Israël reconnaît officiellement le génocide
Le gouvernement israélien a voté dimanche en faveur de la reconnaissance officielle du génocide arménien, une décision longtemps retardée en raison de considérations diplomatiques. Cette résolution, proposée par le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, affirme la responsabilité morale et historique d’Israël à reconnaître le massacre de 1,5 million d’Arméniens survenu il y a plus d’un siècle sous l’Empire ottoman. « Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste », a déclaré Sa’ar après le vote, soulignant l’importance de cette reconnaissance pour l’État juif.
Cette décision intervient dans un contexte où Israël avait jusque-là évité de qualifier ces événements de génocide, principalement pour préserver ses relations diplomatiques avec la Turquie, qui nie catégoriquement que les massacres, emprisonnements et déportations forcées des Arméniens constituent un génocide. La résolution israélienne insiste sur le fait que ce crime de masse est largement documenté et que toute tentative de nier, minimiser ou déformer cette réalité historique doit être fermement condamnée. Le ministre Sa’ar a rappelé que reconnaître ce génocide est à la fois un devoir moral et historique, notamment pour un pays fondé en réaction à un autre génocide, celui des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
La reconnaissance officielle du génocide arménien par Israël pourrait avoir des répercussions diplomatiques, notamment dans ses relations avec la Turquie, un allié régional stratégique. Jusqu’à présent, 32 États membres de l’ONU, ainsi que des institutions comme le Saint-Siège et le Parlement européen, ont reconnu ce génocide. La décision israélienne, qui doit encore être soumise au vote du plénum de la Knesset, s’inscrit dans une dynamique internationale de reconnaissance croissante, malgré les pressions et les campagnes de déni menées principalement par Ankara.
Cette reconnaissance pourrait également renforcer la position d’Israël sur la scène internationale en matière de défense des droits humains et de mémoire historique. Elle souligne la volonté d’Israël de s’affirmer sur des questions sensibles, même lorsque cela implique de prendre des risques diplomatiques. En outre, elle réaffirme l’engagement moral d’Israël à ne pas oublier les tragédies passées, en particulier celles qui résonnent avec son propre passé de persécution et d’extermination.
La décision du gouvernement israélien de reconnaître le génocide arménien marque un changement significatif dans la politique étrangère du pays. Elle témoigne d’une prise de position claire sur un sujet historique sensible, mettant en lumière la volonté d’Israël de s’aligner sur la reconnaissance internationale de ce crime contre l’humanité. Ce geste, au-delà de son impact diplomatique, réaffirme la mémoire et la justice comme piliers essentiels de la politique israélienne contemporaine.
Jforum.fr
![]() |
![]() |






































