Jusqu’où faut-il croire les réquisitoires des tribunaux médiatiques israélien et américain?
Toute une gamme de médias et d’hommes politiques de l’opposition s’en donnent à cœur joie, à Washington et Jérusalem sur ce que tous décrivent comme la chute imminente de deux dirigeants-cibles, Donald Trump et Binyamin Netanyahu. Les deux dossiers n’ont rien en commun, excepté leur synchronie et la frénésie de campagnes extra-judiciaires lancées contre eux.
A Washington, c’est la convocation d’un Grand Jury criminel par le Conseiller Spécial Robert Mueller, qui a déclenché ces célébrations, le jeudi 3 août, pour la poursuite de son enquête sur l’ingérence russe, dans le cadre des élections américaines de 2016. A Jérusalem, le consentement donné par Ari Haro, l’ancien chef d’équipe du Premier Ministre, de devenir témoin au nom de l’Etat, dans le cadre des supposées enquêtes extrêmement longues, pour corruption, contre Binyamin Netanyahu, a été salué comme « tremblement de terre politique ».
Mais, dans les deux cas, ces célébrations vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Mueller sera en mesure d’assigner à comparaître des témoins afin de témoigne sous serment et on s’attend à ce qu’il convoque Donald Trump Junior, afin de répondre à des questions sur ses entrevues avec une avocate russe, qui lui avait promis des informations compromettantes sur Hillary Clinton, ainsi que le gendre du Président et conseiller principal, Jared Kushner. Mais cela ne signifie pas que l’enquête de Mueller soit sur le point d’être liquidée d’aussi tôt. C’est même le contraire : les grands jurys prennent leur temps. Ils peuvent durer, en général, au moins un an, voire dix-huit mois – ou même des années. Et, généralement, ils ne votent pas nécessairement en faveur de l’inculpation de ceux qui font l’objet de l’enquête.
Aussi la mesure de Mueller ne pose pas de risque immédiat pour la Présidence de Donald Trump.
La campagne alimentée par les médias visant à renverser Netanyahu entre dans sa deuxième année avec des gros titres chassant d’autres gros titres et prétendant apporter un nouveau scandale après l’autre. Dès que la fumée artificiellement créée de l’un se dissipe, un autre prend sa place.
Bien que toute une gamme de témoins aient été confrontés à des interrogatoires de police en quête de preuves contre le Premier Ministre – et cette liste comprend certains des amis du Premier Ministre, dont Arnon Milchan et Sheldon Adelson, dans le dossier des « petits cadeaux inappropriés »- aucune inculpation n’a encore transpiré.
Vendredi 4 août, l’accord signé par son ancien chef d’équipe, Ari Haro, a été accueilli comme le dernier clou dans le cercueil du Premier Ministre – et ce n’est pas la première fois.
Une ordonnance prononcée par la Cour couvre les détails de cet accord. Essentiellement, Haro s’est vu promettre qu’en échange des preuves qu’il fournirait contre son ancien patron, les charges pesant contre lui, pour avoir fait la promotion de ses intérêts personnels, alors qu’il était dans un poste public, seraient abandonnées et réduites aux accusations de fraude et d’abus de confiance. Au lieu d’aller en prison, il serait condamné à six mois de travaux d’intérêts généraux, et il paierait une amende de 700.000 shekels (environ 212.330€).
Binyamin Netanyahu a déjà été jugé et condamné pour pots de vin et corruption par les médias des courants dominants israéliens, dans au moins quatre dossiers, même si les longues enquêtes de police ne sont, jusqu’à présent, pas parvenu à confirmer les moindres preuves pouvant servir à une inculpation. Le témoignage d’Haro peut ou non apporter de telles preuves. Mais personne n’ignore, que le procureur en Israël ou ailleurs, peut rejeter une négociation de plaidoyer.
Mais les gros titres des journaux n’attendent pas plus qu’ils n’ont attendu de preuves avant de supputer que les autorités de la sécurité nationale seraient minées par la corruption. Ils désignent des noms avant même que le procureur ait la moindre chance de prononcer des inculpations dans le dossier présumé des sous-marins allemands. Jour après jour, on rapportait que le principal coupable Micky Ganor aurait avoué avoir payé des pots-de-vin à des personnalités de haut rang, y compris l’ancien commandant de la Marine, Eliezer Merom, et impliquant David Shomron, un avocat qui s’est avéré être lié à Netanyahu. On a insisté sur cette relation article après article.
Jusqu’à présent, cependant, le soufflé de cet énorme scandale criminel est retombé. Ganor n’a finalement avoué rien de plus que des infractions fiscales.
Ce n’est pas cela qui a arrêté Avi Gabay, le nouveau dirigeant élu du parti travailliste d’opposition, qui a déclaré que le peuple ne se sent pas représenté par un Premier Ministre « dont le cousin est impliqué dans un accord d’achat illégal de sous-marin ». Cela n’a pas plus dissuadé un groupe anti-Netanyahu de manifester semaine après semaine à l’extérieur de la maison du procureur de l’Etat, Avichaï Mandelblitt, pour protester contre l’échec du procureur général et le sien à inculper le Premier Ministre. Mais que peuvent-ils faire ? Dabs l’évaluation finale, même si toutes les accusations proférées contre Netanyuahu s’avéraient vraies, lui comme tout autre citoyen israélien reste innocent aussi longtemps qu’on n’a pas prouvé qu’il est coupable.
Les dossiers contre Trump et Netanyahu peuvent bien avoir avancé d’un iota supplémentaire cette semaine, mais il y aura encore beaucoup de hauts de de bas avant d’en voir le bout. Ce ne sont pas les médias qui auront le dernier mot, mais le système judiciaire des deux démocraties que demeurent les Etats-Unis et Israël.
DEBKAfile Reportage Exclusif 4 août 2017, 7:51 PM (IDT)
Adatation : Marc Brzustowski
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