
Le Corps russe du Génie a commencé la construction d’une nouvelle base dans le Sud-Est de la Syrie, dans un petit village appelé Khirbet Ras Al-Wa’r dans le secteur de Bir al-Qasab. Jusqu’à présent, Moscou adhérait à une politique de restriction de sa présence militaire à la partie ouest du pays, le long de la côte méditerranéenne ; aucune section des troupes russes n’est basée plus à l’Est que Palmyre, jusqu’à présent.
Cette nouvelle infrastructure militaire est la première établie depuis le lancement de l’intervention militaire initiale de Moscou en Syrie, en septembre 2015. Les sources des renseignements militaires de Debkafile explique qu’elle fournira à la Russie un levier de contrôle sur la région sud-est volatile de la Syrie et de ses frontières, où les forces opposées, soutenues par les Etats-Unis et celles soutenues par l’Iran, combattent pour imposer leur domination. Les forces russes se tiendront aussi bien plus près que jamais auparavant des frontières israéliennes : à 85 kilomètres du Centre du Golan et à 110 kilomètres du Sud du Golan, non loin des positions militaires de Tsahal.
La nouvelle implantation russe sera stratégiquement située à 6 kms du nord de la Jordanie et à 185 kms de la garnison des forces spéciales américaines et jordaniennes, au point de passage d’Al Tanf, à l’intérieur du triangle frontalier entre la Syrie, la Jordanie et l’Irak.
Placer la nouvelle base à juste 50 kms de Damas, sert aussi une autre fonction primordiale, qui consiste à sécuriser les carrefours stratégiques reliant l’Est et le Sud de la Syrie vers la Capitale – en d’autres termes, à soutenir les fondations du régime du Président syrien Bachar El Assad.
Nos sources des renseignements remarquent que la construction de la nouvelle base russe a commencé parallèlement à la relance des pourparlers américano-russes, cette semaine, dans la capitale jordanienne,Amman. Ils sont dirigés par Michael Ratney, l’envoyé spécial américain pour les affaires syriennes et par Alexandr Lavrentiev, pour le compte de Moscou.
Il y a eu des reportages, jeudi 22 juin, sur un accord trilatéral signé entre la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie, visant à créer une zone démilitarisée dans le Sud de la Syrie, qui couvrirait aussi les frontières israéliennes et jordaniennes. Pourtant, les sources de Debkafile affirment qu’un tel accord n’a pas encore été signé. Selon nos informations, les Russes ont mis sur la table un plan en trois parties en vue de désamorcer la situation incendiaire dans le sud de la Syrie. On peut en révéler ses principaux points :
1. Les forces américaines continueront à tenir leurs positions du passage d’Al-Tanf. En échange, ils autoriseront les forces iraniennes, syriennes et du Hezbollah à s’emparer et à occuper la ville frontalière d’Abu Kamal [objectif préalable des forces rebelles syriennes entraînées par les Américains, les Anglais et les Jordaniens], encore aux mains de Daesh, plus au nord.
2. Moscou garantira le retrait des troupes iraniennes, des milices pro-iraniennes et du Hezbollah de la région du Sud-Est, à un certain moment de ce processus.
3. Une administration américano-russe sera établie afin de conduire les affaires au jour le jour dans le Sud-Est de la Syrie, comprenant les zones le long des frontières israéliennes et jordaniennes.
Washington a, jusqu’à présent, rejeté la proposition de Moscou pour deux raisons : d’abord, la conquête d’Abu Kamal par l’armée syrienne et ses alliés renforcerait l’emprise de l’Iran sur la zone frontalière syro-irakienne, alors que l’empêcher reste l’un des objectifs américains primordiaux. Et deuxièmement, les Américains veulent que les forces iraniennes et du Hezbollah sortent de cette région avant la prise de toute autre mesure – maintenant plutôt que plus tard, selon les garanties proposées par les Russes. Les négociateurs russes ne sont pas prêts à concéder cette étape préalable.
DEBKAfile Reportage Exclusif 23 juin 2017, 7:52 AM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski
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