A l’appel du CRIF et des associations, plusieurs milliers -10.000 selon le CRIF- de personnes sont venues rendre hommage aux victimes des attentats de Toulouse perpétrés il y a 2 ans. D’autres, se réjouissant de l’apathie ambiante, comme Sophie de Menthon, égérie de l’émission « on ne va pas se mentir », sur Itélé, ne se gênent pas pour dénoncer (sic) toute lutte contre l’antisémitisme en France comme aussi vaine que « contre-productive » … (Voir en bas d’article)

On regrettera, néanmoins, que les organisateurs ne se soient pas suffisamment appuyés sur un réseau de militants de terrain , notamment, dans la périphérie de Paris et des grandes villes, qui aurait pu achalander des transports en commun et rassembler les franges de la communauté les plus directement menacées par l’antisémitisme virulent. Le phénomène s’étend, alors qu’on déplore une déconnexion entre la tribune officielle et le quotidien des simples gens. La communauté se laisserait-elle mithridatisée?

Faut-il attendre des évènements gravissimes pour que la Communauté, dans toutes ses composantes, se mobilise ? On est, déjà, bien loin des défilés de 200.000 personnes, le 7 avril 2002, de République à Bastille. Le vrai danger est, sans doute, là, dans le décalage entre les discours officiels qui rassurent, lorsque l’Etat et les collectivités rappellent leur engagement à traiter ce fléau, et l’isolement constant des personnes ou des petites et moyennes communautés, souvent désemparées face à l’indifférence de leur environnement direct.

Face aux banderoles du Bnai Brith et des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, de nombreuses personnalités se sont succédées à la tribune, parmi lesquelles :

Claude Goasguen, parmi les plus applaudis, lors de sa déclaration improvisée. Il a dénoncé l’identité d’objectifs entre l’antisionisme et l’antisémitisme, rappelé les valeurs de culture et de civilisation qui s’opposent à ces dérives inacceptables, affirmant et répétant que jamais les élus ne permettront qu’il leur soit donné libre cours dans leurs circonscriptions.

– l’Imam Hassen Chalgoumi a fustigé l’Islamisme radical qui ronge l’Islam de l’intérieur et pollue l’esprit de milliers de jeunes, les centaines de Merah, actuellement à l’œuvre en Syrie et qui n’attendent que leur retour dans l’Hexagone, pour s’adonner au Jihad anti-républicain et prioritairement anti-juif. Ce que peut nous en dire cet Imam courageux et isolé n’est encore rien, par rapport aux fuites qui commencent à perler dans les médias, essentiellement, étrangers. Un rapport secret-défense est sous scellés à la DGSI Article original, pour éviter qu’on en mesure l’ampleur. Le CFCM , évidemment représenté dans ce rassemblement y est mis en cause pour sa complaisance à l’égard de ce lavage de cerveau organisé. Les outils et critères de repérage sont, à ce stade, inefficaces.

– le cinéaste Alexandre Arcady, auteur d’un film sur Ilan Halimi, qui sortira le 30 avril, a témoigné humblement de son premier voyage à Auschwitz et des motivations communes entre le nazisme et le gang des Barbares et ses épigones.

Joël Mergui, Président de tous les Consistoires, a eu un discours fort sur les deux ans qui nous séparent de la tragédie de Toulouse.

Roger Cukierman Article original a rappelé qu’1% de la population française subit 40% des agressions,

Bernard Henri Levy, de retour d’Ukraine, pense impossible que l’antisémitisme ne soit pas vaincu en France, comme dans les anciens pays de tradition antisémite, mais s’interroge sur les moyens de vaincre la « marée verte » qui sévit ici, apparemment sans réponse crédible.

Meyer Habib, stigmatise le silence-radio des médias français, lorsqu’Israël arraisonne un navire iranien chargé d’armes.

On a noté la présence d’Anne Hidalgo et de beaucoup d’autres candidats en lice à la tribune. Il est probable que certains orateurs, comme Harlem Désir, chef de file du PS, aient confondu rassemblement pour la mémoire et meeting de campagne des Municipales , ce que le public présent a diversement apprécié. Nos voisins nous poussaient du coude pour protester que ce rassemblement aurait dû avoir lieu plutôt après qu’avant cette échéance. Façon de s’inquiéter que la sollicitude des élus pourrait retomber dès lundi matin?

Le discours le plus attendu était sans doute celui du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Sous des applaudissements nourris, il a rappelé le nom des victimes, souligné qu’ »On a tué des enfants parce qu’ils étaient Juifs » en se questionnant « Comment en sommes-nous arriver là ? » annonce qu’ « Il ne faut rien cacher, les actes antisémites sont en progression » puis se livre à une véritable attaque contre l’antisionisme, à l’unisson avec son compère de Droite, C. Goasguen, plus tôt, annonçant que « L’antisémitisme se nourrit de l’antisionisme, du rejet d’Israël ».

Il terminera son discours par une phrase qui marquera la soirée : « Juifs de France, la France sans vous n’est plus la France. »

Dans la soirée, un allumage des bougies, réalisé par les ados des mouvements de jeunesse juive, a eu lieu en mémoire d’ Ilan Halimi, Sebastien Sellam, des soldats français assassinés, et des victimes de Toulouse face aux drapeaux français, israéliens et jaunes frappés du poing noir déployés par les Parisiens. Les jeunes ont brillament déclamé les versets de «  Pourquoi Je suis Juif « , d’Edmond Fleg * (voir en annexe).

Un incident à signaler:

– un militant Juif antisioniste, du nom de Jonathan Moadab, vidéaste pour une officine extrémiste, formellement identifié a été pris à partie par de jeunes Juifs avant d’être éconduit par la Police. En réalité, il a été attrapé et frappé. Il se serait retrouvé à l’hôpital avec ce qu’il y a tout lieu d’appeler : « une tête au carré ». (quelques bosses au front, mais tout de même).

Reste à savoir si celui-ci a délibérément provoqué ses vis-à-vis, par le cri profanateur mentionné ci-dessous ou si l’occasion était trop belle. Mais ce type de comportement n’honore pas la cause défendue.

Selon JSS-News, reprenant « Alliance.hosting » :

– Un homme aurait crié haut et fort : » PALESTINE VAINCRA » lors du kaddish . Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, sinon que le prétexte a pu être fabriqué pour motiver la ruée.

En fait, il semble qu’il s’agisse du même individu, les feuilles de chou à scandale tentant de capitaliser (si on peut dire) sur « l’évènement du jour ».

Il y a ainsi eu trois vagues successives, le « spectacle » se déplaçant de la scène vers la pelouse autour de la place du Trocadéro, où les jeunes tentaient d’appréhender le ou les provocateurs, rapidement contenus par le rempart de gardes mobiles.

Le quartier était particulièrement sécurisé, du fait d’un nombre important d’officiels dans le secteur. Et, comme toujours, on peut repartir avec cette impression tenace qu’à chaque fois qu’il est question des Juifs en France, ceux-ci se retrouvent comme entourés, mis en quarantaine, « sous cloche de verre », et, pourquoi pas, au Musée des Sciences Naturelles? en un lieu, certes, symbolique, mais boudé par la majorité des parisiens et du peuple français. Les Français sont saturés d’affaires politiques et financières, d’où tout idéal, toute éthique est balayée par ceux qui tiennent le haut du pavé. L’accumulation de crises de cette nature n’a jamais fait que renforcer la quête de boucs-émissaires. Mon bras droit, à la tribune, peut-il ignorer ce que fait mon bras gauche?

En redescendant les boulevards, sur un square, on pouvait croiser une manifestation qui clamait l’inverse : celle des Frères Musulmans, tenue par des dizaines de femmes en Hidjab et le service d’ordre des « frérots », rue d’Iéna, réclamant le pouvoir pour leur « martyr » Mohammed Morsi, renversé par la rue et l’armée égyptienne. Avec regret de ne pas marcher derrière Youssouf al Qaradawi, le prêcheur des bombes humaines, pour la conquête d’Al Qods.

A 19h45, la manifestation se termine par la Marseillaise reprise en coeur par la Foule. La dispersion est annoncée. Plusieurs centaines de jeunes restent sur place et entonnent la Hatikvah prêts à répondre à toute provocation.

Selon le Ministère israélien de l’Intégration, présentant un rapport devant la Knesset Article original, ce sont 2/3 des Juifs de France qui envisageraient leur Aliyah en France. Si tel est le cas, et qu’une partie significative passera de l’intention à la réalisation, de telles cérémonies sont-elles un Requiem pour une communauté en voie d’extinction?

D’autres rassemblements ont eu lieu en Province : à Toulouse, Lyon, Nice et Bordeaux, en simultané.

Entre parenthèses, la veille, une représentante du télémarketing et d’Ethic au MEDEF, stigmatisait le caractère «  inutile et contre-productif  » (sic) de ces rassemblements, qui ne feraient «  qu’attiser la haine  » et obtenir les « résultats contraires » à l’effet attendu. Sous-entendu : les Juifs sont seuls responsables de ce qui leur arrive .

Ne serait-ce que pour contrer avec virulence ces attaques sournoises des élites bien-pensantes, cela aurait, certainement, valu la peine de se déplacer en masse pour manifester . Le « clash » entre Emilie Frêche, auteur(e) du travail d’enquête auprès de Mme Ruth Halimi, réalisé par Alexandre Arcady 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi »>Article original Article original, Jérôme Gedj, qui la soutient, et Mme Majorité Silencieuse débute à 2 mn :

Compte-rendu et photos (+ autres sources) : Florence Cherki et Marc Brzustowski.

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*« Pourquoi je suis juif » par Edmond Fleg

Je suis juif, parce que, né d’Israël, et l’ayant perdu, je l’ai senti revivre en moi, plus vivant que moi-même.

Je suis juif, parce que la foi d’Israël n’exige de mon esprit aucune abdication.

Je suis juif, parce que la foi d’Israël réclame de mon cœur toutes les abnégations.

Je suis juif, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le juif pleure.

Je suis juif parce qu’en tous temps où crie une désespérance, le juif espère.

Je suis juif, parce que la parole d’Israël est la plus ancienne et la plus nouvelle.

Je suis juif, parce que la promesse d’Israël est la promesse universelle.

Je suis juif, parce que, pour Israël, le monde n’est pas achevé : les hommes l’achèvent.

Je suis juif, parce que, pour Israël, l’Homme n’est pas créé : les hommes le créent.

Je suis juif, parce qu’au-dessus des nations et d’Israël, Israël place l’Homme et son Unité.
Je suis juif, parce qu’au-dessus de l’Homme, image de la divine Unité, Israël place l’Unité divine, et sa divinité.

Edmond FLEG, Pourquoi je suis juif, 1928.

– Voir : cicad.ch Article original

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poid lourd

Bonsoir, nous ne sommes pas coupables de la tête que nous avons, nous sommes responsables de la gueule que nous faisons. Longue vie a Israël qui continue a être un exemple parmi les nations.
Poids lourd n’y était pas, il était sur le macadam quelque part dans cette France qu’il aime encore malgré tout.
Poids lourd était absent de ce rassemblement auquel il aurai aimé participé mais le boulot c’est le boulot impossible d’être partout en même temps.
Rendez vous au prochain congrès des communautés juives de France qui sera le troisième; jamais deux sans trois.
Cordialement.