1980 : Comment Israël a Sauvé l’Iran d’une Défaite Certaine

Les ventes clandestines d’équipement militaire par Israël à l’Iran ont joué un rôle crucial durant la guerre Iran-Irak, contribuant à modifier le cours du conflit et à empêcher l’Iran de succomber aux forces de Saddam Hussein. Plus de trente ans après sa disparition, l’impact de l’ayatollah Ruhollah Khomeini est toujours palpable en Iran, notamment dans le système politique et social qu’il a mis en place après la révolution de 1979.

La Révolution et ses Conséquences
En 1979, la révolution iranienne menée par Khomeini a renversé le Shah Mohammad Reza Pahlavi, mettant fin à une monarchie millénaire et instaurant la République islamique d’Iran. Ce bouleversement a transformé la société iranienne en une théocratie stricte, dirigée par les ayatollahs et soutenue par une armée redoutable, le Corps des Gardiens de la révolution islamique.

Après l’exil du Shah, l’Iran a coupé les ponts avec l’Occident, sous la direction de Khomeini, se tournant vers un modèle de société fortement religieux et construisant un culte de la personnalité autour de lui. Cette transformation a conduit à une hostilité accrue envers les États-Unis et Israël, Khomeini désignant les premiers comme le « Grand Satan » et les seconds comme le « Petit Satan ».

La Guerre Iran-Irak : Un Conflit Complexe
La guerre Iran-Irak, qui a éclaté en septembre 1980, a été alimentée par une série de conflits historiques, politiques et territoriaux, centrés sur la voie navigable stratégique du Chatt al-Arab. Saddam Hussein, cherchant à exploiter l’instabilité post-révolutionnaire en Iran, a envahi le pays avec l’intention d’affaiblir son voisin oriental et de résoudre les différends territoriaux en faveur de l’Irak. Les rivalités idéologiques et les ambitions régionales de Hussein ont exacerbé la situation, transformant le conflit en une guerre prolongée et dévastatrice.

L’Inattendu Soutien Israélien
Malgré la rhétorique anti-occidentale de l’Iran, Israël est devenu un allié improbable, fournissant clandestinement de l’équipement militaire à la République islamique. Les motivations israéliennes étaient multiples : contrer la menace irakienne, rétablir des liens avec l’Iran post-révolutionnaire, et protéger la communauté juive iranienne.

Les ventes d’armes israéliennes ont commencé au début des années 1980, incluant des pièces de rechange pour avions et des systèmes d’armement sophistiqués. En échange, l’Iran a fourni des renseignements vitaux à Israël, notamment pour des opérations telles que la destruction du réacteur nucléaire irakien d’Osirak en 1981.

La Diplomatie Pragmatique de Khomeini
Malgré son opposition idéologique à Israël, Khomeini a autorisé ces transactions militaires. L’un de ses conseillers a raconté une anecdote révélatrice où Khomeini, informé que les armes provenaient d’Israël, a simplement demandé si cela posait un problème pour leur utilisation. Devant la réponse négative, il a conclu que le problème était résolu, montrant ainsi un pragmatisme inattendu.

Les Pressions et Réactions Internationales
Les transactions israélo-iraniennes ont suscité des réactions internationales variées. L’administration Carter s’y est initialement opposée, mais l’arrivée de Reagan à la présidence en 1981 a modifié la donne, Israël obtenant secrètement l’autorisation de continuer ses ventes. Ces transactions ont contribué à alimenter une caisse noire au sein des services de renseignement israéliens, soulignant la complexité de la situation géopolitique.

Le Scandale Iran-Contra
Le soutien israélien à l’Iran a également joué un rôle dans le scandale Iran-Contra, où des armes ont été secrètement vendues à l’Iran pour financer les rebelles Contras au Nicaragua, violant ainsi des interdictions légales américaines. Ce scandale a révélé la profondeur des opérations secrètes et a eu des répercussions politiques significatives aux États-Unis.

La guerre Iran-Irak et les ventes d’armes israéliennes à l’Iran illustrent la complexité des relations internationales et les dynamiques pragmatiques qui peuvent prévaloir même entre des ennemis apparents. Ces transactions ont non seulement influencé le cours de la guerre mais ont également laissé une marque durable sur la politique régionale et les alliances stratégiques. L’ombre de Khomeini continue de planer sur l’Iran, rappelant les décisions controversées et les alliances inattendues forgées en temps de guerre.

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Daniel

Le mieux aurait été de les laisser s’entretuer…