Israël : pulvérisation secrète de produits chimiques en mer
Hier, les autorités israéliennes ont entrepris une opération de grande ampleur visant à endiguer une prolifération d’algues le long de la côte d’Ashkelon, responsable de la paralysie des usines de dessalement depuis quatre jours. Cette intervention a consisté en la pulvérisation de produits chimiques toxiques depuis un avion sur une bande de neuf kilomètres, située à environ un kilomètre du rivage. La mixture utilisée comprenait du sulfate de cuivre, du sulfate d’aluminium et du percarbonate de sodium, avec une concentration de sulfate de cuivre dépassant 27 fois la norme autorisée. Cette opération a été menée sans aucune communication préalable ni aux autres agences concernées, ni aux populations locales, ce qui a suscité une vive controverse.
Les autorités qualifient cette initiative d’« essai », sans fournir d’informations claires sur les critères de déclenchement ni sur les résultats attendus. La nature toxique des produits employés, notamment le sulfate de cuivre, présente des risques sérieux pour la santé humaine, en particulier pour les yeux, et pour la faune marine, notamment les poissons comestibles. Le ministère de la Santé recommande donc l’interdiction de la pêche dans la zone traitée ainsi que dans une zone tampon d’un kilomètre, en raison de la dispersion possible des substances toxiques par les courants sous-marins. Par ailleurs, les algues elles-mêmes, identifiées comme des espèces produisant des cyanotoxines, représentent un danger pour la santé, provoquant des irritations et des dommages au foie. Le ministère conseille de maintenir l’interdiction de la pêche jusqu’à ce que les analyses d’eau confirment un retour à des niveaux sûrs.
Sur le plan opérationnel, les usines de dessalement ont été partiellement ou totalement arrêtées dans plusieurs villes, dont Ashdod et Ashkelon, tandis que d’autres installations fonctionnaient à capacité réduite. Malgré l’intervention chimique, les images satellites ne montrent pas d’amélioration significative, les algues se déplaçant vers le nord, menaçant potentiellement d’atteindre Haïfa et de compromettre d’autres usines. Un responsable des situations d’urgence a reconnu l’incertitude quant à la durée de ce phénomène, évoquant un risque prolongé de pénurie d’eau. Par ailleurs, aucune donnée officielle sur la pollution ou l’origine des algues n’a été communiquée durant la crise, et la décision de déverser des produits toxiques en mer a été prise dans une quasi-opacité.
Cette opération soulève des questions cruciales sur la gestion de la crise environnementale et sanitaire, la transparence des autorités et la sécurité des populations. L’absence d’information préalable et le recours à des substances chimiques à haute toxicité sans évaluation publique alimentent les inquiétudes. La situation reste fragile, avec un risque de contamination durable des ressources marines et une menace persistante pour l’approvisionnement en eau potable. Les autorités continuent de surveiller la qualité de l’eau et les impacts sanitaires, tout en cherchant des solutions pour stabiliser la situation et prévenir de futures crises similaires.
L’intervention chimique menée pour lutter contre la prolifération d’algues au large d’Ashkelon illustre les défis complexes liés à la gestion des ressources hydriques en Israël. Si cette mesure vise à protéger les installations vitales de dessalement, elle met en lumière les tensions entre urgence environnementale, sécurité sanitaire et nécessité de transparence. La suite des analyses et l’évolution de la situation seront déterminantes pour évaluer l’efficacité et les conséquences de cette opération controversée.
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