
Après les Parlements suédois, irlandais, britannique et espagnol, le Parlement français est saisi de plusieurs propositions de résolutions visant à inviter le gouvernement français à reconnaître unilatéralement l’Etat palestinien. L’initiative la plus importante, portée par Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, doit être discutée vendredi 28 novembre et soumise au vote le mardi suivant. Ses promoteurs à gauche, rejoints par quelques voix de l’UMP qui se sont exprimées dans ce sens, expliquent qu’il est impératif de sortir du blocage actuel des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, du cycle de violences religieuses auquel on assiste, notamment à Jérusalem, et que dès lors, une initiative de ce type peut servir d’électrochoc en vue de la reprise du dialogue.
Cet argument, malheureusement, ne résiste guère aux faits. Sur le plan intérieur d’abord, et de l’aveu même de Mme Guigou, le Parti socialiste a surtout cherché à ne pas se laisser déborder par deux textes déposés au Sénat par le groupe communiste et le groupe écologiste, qui seront discutés autour du 11 décembre. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a donc essayé de reprendre la main, quitte à remettre en question l’un des piliers fondamentaux de notre diplomatie depuis quarante ans, et qui jusque-là faisait consensus à droite comme à gauche : à savoir que la France, depuis 1974, est favorable à un accord de paix entre deux Etats, israélien et palestinien, vivant côte à côte et que, dès lors qu’un tel accord de paix serait conclu, la reconnaissance pleine et entière d’un Etat palestinien suivrait. Cette position était d’ailleurs devenue celle de l’Union européenne depuis la déclaration de Venise de 1978.
Autrement dit, la reconnaissance de la Palestine vient acter l’accord de paix et non l’inverse. Dans l’état actuel des choses, le renversement des paramètres n’aurait qu’une vertu : bloquer les voix qui, au sein même du gouvernement israélien, semblent exclure désormais tout Etat palestinien, évolution que, pour ma part, je considère comme très préoccupante, tout comme je trouve proprement choquante l’injonction publique faite par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, aux députés français de ne pas voter la reconnaissance de la Palestine.
Ingérence inacceptable
Une telle ingérence est tout simplement inacceptable. Cela posé, il n’en demeure pas moins que la reconnaissance unilatérale de l’Etat palestinien par la France, comme l’y invite le groupe socialiste, ne serait pas à mes yeux de nature à aider à la reprise du processus de paix. Une telle reconnaissance ne peut que radicaliser un peu plus une position israélienne dangereuse à long terme pour la pérennité même de l’Etat d’Israël ; par ailleurs, elle n’aiderait aucunement le problème numéro un du président palestinien, Mahmoud Abbas, qui est d’asseoir son autorité sur le Hamas à Gaza.
Récemment, les Palestiniens ont préparé à New York un projet de résolution qui prévoit de donner un délai de dix-huit mois aux Israéliens pour se retirer définitivement des territoires occupés, faute de quoi le Conseil de sécurité serait autorisé à engager toutes sortes de sanctions, y compris celles du chapitre VII pour mettre fin à l’occupation. Sans surprise, les Américains ont déjà fait savoir qu’ils mettraient leur veto à cette résolution palestinienne que la France, de son côté, ne soutient pas non plus. En cas de rejet de cette résolution, les Palestiniens envisagent de déposer leur candidature à l’accession à la Cour pénale internationale où ils prévoient d’attaquer les dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ce qu’à New York, on appelle déjà une « Intifada diplomatique ».
Tensions inter communautaires
Pour éviter pareil développement, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, et nos diplomates à New York tentent de suggérer une contre-résolution qui prévoit la reprise des négociations avec, là encore, une date butoir de dix-huit mois à deux ans, la négociation devant être, et c’est la nouveauté, encadrée par une sorte de tutelle internationale sous la forme d’une conférence internationale à Paris, qui donnerait le coup d’envoi au processus et qui le » surveillerait » en permanence. A ce jour, cette initiative française ne séduit guère les Américains, qui préfèrent rester seuls responsables du processus. Elle se heurte également à l’hostilité des Israéliens et au scepticisme de plusieurs de nos partenaires européens.
Dans ce contexte, la résolution de l’Assemblée nationale n’aurait donc de sens que si elle venait en appui à cette initiative diplomatique française, ce qui aurait exigé que cette résolution parlementaire soit préparée et présentée non pas par la gauche seule, mais par un travail en commun à la commission des affaires étrangères. Mme Guigou avait tout le loisir de mettre en place un tel processus, elle ne l’a pas fait. Ce qui place l’UMP devant une sorte de fait accompli où, disons-le clairement, les considérations de politique intérieure du côté socialiste sont hélas évidentes : il suffit de se reporter aux déclarations de Benoît Hamon, ancien ministre de l’éducation nationale, pour s’en convaincre – selon le Canard enchaîné, ce dernier aurait déclaré qu’il s’agissait « du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de François Hollande ».
Clairement, les socialistes cherchent à reconquérir un électorat musulman qui avait massivement voté Hollande en 2012 et qui a, depuis, été largement perdu, à la fois en raison de l’affaire du mariage pour tous et d’une politique étrangère jugée par certains trop pro-israélienne. J’ajoute que tout cela se passe sur un terreau, en France, marqué par des tensions inter communautaires croissantes. La communauté juive est clairement traumatisée par l’explosion des violences à caractère antisémite sur notre territoire. Quant à la communauté musulmane, on compte désormais cinq à six départs par jour de candidats au djihad vers la Syrie.
Dans ce contexte, fallait-il vraiment en rajouter avec une initiative partisane de ce genre ? Pour toutes ces raisons, et même si, pour ma part, je partage l’analyse du constat, à savoir qu’il est urgent de ramener les parties à la table de négociations, je ne suis nullement convaincu que la résolution présentée par le groupe socialiste puisse contribuer à atteindre cet objectif. Bien au contraire.
Par Pierre Lellouche
Le Monde, 28 novembre 2014
[CID-Démocratie-Moyen-Orient->https://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CID-DemocratieMoyenOrient/conversations/messages/2529″>Article original
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M. Lellouche, comme la plupart des juifs « ayant des responsabilités » on ne vous a jamais entendu, à propos d’Israël ou des agressions de Juifs en France. Pour une fois, vous donnez votre avis et quel avis ! vous renversez tout simplement les rôles : Natanyahu ferait, d’après vos propos, de l’ingérence en interpellant les députés français au sujet du Vote de la Résolution pour la création d’un Etat « palestinien » ? Et la France, la France collabo un jour, collabo toujours, ne fait-elle pas de l’ingérence en se mêlant de ce qui ne la concerne pas ? Est-ce qu’Israël se mêle de l’indépendance de la Corse ou de la Bretagne ? Que la France, la France-Poubelle s’occupe d’abord de la sécurité de ses citoyens, qu’elle n’écoute pas, au sujet de leur peur de sortir, bientôt de respirer. Ce n’est pas 4 millions de musulmans en France mais bien 15 millions qui volent, violent, agressent, violentent et…. ruinent la France, devenue un Etat arabo-africain. Au lieu de faire de l’ingérence dans le seul pays où le mot « démocratie » a un sens, occupez-vous des français auxquels vous êtes en train d’enlever leur identité et les réduire à la misère. Que le Président de la France, inculte, inapte, irresponsable et incapable dégage ! et vite !
LE PASSE COLONIAL DES EUROPEENS
Au XIXe siècle le partage de l’Afrique.
Sont concernés ;
La FRANCE, LE ROYAUME UNI, L’ALLEMAGNE, L’ITALIE, LE PORTUGAL, LA BELGIQUE, ESPAGNE.
ALTLANTICO 1885. 50 états africains ont été délimités créant des nations où il n’en existait pas. Toutes ces frontières ne résistent plus de nos jours.
Ce sont ces mêmes COLONISATEURS qui accusent ISRAEL de colons. alors que le peuple juifs a toujours eu comme pays, le pays le leurs pères. ISRAEL SEUL PAYS DES JUIFS DEPUIS TOUJOURS.