Daesh combat dans des tanks russes confisqués à l’armée syrienne, chaque fois que les islamistes prennent le dessus.

Daesh lance la contre-offensive en Syrie et en Europe

Daesh promeut simultanément une contre-offensive réussie dans l’Est de la Syrie, tuant plus de 100 soldats de l’armée régulière syrienne et une campagne terroriste en Europe (Barcelone, Cambrils, Turku, Sourgout, Buckingham Palace, Bruxelles…). Après Barcelone, de nouveaux attentats risquent de survenir.

Un convoi de l’armée syrienne attaqué par un tir de tank détourné par Daesh

 

L’offensive d’été de l’Etat Islamique est en pleine recrudescence sur trois fronts – deux en Syrie et une troisième dans les villes européennes –  en déjouant ainsi la vision prévalente parmi les experts occidentaux de la terreur islamique, qui explique que le retrait territorial du Califat en Syrie et en Irak annonce son agonie prochaine.

Certains événements qui se sont déroulés ces derniers jours s’éclairent d’un jour plus réaliste :

1. Alors qu’on décrivait largement les forces islamistes comme fuyant dans la panique des fronts de guerre principaux de Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie, il s’avère qu’elles ont battu en retraite de façon disciplinée et militaire, tout en calculant comment préserver et déployer suffisamment d’atouts pour lancer une vaste contre-attaque.

Cette stratégie a frappé l’armée syrienne avec des effets dévastateurs, jeudi 24 août. Les tanks, que Daesh a arrachés à l’armée syrienne, sont sortis de nulle part et ont pris par surprise les unités blindées de l’élite des forces du Tigre et leurs alliés des milices chiites pro-iraniennes, qui combattaient Daesh depuis plusieurs semaines et étaient parvenues à repousser les djihadistes hors de la région désertique à l’Est de Raqqa.

Cet assaut-surprise a offert aux djihadistes l’occasion de reprendre plusieurs villages du sud-est de Raqqa (Subkhah, Huwayjiah,  al-Sharidan et Zur Shama), ainsi que des camps syriens et des positions de l’armée régulière d’Assad. Environ 100 soldats des troupes syriennes ont été laissés pour morts sur le champ de bataille et des centaines de blessés partis à marché forcée ont été aperçus en train de fuir.

Cet engagement victorieux a permis à Daesh de prendre le contrôle des princiaples autoroutes à travers le désert conduisant vers ses actuels bastions de Mayadin (qu’on considère comme son nouveau QG, après Mossoul et Raqqa) et d’Abu Kamal, sur la frontière syro-irakienne. Non moins important, sur le plan stratégique, les Islamistes ont gagné un poste d’observation pouvant leur permettre de menacer les Forces de Mobilisation Chiites irakiennes (UPM) combattant sous le commandement iranien pour libérer la ville de Tal Afat dans le nord irakien de l’occupation islamiste.

Ce danger est tellement aigu que, pour la première fois, un contingent de l’armée irakienne a traversé la frontière pour pénétrer en Syrie, vendredi 25 août, afin de venir à la rescousse des efforts de l’armée syrienne pour repousser l’assaut de Daesh.

Ce nouveau partenariat militaire irako-syrien dans la fraternité des armes contre l’Etat Islamique est coordonné par les centres de commandement iranien en Syrie et en Irak, qui sont supervisés par le Général Qassem Soleimani du Corps des Gardiens de la Révolution.

En outre, les sources des renseignements militaires de Debkafile ajoutent que les islamistes ont aussi réussi à repousser l’armée syrienne et ses alliés, y compris le Hezbollah, hors de la province syrienne de Deir Ez Zor jusqu’à la rive sud du fleuve Euphrate.

Pas plus tard que la semaine dernière,le commandement général syrien prétendait que l’armée du régime avait franchi le fleuve. Il s’agissait d’une exagération. Il n’y a qu’un petit nombre d’hommes de troupes syriens qui sont passés de l’autre côté, mais ils ont rapidement été décimés avant d’avoir la moindre chance d’instaurer une tête de pont afin de contrôler le secteur de la vallée sur la frontière syro-irakienne. La couverture aérienne russe n’a pas réussi à les sauver.

2. Le nombre de « bottes sur le terrain » marchant contre Daesh s’est massivement restreint depuis que les Président Donald Trump et Vladimir Poutine ont décidé de réduire l’implication américaine et russe en Syrie à des opérations des forces aériennes. Les frappes aériennes également ont diminué substantiellement. Aucune des forces spéciales américaine ou russe, par conséquent, ne prend part aux engagements en cours contre Daesh.

Le seul endroit où on peut trouver des officiers américains commandant directement des forces locales se situe sur le front de Raqqa, où les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et la milice kurde des YPG sont à la pointe des combats contre Daesh. Cependant, Daesh reste en capacité, à cause des cieux relativement éclaircis de trop d’avions hostiles, de faire circuler rapidement des forces substantielles entre les champs de bataille de Syrie et d’Irak.

3. Par conséquent, quatre armées locales mènent la guerre contre Daesh avec un appui aérien limité de la part des Etats-Unis et de la Russie. Ce sont l’armée syrienne, le Hezbollah, les autres milices pro-iraniennes, dont les UMP irakiennes et les diverses milices affiliées aux Kurdes.

Puisque Trump et Poutine sont du même avis, quant à l’objectif de réduire leur implication militaire en Syrie, dans les hostilités en cours, l’Israélien Binyamin Netanyahu n’a pas fait de percée, quand il est venu leur demander d’arrêter l’Iran et ses sbires afin de les empêcher d’assurer une présence permanente en Syrie.

4. La reprise par la force des armes, de certaines bandes de territoires par Daesh, dans le désert syrien, met à mal la théorie largement répandue que les islamistes seraient en train de relancer leur activité terroriste en Europe pour compenser leurs pertes territoriales et au combat en Syrie et en Irak. D’où, dit-on, les attentats de Barcelon et Cambrils comme un « chant du Cygne ».

Cela dit, les analystes de Debkafile sont parvenus à des conclusions différentes. Daesh fait la promotion de deux campagnes simultanées. Alors que leurs contre-offensives avancent en Syrie et en Irak, les djihadistes ont développé un second front en Europe, avec un risque majeur de nouvelles attaques explosives encore à venir.

 

La machine de propagande médiatique de Daesh travaille jour et nuit pour diffuser son message central de mort et de destruction à travers le monde, sans se laisser interrompre par les hauts et des bas sur le champ de bataille.

Après Barcelone, on doit s’attendre à plus de violence islamiste dans les villes d’Europe.

Les services de l’anti-terrorisme pourront en empêcher la plupart, mais certainement pas toutes. Il faut tenir compte des paroles de Christoph Graf, commandant des Gardes Suisses du Vatican, qui a averti vendredi dernier : « Il se pourrait que ce ne soit qu’une question de temps, avant qu’il n’y ait une attaque de cet acabit à Rome. Mais nous y sommes préparés ».

DEBKAfile Analyse Exclusive26 août 2017, 1:54 PM (IDT)

 

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