La Garde des Sceaux se fait écharper de toute part. Pourquoi est-ce elle, et seulement elle, qui devrait payer ?

Depuis quelques jours Christiane Taubira a au milieu du visage le nez de Pinocchio. Vous savez celui qui s’allonge, qui s’allonge, en fonction des mensonges proférés. Un nez énorme que n’aurait pas renié Cyrano de Bergerac. Tellement imposant qu’à lui seul il bouchait l’horizon déjà étriqué de la Hollandie. Il fallait donc – sauve qui peut – qu’elle paye un peu les pots cassés. Fragilisée ? Désavouée ? Confortée en apparence ? Ça revient au même.

Christiane Taubira a certainement des qualités et de multiples défauts. Le pire étant – aux yeux des siens – qu’elle ne sait pas mentir. C’est une femme de caractère. Colérique. Hystérique parfois. Il suffit pour s’en convaincre de lire l’entretien qu’elle a accordé hier au Monde. De la choucroute aussi embrouillée et inextricable que les lianes qui rendent inaccessible la forêt amazonienne de Guyane. Une comparaison qu’on peut s’autoriser dès lors qu’elle-même, dans un accès rageux, s’est définie, dans le même entretien, comme une « sorcière amazonienne« …

Donc la Garde des Sceaux a menti. Et très mal menti . Et son nez, comme celui de Pinocchio, a fini par devenir tellement visible qu’il en est devenu gênant. Elle savait donc à l’évidence (et elle l’a nié contre toute évidence) pour les écoutes de Nicolas Sarkozy. Mais les autres ? Les ministres ? Le premier d’entre eux ? Le président de la République ? Mais ils savaient eux aussi ! Cependant ils ont plus de bouteille qu’elle. Et tous, alors qu’en cette période de printemps un vent glacial souffle dans les allées du pouvoir, avaient pris la précaution de se munir de cache-nez. A qui fera-t-on croire que Jean-Marc Ayrault ne savait pas ? Qui peut imaginer que Manuel Valls n’ait pas été mis au courant par ses services ? Et qui pourrait trouver crédible un scénario dans lequel l’actuel chef de l’Etat ignorerait que son prédécesseur était sur écoute ?

Donc tous menteurs ? Oui tous ! Et c’est Christiane Taubira qui écope. Il est vrai que –soyons justes– en tant que Garde des Sceaux elle avait, plus que d’autres, la haute main sur les enquêtes judiciaires. Mais pourquoi tous ces mensonges, ces demi-vérités, ces faux-fuyants ? C’est encore dans le Monde qu’on trouve la bonne réponse. Françoise Fressoz y écrit en substance que tous ces écrans de fumée ont été disposés pour que François Hollande soit maintenu le plus loin possible de la tornade. Il est vrai qu’il représente encore la seule chose durable qu’il reste au Parti Socialiste. François Hollande en effet est encore là jusqu’en 2017. C’est tout. Et c’est pas grand-chose…

Benoît Rayski
Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l’auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L’affiche rouge (Denoël), ou encore de L’homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l’ « anti-sarkozysme primaire » ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L’Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

Source : atlantico.fr Article original/

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Affaires : Par pitié, n’en jetez plus!
Ce n’est plus du mensonge, c’est du foutage de gueule

Les Français, paraît-il, sont dégoûtés de la politique. On se demande bien pourquoi. Admettez que nos gouvernants ne ménagent pas leur peine pour nous divertir. Péripéties, rebondissements, coups de théâtre, cabales et intrigues : ces jours-ci, le journal de 20 heures vaut toutes les séries télé.

En tout cas, ça pulse. En quinze jours, on a eu l’affaire Copé, l’affaire Buisson, deux ou trois affaires Sarkozy, l’affaire Taubira, plus quelques intrigues secondaires. Je résume : Un grand parti déchiré par les guerres entre clans rivaux ; un conseiller qui espionne le Prince se fait voler ses enregistrements qui se baladent dans la nature ; un ancien président placé sur écoute ; un magistrat qui tente de se suicider ; une Garde des sceaux qui ment face caméra avec une assurance de fer. Et pour finir, un ancien Premier ministre, en l’occurrence Dominique de Villepin qui, à en croire un journal anglais, aurait amélioré sa petite retraite de 100.000 euros en revenant travailler une journée au Quai d’Orsay. Une opération légale grâce, paraît-il, à un coup de pouce de Laurent Fabius, il faut bien s’entraider. D’accord, 100.000 euros d’argent public pour une journée de boulot, peut-être qu’on le ferait tous si on pouvait, mais justement si on a élu les meilleurs d’entre nous, c’est pour qu’ils prennent en charge l’intérêt général. D’ailleurs, ils le disent tout le temps, la seule chose qui les intéresse, qui les obsède même, c’est de régler nos problèmes. Seulement, ils n’ont pas le temps les pauvres avec toutes ces cabales à monter et ces complots à déjouer. Pour un peu, il faudrait les consoler de leur propre impuissance. Parce que nous, on a fini par s’y habituer.

Cependant, l’impuissance ne suppose pas forcément la déliquescence. Si le festival de mauvais coups auxquels nous sommes quotidiennement conviés se déroulait dans une série-télé, elle pourrait s’appeler « Pouvoir, corruption et trahison » ou « La loi du mensonge ». Ou peut-être « Le bal des Tartuffes ». Les spécialistes feraient la moue, jugeant le scénario trop loufoque ou trop tordu pour être crédible. N’empêche, on serait scotchés devant nos écrans.

Il faut croire que nous manquons d’humour, ou de distance , parce que nous sommes nombreux à trouver le spectacle lassant. Le plus grave n’est pas qu’on nous mente, comme l’ont martelé les ténors de la droite avec des airs de mère supérieure pinçant une nonne devant un film porno – il est vrai qu’eux ne mentent pas. Gouverner c’est mentir. Aimer, travailler, parler aussi. Vivre, c’est mentir.

Le plus énervant, c’est d’être pris pour des crétins . Quand Christiane Taubira prétend n’avoir jamais entendu parler des écoutes de Sarkozy, ce n’est pas un mensonge, c’est du foutage de gueule. Du reste, si elle n’avait pas été informée des écoutes de Nicolas Sarkozy, c’est sur le champ qu’il aurait fallu la virer, parce que cela aurait prouvé que la République est encore plus mal tenue que ce que nous croyons. Mais quand, prise la main dans le sac à bobards, elle s’enlise dans ses dénégations, l’histoire vire à la grosse farce ou à la cour de récré. On ne s’étonnera pas qu’elle risque le Conseil de discipline, voire l’exclusion définitive.

Quoi qu’il en soit, quand les affaires prennent le pas sur les affaires communes, selon une formule d’Alain Finkielkraut, et que la réalité ressemble à la télé, le citoyen a quelques raisons d’être grincheux. D’autant que, sur le plan esthétique, on est plus proche de la cour du roi Pétaud que de la Florence des Médicis. En deux semaines, nous sommes passés de Shakespeare aux « Pieds nickelés font de la politique ». Trop forts les scénaristes. Non, vraiment, on ne voit pas pourquoi tant de gens veulent en changer. Les ingrats.

Elisabeth Lévy est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

*Photo : Jacques Brinon/AP/SIPA. AP21539638_000001.

causeur.fr Article original

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Merci Oxomars de nous servir le non-argumentaire de l’anti droite, qui manquant d’arguments sur le sujet en question choisit de détourner l’attention en stigmatisant les dérives de l’ex majorité. Effectivement la droite traîne d’énormes boulets et n’est pas exempte de reproches. Néanmoins dans le cas présent (et qui est le cœur de ce débat) nous ne pouvons faire l’économie d’une réelle objectivité qui en l’occurrence présente Madame Taubira comme le parangon du mensonge et de la mauvaise foi. Alors laissons ici les querelles stériles qui opposent deux courants de pensée pour ne retenir que les éléments factuels qui irrémédiablement souligne l’inacceptable défaillance de la ministre des sceaux. De ce fait, et sans pour autant en faire une affaire de personne, il conviendrait qu’elle en tire dignement toutes les conséquences…
Mais la lucidité nous impose d’imaginer que la morale n’est pas de ce monde (politique)…

oxomars

A trop vouloir noyer le poisson, l’UMP risque de payer très cher son attitude digne des années RPR et des méthodes Pasqua.

Ce n’est pas avec une omission sans importance que l’on réussira à gommer les aspérités et relents divers provoqués par les affaires Bygmallion (Copé), Claude Guéant (tableaux vendus sans factures), Sarkosy (Karachi, Bettancourt, Kadhafi, Flaesh, Azibert, etc .).

Ce qui est certain, c’est que les écoutes ont été initiées par la magistrature qui a certainement été mis au courant via la Chancellerie, le Garde des Sceaux. {{ {L’UMP tambourine au scandale sans apporter la moindre preuve de la plus petite intention de Christiane Taubira, d’en tirer profit} }}.

Ce gouvernement est atypique et souvent brouillon mais franchement Républicain. Son attitude à l’égard d’Israël ne laisse aucun doute sur ces bonnes intentions. Je n’en dirait autant d’un Sarkozy dont le principal souci, était sa personne.

Mais rendons hommage à François Hollande qui n’a pas permis la diffusion massive de cette affaire pour en tirer profit, ce que personnellement j’aurai fait avec un grand plaisir. Car il s’agit de grosses et graves magouilles portant sur de l’argent sale et non sur des chamailleries politiques.

Retournons à nos places de citoyens Français.