Bref. Je suis juif de Y. A

Je ne l’ai pas choisi.
Je suis né comme ça.
Comme d’autres naissent blonds ou gauchers.
Mais ce « comme ça » change tout.
Ce mot, à lui seul, suffit à susciter des questions, des malaises, ou des silences lourds de sens.

Le terme juif vient de Yéhouda qui signifie Remercier D.ieu

Être juif,
C’est croire à la lumière, même dans l’obscurité.
Rire au bord du gouffre et reconstruire au bord des ruines.
Transmettre quand tout invite à se taire.
c’est être de partout… et de nulle part à la fois.

J’ai grandi avec des regards suspects.
Avec des silences qui disaient tout.
Et avec des larmes qui disaient trop.

Je suis né d’une lignée qu’ils ont voulu effacer. Qui ?
Les Pharaons, les Perses, les Grecs, les Romains, l’Inquisition, les nazis et aujourd’hui les islamistes.

J’ai appris à en rire avec mes potes.
À en pleurer avec mes grands-parents.
À marcher avec des policiers devant les synagogues.
À prier sans bruit.
À fêter en sécurité.
À exister en vigilance.
J’ai compris qu’il fallait parfois se taire.
Ou éviter certains sujets.
Certains quartiers.
Certains regards.

On m’a dit que l’antisémitisme, c’était fini.
Puis il y a eu Sébastien.
Puis il y a eu Ilan.
Puis il y a eu Sarah.
Puis il y a eu Mireille.
Puis Ozar Hatorah
Puis l’Hypercacher.
Et puis Jeremy

Et puis il y a eu le 7 octobre.
Là j’ai compris.
C’est pas fini.
C’est jamais fini.

Je vois des gens nier un pogrom.
Justifier le massacre de bébés.
Défendre les barbares du Hamas.
Et accuser de génocide ceux qui se défendent.
Je regarde LFI applaudir la haine.
Je les regarde et je vomis.

Mais je ne suis pas qu’un traumatisé.
Je suis l’héritier d’un peuple.
D’un peuple de combats, d’exils et de retours.
Je suis l’héritier d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
L’enfant d’un peuple millénaire.
Lié à une terre qu’on a essayé de m’arracher mille fois.
Et que je ne quitterai jamais.

On nous accuse de survivre trop bien.
De réussir malgré tout.
De ne pas disparaître.
D’être encore debout.
C’est vrai.
On ne disparaît pas.
On ne plie pas.
On avance,
on construit.
On n’a pas le choix.

Je vois le monde s’habituer à notre douleur.
Nier notre peur, minimiser notre sang.
Mais je vois aussi des enfants courir dans nos écoles.
Des familles fêter Shabbat.
Des soldats protéger une terre retrouvée.
Des synagogues pleines, des vies pleines.

Être juif,
C’est pleurer Auschwitz.
C’est aimer Jérusalem.
C’est porter une kippa ou pas, mais toujours lever la tête.
C’est avoir une terre.
Une langue.
Un peuple.
Une loi
Un D.ieu
et une promesse…

C’est savoir que le combat ne finit jamais.
Qu’on ne sera jamais tranquille.
Mais qu’on sera toujours là.
Parce que c’est ça, être juif.

C’est survivre. C’est transmettre. C’est construire. C’est aimer. C’est espérer.

Je suis un survivant d’histoires que je n’ai pas vécues.
Et un témoin de celles qui s’écrivent aujourd’hui.

Je porte l’éternité dans mes veines.

Bref.
Je suis juif.

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2 Commentaires
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franck

superbe ,qu est ce que c est bon de se voir dans chaque mot de se fabuleux texte .c est comme de se regarder dans un miroir.

Joseph

Dommage, que nous n’ayons pas le nom complet de l’auteur de ce texte. Cela dit , en France, les problèmes ont commencé , il y a 30 ans, quand on a commencé a protéger les lieux juifs, mais hier comme aujourd’hui, on traite les conséquences et pas les causes, a l’image de ce rapport sur les Les frères musulmans, que Micron a tenté d’enterrer.