 27 % au dernier trimestre 2018, selon le ministère de l’Intérieur. La semaine passée, rappelant la profanation du cimetière de Sarre-Union, il y a quatre ans, mais aussi celle de Herrlisheim, la veille de l’attentat islamiste de Strasbourg du 11 décembre, le Consistoire israélite a lancé le Cri de Strasbourg.

Pour autant, « la France n’est pas antijuive, ni raciste », affirment les signataires en réclamant « une lutte sans merci pour faire appliquer la loi ». Membre du bureau consistorial, Thierry Roos a rappelé hier que « Strasbourg est la seule communauté de France en augmentation ».

« On prendra des actes, on prendra des lois, il faut frapper les consciences », a répondu Emmanuel Macron.

S’adressant aux enfants serrés autour de lui, il a appelé à la fermeté.

« Ils veulent que nous ayons peur, nous n’aurons pas peur. Il faut qu’on soit plus forts qu’eux. La peur et la honte doivent changer de camp », a-t-il promis.

Arrivé avec lui, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui avait dit la prière des morts, a encore lu le psaume de David « Ah qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble » en présence de Mgr Jean-Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, et d’Anne Dehestru, vice-présidente de l’Église réformée d’Alsace-Lorraine.

En serrant la main d’Emmanuel Macron, Marcel Mandel, très ému, lui a dit : « Vous êtes un mensch (un homme bien, NDLR). C’est le plus beau compliment que je puisse vous faire… »

Un peu surpris, le président assure avoir compris ce mot judéo-alsacien. « Je serai toujours là », promet-il, avant de repartir.

Mardi, dans la soirée, près de 1 700 personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées à Strasbourg pour dire aux actes antisémites : « Ça suffit. »

Source  :

Le Figaro ,Stephane Kovacs, Yolande Baldeweck

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