La résistante juive Colette Brull-Ulmann est décédée à 101 ans

Interne en médecine à l’hôpital Rothschild à Paris, elle a notamment contribué à sauver une centaine d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été décorée de la Légion d’honneur en 2019.

Une « grande dame » s’est éteinte. L’ancienne résistante juive Colette Brull-Ulmann, qui avait participé au sauvetage d’enfants juifs à l’hôpital Rothschild à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, est décédée samedi 22 mai, à l’âge de 101 ans, à l’hôpital de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne), a indiqué mercredi Jacques J.

P. Martin, le maire de Nogent-sur-Marne, où elle vivait depuis 1985, confirmant une information du Monde. « C’était une grande dame, je retiens d’elle une mémoire d’acier sur tout ce qu’elle a vécu, même si elle parlait très peu, par modestie », s’est remémoré l’élu.

En 1941, Colette Brull-Ulmann devient interne en médecine à l’hôpital Rothschild dans le XIIe arrondissement de Paris, le seul hôpital qui n’interdit pas alors aux médecins juifs d’exercer. Des hommes en provenance du camp d’internement de Drancy y sont soignés, puis après « la rafle du Vel’d’Hiv » à Paris le 16 juillet 1942, des femmes et des enfants malades.

« Selon Colette, la rafle est un basculement : à partir de ce moment, elle fera tout pour sauver les enfants juifs de l’enfer de Drancy et des camps », explique Jean-Christophe Portes, journaliste, avec qui elle a écrit un livre témoignage, « Les Enfants du dernier salut », paru en 2017. Un « réseau » se met alors en place à Rothshild. Pour éviter qu’ils retournent au camp de Drancy, les enfants hospitalisés sont « exfiltrés » de l’hôpital puis confiés à des réseaux d’entraide. Des faux certificats décès sont notamment rédigés.

Elle avait sauvé une centaine d'enfants juifs : la résistante Colette Brull-Ulmann est décédée

« Elle retenait plus les enfants qu’elle n’avait pas réussi à sauver que ceux qu’elle avait sauvés », se souvient Jean-Christophe Portes. « C’est une histoire assez méconnue mais une centaine d’enfants auraient été sauvés au sein de cet hôpital », selon Jean-Christophe Portes, qui a réalisé un documentaire sur le sujet, « Les Enfants juifs sauvés de l’hôpital Rothschild », diffusé en 2015, et dans lequel Colette Brull-Ulmann s’était livrée.

En 1943, Colette Brull est contrainte de s’enfuir de l’hôpital Rothshild et rejoint le Bureau central de renseignements et d’action, un service d’espionnage où elle fait du renseignement jusqu’à la Libération en 1945.

Après la guerre, elle est devenue pédiatre à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), où elle vivait avec son mari, médecin, et leurs trois enfants. En 2019, elle avait reçu la Légion d’honneur.

Nogent, février 2018. Colette Brull-Ulmann, ancienne résistante, s'était installée à Nogent en 1985. LP/Marion Kremp

Nogent, février 2018. Colette Brull-Ulmann, ancienne résistante, s’était installée à Nogent en 1985. LP/Marion Kremp 

actu.orange.fr/france

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