ISRAËL – La politique se transmet-elle par les gènes?

Les dynasties républicaines Bush, Debré ou Joxe nous laissent y croire.

D’autres aventures s’assimilent plus à des promotions dopées à la vitamine P (comme piston).

Israël ne fait pas exception à la règle: des Weizmann aux Begin, l’action publique est aussi une affaire de famille.

Yaïr Lapid, ancien journaliste et récent fondateur du parti Yesh Atid (« il y a un avenir ») a reçu le goût pour l’action publique en héritage de Tommy Lapid.L’ombre du père

« Mon père s’en est allé dans son monde mais n’est pas parti du mien » a écrit le fils après le décès de l’ancien vice-premier ministre d’Ariel Sharon.

Tommy a fait de son parti libéral et laïc la troisième force du pays, sans parvenir à rassembler suffisamment d’électeurs pour mener une coalition.

Yaïr s’inspire de ses revendications dans la profession de foi de sa formation, créditée, selon les sondages, de dix mandats sur cent vingt députés à la Knesset.

« Israël est un état juif et démocratique devant assurer l’égalité de traitement entre tous les citoyens, le droit de prospérer et de fonder une famille pour tous; son rôle est aussi de protéger le peuple juif partout dans le monde ».

Un profil connu

Durant des années au Yediot Aharonot, grand quotidien national, Yaïr a dépeint la société israélienne de sa plume acérée, lors de chroniques pleines d’humour et d’autodérision. À la télévision, dans l’émission d’information hebdomadaire de référence, il réalisait des interviews sans concession des acteurs majeurs de la vie publique israélienne en les confrontant à leurs contradictions.

Faire bouger les lignes

Les deux leaders successifs de l’opposition Tsipi Livni, par son atonie, puis Shaoul Mofaz, par ses atermoiements, n’ont pas réussi à incarner une expression politique des manifestations géantes de l’été 2011 et 2012.

Les propositions de Yaïr Lapid qui, depuis longtemps défend l’égalité par la justice sociale et la conscription universelle, reçoivent un écho particulier dans ce contexte de contestation nationale.

Son coup d’éclat « où est l’argent » dans le Yediot, stigmatisant les Tycoon, ces familles aux rennes des grandes entreprises israéliennes, reflète bien ce ressentiment d’une classe moyenne contre un système trop exigeant et qui exerce sur elle trop de pression au quotidien.

Dans son livre «à nouveau en file d’attente» (Éditions Yediot 2011) on découvre plusieurs dialogues entre les deux univers religieux et laïcs.

Il y décrit sa « synagogue de rêve » avec un rabbin ouvert qui ne juge pas, ne s’immisce pas dans la vie privée de ses ouailles et parfois, porte un jean.

C’est peut-être symptomatique de cette troisième génération après la Shoah, plus à l’aise avec son identité juive, et dont le rejet viscéral de la religion tend à s’estomper en même temps que la frontière entre les deux mondes devient poreuse: certains mouvements religieux, comme le «Bne Akiva», ont appelé à manifester pour demander plus de justice sociale et la participation de tous au service national.

Écueils et espoirs

Ses origines sociales pourront-elles être un frein à son ascension?

En effet, il appartient à ce main stream israélien de la classe dominante: ashkénaze aisé, né en Israël (« sabra ») à Tel Aviv, ayant eu un nom avant un prénom et connaissant personnellement tous les dirigeants qu’il dénonce.

On est à la lisière de la connivence, qu’elle soit réelle ou fantasmée.

L’électeur israélien, réputé pour être dur en affaires comme en choix politique, sera attentif à tout faux-pas de la nouvelle étoile.

En outre, la multiplication des partis au centre d’un échiquier politique aux egos surdimensionnés, provoquera immanquablement l’émiettement des voix, phénomène destructeur dans le cas israélien ou l’élection est au scrutin proportionnel intégral.

À l’inverse, s’il arrive à convaincre au-delà de son électorat dédié, comme le contexte semble l’y mener, il pourra fédérer autour de lui une vraie dynamique de réformes en politique intérieure et extérieure.

Après tout, la Terre Sainte n’est-elle pas celle des miracles?

Johann Habib/ Huiffington Post.fr Article original

TAGS:
Israel , Politique , Video , Tel Aviv , Yair Lapid , Ariel Sharon , Contestation Nationale , Egalite , Gouvernement , Heritage , International , Journaliste , Justice Sociale , Opposition , Parti , Tommy Lapid , Yesh Atid , Actualités

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danhaim

Se considérer comme lier , c’est garder l’alliance . Il y a des familles, par exemple, qui ne peuvent pas concevoir qu’un membre de la famille ne soit pas présent dans un de leurs événements familiaux… Pourquoi? parce qu’ils se considèrent liés a ces personnes. C’est un choix personnelle.
C’est la même chose avec D…, l’alliance, la brit , c’est me considérer lier a D…, ne rien pouvoir faire sans qu’il soit présent et consentant… On s’attache a D… dans tout ce qu’on fait: manger, travailler, dormir, prier, parler, vivre…
Ce n’est plus dans le cadre de la loi simple, c’est au delà , c’est regarder quelle est la volonté de D… dans ce moment…, Cela crée une foi, emouna inébranlable.
Son point culminant: le chabbat, car c’est le jour ou l’on n’est plus distrait par la matière, puisque notre attention est concentrée uniquement sur D…
http://www.breslev.fr/avraham-ifrah-cours-043-Creer-une-relation-intime-avec-D…,4914.html
http://www.breslev.fr http://www.breslev.fr/cours-audio-enseignement-31.html
http://www.youtube.com/user/breslev?feature=results_main
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