Israël-Grèce : l’alliance qui change la donne en Méditerranée
Il y a les contrats d’armement. Et puis il y a les messages stratégiques. L’accord signé à Tel-Aviv entre Israël et la Grèce appartient clairement à la seconde catégorie.
Avec environ 3 milliards d’euros pour bâtir en Grèce une défense aérienne multicouche — David’s Sling (Fronde de David), BARAK MX, SPYDER, radars et commandement intégré — Athènes n’achète pas simplement des missiles*. Elle achète du temps, de la dissuasion et une assurance-vie stratégique.
Le directeur général du ministère de la défense israélien, Amir Baram, et son homologue grec, Ioannis Bouras, après avoir signé un accord d’exportation d’une valeur d’environ 3 milliards d’euros, à Tel-Aviv (Israël), le 31 août 2026. MINISTÈRE ISRAÉLIEN DE LA DÉFENSE VIA REUTERS
Le timing est tout sauf anodin. La Méditerranée orientale devient un théâtre de compétition militaire et énergétique, tandis que la Turquie affirme plus agressivement ses ambitions régionales.
Pour Athènes comme pour Jérusalem, le calcul est limpide : mieux vaut construire un rapport de forces crédible avant la crise qu’improviser sous le feu.
Israël apporte son avantage décisif: une technologie testée au combat. La Grèce apporte sa profondeur européenne, sa position géographique et un budget militaire en forte expansion.
Ce partenariat dépasse donc largement une vente d’armes. Il dessine un nouvel axe stratégique en Méditerranée orientale.
Et Ankara ferait bien de regarder attentivement.
Au Bourget 2025, la France a fermé les stands de plusieurs industriels israéliens après leur refus de retirer certains armements offensifs, plutôt que d’interdire totalement la présence israélienne.
Et le contraste est particulièrement fort : les exportations israéliennes de défense ont atteint 19,2 milliards de dollars en 2025, un record historique, en hausse d’environ 30 %.
Le rapprochement énergétique Israël-Grèce-Chypre

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis tiennent une conférence de presse conjointe à l’issue d’une réunion trilatérale à Jérusalem le 22 décembre 2025. (Photo : Olivier Fitouss/Flash90)
L’administration Trump soutient un important projet de réseau électrique reliant Israël, Chypre et la Grèce, donnant un nouvel élan à un projet qui avait été retardé par une forte opposition turque.
Le projet d’interconnexion maritime utiliserait environ 1 200 kilomètres (750 miles) de câbles sous-marins pour relier Israël à Chypre et à l’île grecque de Crète, reliant à terme le réseau électrique israélien au réseau européen plus vaste.
Le projet a été lancé en 2022, mais a été reporté en raison des objections turques concernant les frontières maritimes et ses différends avec la Grèce et Chypre.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a fermement soutenu ce projet d’interconnexion, la Grèce et Chypre entretenant des liens politiques, commerciaux et culturels étroits.
Le projet est compliqué par le différend de longue date qui oppose la Turquie à la Grèce et à Chypre. La Turquie occupe le nord de Chypre depuis 1974, et la République turque autoproclamée de Chypre du Nord, établie en 1983, n’est reconnue que par Ankara.
En décembre 2025, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accueilli le président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d’un sommet trilatéral Israël-Grèce-Chypre à Jérusalem, dans un contexte de menaces turques.
« L’alliance entre Israël, la Grèce et Chypre est un pilier de responsabilité, de stabilité et d’intérêts communs dans une région complexe », a annoncé Netanyahu, soulignant que l’État juif ne permettrait pas à la Turquie de menacer ses voisins.
JForum.fr avec J. Vercors et allisraelnews.com
![]() |
![]() |






































