Les Tables de la Loi de l’ancienne synagogue de Munich, détruite par Hitler, retrouvées au fond d’une rivière
Magnifique édifice construit à la fin du 19e siècle en plein centre-ville, la synagogue principale de Munich symbolisait l’égalité des droits des Juifs en Bavière. Adolf Hitler la fit détruire en 1938, plusieurs mois avant les pogroms de la Nuit de cristal. Mais le passé allemand refait aujourd’hui surface, car des fragments de ce bâtiment que l’on croyait à jamais disparu ont été découverts au fin fond de l’Isar. Preuve s’il en est que le Yiddishland, « le monde juif » d’avant 1945, n’a pas disparu corps et bien et qu’il reste encore bien des vestiges à rechercher.
85 ans après sa destruction sur ordre personnel d’Adolf Hitler, des fragments de l’ancienne synagogue principale de Munich (Allemagne) ont refait surface lors de travaux sur un barrage. Parmi les quelque 150 tonnes de pierres immergées au beau milieu de l’Isar, la rivière qui traverse la capitale de la Bavière, se trouvent indiscutablement d’anciens morceaux de l’édifice cultuel, qui était à l’époque l’un des plus importants du pays. Le Musée juif de Munich est en train de procéder à leur identification en collaboration avec l’Office des monuments historiques bavarois. Le directeur du musée, Bernhard Purin, a d’ores et déjà reconnu l’une des pierres les plus remarquables du bâtiment construit à la fin du 19e siècle : les Tables de la Loi, qui se trouvaient à l’origine au-dessus de l’Arche sainte contenant les rouleaux de la Torah.
Les Tables de la Loi de l’ancienne synagogue de Munich ont été retrouvées au fond de la rivière Isar
Le mercredi 28 juin 2023, les services municipaux de Munich ont trouvé de gros blocs de pierre, dont certains portaient des inscriptions en hébreu, lors de travaux d’assainissement d’un barrage de l’Isar situé à la limite sud de la ville. Aussitôt informé, l’Office des monuments historiques bavarois a fait appel à l’expertise du Musée juif de Munich, qui a confirmé qu’au moins une partie des 150 tonnes de pierres extraites du barrage appartenaient à l’ancienne synagogue principale de la ville. Comment les vestiges de cet édifice cultuel ont-ils pu se retrouver immergés à une profondeur comprise entre deux et huit mètres, à la lisière de la ville ? Leur redécouverte et la reconstitution de leur « parcours » mettent à nu un pan de l’histoire allemande du 20e siècle, et tout particulièrement le refoulement qui a succédé à la violence du nazisme. Car avec la réapparition de ces pierres, c’est aussi la forme de déni qui a dominé la période de la guerre et de l’après-guerre, et l’oubli qui s’est ensuivi qui éclatent au grand jour.
L’émotion était tout aussi grande pour la communauté juive de la ville. Du haut de ses 90 ans, Charlotte Knobloch, qui a connu la synagogue, ne pensait pas revoir ses pierres de son vivant. “Ces pierres font partie de l’histoire juive de Munich”, a expliqué la cheffe de la communauté juive de Munich au journal Münchner Merkur. “Je ne m’attendais vraiment pas à ce que des fragments survivent, encore moins que nous les verrions.”
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L’ancienne synagogue principale de Munich, dessinée d’après une photographie de Ferdinand Finsterlin par H. Nisle. Crédit : Wikimedia Commons
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