Casino Group: L’Attaque des Fonds Activistes et la Nécessité d’une Gouvernance Résistante
Le groupe de distribution Casino (Géant Casino, Casino Supermarchés, Petit Casino, Monoprix, Franprix, Leader Price, Cdiscount, etc.) est le dernier sur une liste croissante d’entreprises à faire face à une attaque de fonds activistes. Le lundi 17 juillet 2023, le conseil d’administration a annoncé la poursuite des négociations pour relancer le groupe avec l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky et le milliardaire français Marc Ladreit de Lacharrière, associés au fonds britannique Attestor, actant ainsi la chute du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri qui avait déjà conduit au placement sous procédure de sauvegarde des principales holdings en 2019.
Cette attaque remonte à 2015 lorsque le fond activiste américain Muddy Waters, dirigé par Carson Block, a lancé une attaque contre Casino en publiant un rapport d’alerte mettant en évidence le surendettement du groupe et sa trajectoire stratégique défavorable. Cette attaque a conduit à une chute de 20 % du cours de bourse, déclenchant une série d’événements qui ont mis en évidence la fragilité de l’entreprise et ont affecté sa capacité stratégique d’attention et de vigilance pour gérer les crises ultérieures.
L’attaque de Muddy Waters et d’autres fonds activistes rappelle le personnage de Gordon Gekko dans le film Wall Street, qui repère ses proies et parie sur leur chute. Ces fonds justifient leurs attaques en invoquant un darwinisme économique et financier, considérant que les faillites et disparitions sont nécessaires pour dynamiser le système. Cependant, ces attaques peuvent priver les entreprises de leur capacité stratégique de vigilance et d’attention, les enfermant dans un « tunnel d’attention » axé sur les résultats à court terme et la valeur des actions.
Il est urgent de mieux comprendre les ressorts de ces attaques et de développer des mécanismes de gouvernance d’entreprise capables de résister à de telles attaques. Cela nécessite d’aider les entreprises françaises et européennes à s’armer conceptuellement et théoriquement pour faire face aux attaques des fonds activistes. Une gouvernance d’entreprise conçue comme un art de la légitime défense est nécessaire pour prévenir les conséquences dévastatrices de ces attaques sur la stabilité et la pérennité des entreprises.
En conclusion, alors que le capitalisme semble de plus en plus prendre des allures d’arènes de corridas, il est essentiel de méditer sur la nécessité d’une gouvernance d’entreprise résistante, capable de faire face aux attaques des fonds activistes et de préserver l’intérêt à long terme des entreprises et de leurs parties prenantes. La survie des entreprises ne doit pas dépendre uniquement de leur capacité à générer des rendements à court terme pour les actionnaires, mais aussi de leur capacité à assurer leur stabilité et leur pérennité dans un monde où les attaques semblent devenir monnaie courante.
Jforum.
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Oui et il est temps que les fonds sur les contrats d’assurance vie français permettent à nos entreprises françaises de se protéger, d’être capables de se développer sans plan de licenciement avec des objectifs raisonnables et en associant le capital aux salariés et à la direction du groupe. D’autres pays le pratiquent et regardons sans tomber dans l’idéologie libérale du tout profit pour l’actionnaire sans permettre au management de se projeter dans le long terme.
Ce n’est pas avec des néolibéraux à la tête du pays que l’on parviendra donner un cadre, une règle du jeu, à la vie des entreprises.