L’Arabie saoudite nomme un envoyé palestinien alors que les négociations de normalisation se poursuivent
Dans un développement marquant, l’Arabie saoudite a franchi une étape significative en nommant son tout premier envoyé auprès de l’Autorité palestinienne. Cette décision survient au milieu des négociations en cours entre l’Arabie saoudite, Israël et les États-Unis concernant la possibilité d’un accord historique de normalisation diplomatique saoudo-israélien.
Nayef Al-Sudairi, l’actuel envoyé saoudien en Jordanie, assume désormais le rôle d’« ambassadeur non résident auprès de l’État de Palestine », ainsi que l’a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères. Cette nomination est perçue comme un geste de bonne volonté envers les Palestiniens, montrant que l’Arabie saoudite reste engagée envers la question palestinienne, même au milieu de pourparlers complexes avec Israël et les États-Unis.
Les pourparlers entre l’Arabie saoudite et Israël, supervisés par les États-Unis, sont en cours depuis plusieurs mois. Ces discussions ont pour objectif de permettre à l’Arabie saoudite de rejoindre d’autres nations arabes telles que les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, qui ont déjà signé des accords de normalisation avec Israël depuis 2020, dans le cadre des Accords d’Abraham. Ces accords couvrent des domaines allant du commerce et du tourisme à la coopération en matière de sécurité.
L’Arabie saoudite a toutefois souligné sa position claire lors des négociations : elle insiste sur le fait qu’Israël doit faire des concessions substantielles pour parvenir à une solution à deux États. Le royaume saoudien, riche en ressources pétrolières, reconnaît le statut d’État palestinien en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Il maintient fermement son engagement à ne pas établir de relations diplomatiques avec Israël tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu de manière satisfaisante.
Cependant, il est important de noter que le gouvernement israélien actuel, dirigé par des partis de droite, est en désaccord avec l’idée d’un État palestinien indépendant. Malgré cela, il a été révélé par le Wall Street Journal que les États-Unis et l’Arabie saoudite ont convergé sur les « grands contours » d’un éventuel accord avec Israël, avec un délai possible de neuf à douze mois. Il est toutefois précisé que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, ne serait pas favorable à un accord aussi radical que celui entre Israël et les Émirats arabes unis, qui couvre divers secteurs de coopération.
La nomination de l’envoyé palestinien intervient à un moment où les dirigeants israéliens semblent minimiser l’importance de la création d’un État palestinien au sein des négociations. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié cette démarche de « case à cocher », soulignant que cet aspect devait être abordé pour des raisons formelles.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a également commenté la nomination de l’envoyé, notant que cela témoigne de l’intention saoudienne de rappeler aux Palestiniens qu’ils ne sont pas oubliés. Cependant, il a ajouté que la question palestinienne n’était pas au centre des pourparlers en cours.
Jforum.
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« envoyé palestinien » : expression très ambigue pour évoquer un envoyé auprès de l’Autorité palestinienne.