La célèbre journaliste et romancière Claude Sarraute nous a quittés à l’âge de 95 ans.
Elle laisse derrière elle un héritage remarquable dans le monde du journalisme. Bien qu’elle ait rêvé d’une carrière d’actrice, Claude Sarraute a suivi sa propre voie et s’est distinguée en tant que chroniqueuse, notamment aux côtés de Bouvard et Ruquier.
Dès avant sa naissance, Claude Sarraute était destinée à occuper une place particulière dans le monde. Elle était l’aînée d’une femme de lettres devenue une figure mythique et d’un éminent avocat parisien. Sa mère, Natacha Tcherniak, était née en 1900 à Moscou au sein d’une famille juive de la bourgeoisie et avait été exilée à Paris dès son plus jeune âge. Elle est devenue, sous le nom de Nathalie Sarraute, une figure emblématique du Nouveau Roman en France dans les années cinquante, adoptant le nom de son mari, Raymond Sarraute.
Claude, née en 1927, avait deux sœurs : Anne, qui jouera également un rôle dans le monde littéraire en devenant la collaboratrice la plus proche de l’éditeur Maurice Nadeau, et Dominique, qui s’épanouira en tant que photographe. Les parents de Claude divorcent en 1941, à une époque où Nathalie, radiée du barreau en raison de ses origines juives, prend tous les risques pour cacher l’écrivain Samuel Beckett, recherché pour son implication dans la résistance.
Contrairement à sa mère, qui était une intellectuelle de gauche, Claude a choisi la voie de la légèreté et de l’esprit mondain. Elle a publié des essais divertissants qui démontraient sa véritable culture parisienne et littéraire, cachée derrière son apparence frivole et ses remarques piquantes.
Son éducation fut stricte, sa mère ayant préféré des prénoms unisexes et des jouets plus adaptés aux garçons. Cependant, Claude a rapidement développé un esprit rebelle et indépendant. À l’âge de 10 ans, elle découvre par hasard sa judéité, ce qui la perturbe profondément. La Seconde Guerre mondiale a été une période angoissante pour elle, sa mère se cachant pour échapper aux dénonciations.
Elle raconte avoir découvert sa judaïté à 10 ans en discutant avec son grand-père, elle lui a raconté, que le cuisinier de son école était un mauvais cuisinier et que les repas n’étaient pas bons. Elle lui a dit alors qu’à l’école on disait que ce cuisinier était juif et que c’était la raison pour laquelle les repas étaient mauvais, son grand-père lui a annoncé que sa famille était juive et qu’elle-même était juive.
Après des débuts infructueux dans le monde du théâtre, Claude Sarraute s’est tournée vers le journalisme grâce à l’aide d’un amant bienveillant travaillant au journal Le Monde. Elle a commencé à la rubrique spectacle, puis a rapidement gagné en reconnaissance en tant que journaliste de variétés et de télévision. Cependant, c’est son fameux billet d’humeur, qu’elle a peaufiné pendant sept ans, qui lui a apporté une notoriété soudaine. Son style débridé et affranchi a conquis les lecteurs et lui a valu de devenir une véritable star du journalisme.
Claude Sarraute a publié plusieurs livres à succès et a rejoint les équipes de Bouvard et Laurent Ruquier. Elle était chouchoutée par Ruquier, qui la considérait comme sa mère et lui offrait des moments mémorables, comme un voyage à Cuba pour son anniversaire et un rôle dans sa première pièce de théâtre.
Dans sa vie personnelle, Claude Sarraute a connu trois mariages et de nombreuses aventures amoureuses. Elle a vécu pleinement, profitant de chaque occasion qui se présentait à elle. Son esprit vif et son style franc se reflétaient dans ses écrits, où elle racontait ses souvenirs, ses amants et même ses expériences de lifting. Elle abordait le vieillissement avec humour et une certaine autodérision, ne craignant pas la mort, mais redoutant le grand âge.
Claude Sarraute était une épicurienne qui aimait les plaisirs de la vie, tels que le fromage, les vins, le champagne et un verre de rhum avant le coucher. Elle a vécu intensément et a toujours conservé son esprit espiègle.
Jforum.
![]() |
![]() |









































