Ravagé par un incendie, le navire d’assaut amphibie USS Bonhomme Richard ne sera pas réparé

Navire d’assaut amphibie de 40.000 tonnes pouvant embarquer jusqu’à 20 aéronefs, l’USS Bonhomme Richard aurait dû reprendre la mer après deux ans de travaux ayant consisté à lui permettre de mettre en oeuvre des avions F-35B, de type STOVL [décollage court/atterrissage vertical].

Un tel chantier avait été confié à General Dynamics et National Steel and Shipbuilding Co., via un contrat d’un montant maximum de 250 millions de dollars.

Seulement, le 12 juillet, à San Diego [Californie] et alors que les travaux étaient sur le point d’être terminés, l’USS Bonhomme Richard a été victime d’un violent incendie qui n’a pu être maîtrisé qu’au bout de quatre jours de lutte… et 1.500 poches d’eau largué par une noria d’hélicoptères. La situation a même semblé désespérée à un moment, le navire ayant commencé à prendre de la gîte.

Une fois les flammes éteintes, la marine américaine a lancé une étude pour déterminer si la réparation de ce navire d’assaut amphibie pouvait être envisagée, sachant que l’incendie fit monter la température à plus de 500°c [limite à partir de laquelle l’acier commence à perdre ses propriétés].

Trois options ont alors été mises sur la table : une remise en état complète, une reconversion en navire-hôpital et le retrait du service.

La sentence est tombée le 30 novembre : l’USS Bonhomme Richard sera envoyé à la ferraille, le coût des réparations ou de la transformation étant beaucoup trop élevé par rapport son âge [22 ans, ndlr].

En outre, des considérations relatives aux capacités de l’industrie navale américaine ont été prises en compte.

La décision, prise par le secrétaire à la Marine, Kenneth Braithwaite, et le chef des opérations navales [chef d’état-major de l’US Navy, ndlr], l’amiral Mike Gilday, a été notifiée au Congrès.

Le vice-amiral Eric Ver Hage, directeur de l’entretien de la modernisation des navires de surface, a ainsi confié à USNI News qu’il aurait fallu une enveloppe de 2,5 à 3,2 milliards de dollars pour que l’USS Bonhomme Richard soit de nouveau prêt à prendre la mer pour assurer les missions pour lesquels il avait été conçu.

Et un tel chantier aurait duré au moins cinq ans dans le meilleur des cas. Sa transformation en navire-hôpital aurait pris le même temps, pour un budget d’un milliard de dollars. En revanche, son démantelement ne coûterait « que » 30 millions de dollars.

L’incendie de l’USS Bonhomme Richard fait l’objet de quatre enquêtes distinctes, dont une qui, menée par le Naval Criminal Investigative Service [NCIS], considère une éventuelle piste criminelle. Aussi, la nécessité de conserver les preuves pourrait retarder son démantèlement.

La perte de ce navire d’assaut amphibie appartenant à la classe Wasp complique évidemment les plans de l’US Navy et de l’US Marine Corps pour la région Indo-Pacifique, où il était question de déployer en permanence des F-35B.

Avec l’USS Bonhomme Richard, la marine américaine aurait compté six navires d’assaut amphibie capables de mettre en oeuvre des F-35B sur les dix qu’elle possède actuellement. Et encore, l’un d’entre-eux, l’USS Tripoli [classe America], n’est pas encore pleinement opérationnel.

Quoi qu’il en soit, il s’agit du second navire de la marine américaine a connaitre un tel sort après avoir subi un incendie à bord.

En 2012, une décision identique fut en effet prise au sujet du sous-marin nucléaire d’attaque USS Miami. L’enquête détermina qu’un technicien du chantier naval de Porstmouth y avait volontairement mis le feu. Il a depuis été condamné à 17 ans de prison.

http://www.opex360.com/2020/12/01/ravage-par-un-incendie-le-navire-dassaut-amphibie-uss-bonhomme-richard-ne-sera-pas-repare/

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