
Le cynisme spectaculaire de Bruxelles contre Israël
Bruxelles excelle dans un art devenu presque institutionnel : expliquer à Israël comment survivre, tout en lui retirant les moyens de le faire.
L’Europe veut le bouclier israélien contre Poutine, ses intercepteurs, son industrie de défense, son expertise spatiale et ses technologies de pointe.
Mais, dans le même temps, elle sermonne et sanctionne Israël, comme si la menace terroriste n’était qu’un problème de communication.
Le cynisme est spectaculaire: Bruxelles réclame la technologie d’un pays qu’elle traite politiquement comme un paria.
Et le plus grotesque reste à venir. L’Europe veut qu’Israël accepte la création d’un État palestinien alors que le Hamas vient de démontrer, avec une brutalité parfaitement documentée, ce que cette faiblesse stratégique peut produire.
Bruxelles veut bénéficier de la force israélienne sans reconnaître pourquoi Israël doit être fort.
Cette hypocrisie ne tiendra pas éternellement.
L’Europe redécouvre le boycott — et oublie opportunément son histoire
L’Europe adore les leçons d’histoire. À condition, naturellement, de ne jamais les appliquer à elle-même.
En 1933, l’Allemagne nazie organisait le boycott des commerces juifs. Des hommes en uniforme devant les magasins, l’intimidation des clients, l’exclusion économique : les Juifs devaient comprendre qu’ils n’étaient plus les bienvenus dans leur propre pays.
En 1945, avant même la naissance d’Israël, la Ligue arabe lançait son propre boycott des produits juifs de Palestine. Quelques années plus tard, le mécanisme était devenu un vaste système de discrimination commerciale contre l’État juif.
Et aujourd’hui ? L’Europe, qui se croit immunisée contre les vieux réflexes du continent, remet tranquillement le principe au goût du jour — avec du papier à en-tête diplomatique et beaucoup de vertu.
Douze pays, dont la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Suède et le Danemark, veulent restreindre le commerce avec les implantations israéliennes en Judée Samarie. Londres, Paris et Ottawa vont jusqu’à préparer des interdictions nationales.
« Ce n’est pas un boycott d’Israël », expliquent-ils.
Quelle chance. L’Europe vient donc d’inventer le boycott qui n’est pas un boycott.
Soyons sérieux. On peut condamner certaines politiques israéliennes. On peut défendre deux États. On peut critiquer les implantations. Mais lorsqu’une Europe incapable de résoudre ses propres problèmes devient soudain obsessionnellement déterminée à punir commercialement le seul État juif de la planète, Israël est parfaitement fondé à demander : pourquoi nous ?
Car l’hypocrisie n’est pas une politique étrangère. C’est une posture morale — et une très mauvaise mémoire.
JForum.fr avec A. Chicheportiche
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