Avri Gilad is the host of the show called 9 square which hosts Israeli celebrities. Feb 2 2011. Photo by Oren Nahshon Flash 90 *** Local Caption *** ??????? ???? ???? ???? ?????? ?????

Tich’a Be’Av : le message retentissant d’un journaliste non religieux

Le journaliste de télévision Avri Guilad a écrit en 2019 un texte dans le quel il exprimait son étonnement et sa déception du fait que la commémoration de Tich’a Be’av ait été abandonnée par la population non religieuse du pays et que seuls les religieux y accordent encore une grande importance. Dans sa tribune hebdomadaire dans les colonnes du journal Israël Hayom il écrivait :

« Que ressentiriez-vous si vous saviez que dans quelques générations, vos petits-enfants et arrière-petits-enfants se mettront à ignorer de manière provocante à la Journée du souvenir des soldats de Tsahal ? A cette époque, il y aura la paix [écrit sur un mode ironique] et personne ne se souviendra de ce que furent des soldats morts à la guerre. Ils en auront marre des sirènes du souvenir et ils considéreront avec mépris ceux qui voudront encore conserver ce souvenir. Ils exigeront que l’on laisse ouverts les lieux de distraction ce soir-là, et ils iront s’amuser, de manière démonstrative parfois ».

Pour Avri Guilad, c’est exactement comme cela que les laïcs en Israël se comportent envers Tich’a Be’Av : « A Tich’a Be’Av c’est exactement comme cela que nous, les ‘hilonim (laïcs) nous comportons envers le souvenir de tous ceux qui furent massacrés par les Romains en l’an 70. Des centaines de milliers de morts, l’immense majorité par les Romains mais aussi un certain nombre par d’autres Juifs lors de la terrible guerre civile qui se déroula à l’intérieur des murailles de Jérusalem entre les quatre grands courant du Judaïsme. Ils combattirent à l’intérieur et à l’extérieur et finalement, presque tous périrent, et ceux qui en réchappèrent furent emmenés en captivité à Rome, rendus esclaves et dispersés dans l’empire. C’est le moment où nous avons disparus comme peuple. Alors, comment se fait-il que seuls les religieux s’y intéressent encore ? Ont-ils une mémoire plus longue ? Est-ce que la laïcité imposerait un oubli prématuré ? Si c’est le cas, quel est notre contenu ? Sommes-nous réellement ‘vides’ comme le disent les orthodoxes ? Et quid de la Shoah ? Quand allons-nous l’oublier ?! (…) Je ne suis pas un fan des jours de jeûne et le fait de ne pas soigner mon hygiène personnelle ce jour-là ne m’est pas particulièrement agréable. Mais le fait que je n’aime pas trop les lois de deuil ne veut pas dire que je doive me déconnecter de mes racines, de mon histoire. Et cela ne veut pas dire non plus que je doive aller au restaurant justement ce soir là. Si en l’an 70 les Juifs grattaient les excréments des boeufs en espérant y trouver des restes de nourriture je peux rester à la maison le soir de Tich’a Be’Av, manger discrètement et penser à mes ancêtres qui vécurent à une époque où il fut très difficile d’être juif. Cette douleur, qui date de l’an 70 de notre ère et qui a touché tant de nos frères coule encore dans nos veines et nos varices, provenant de la même source : la destruction du Temple, du pays, du peuple. Ce n’est pas arrivé au Aztèques, aux Sumériens ou aux Maures, c’est arrivé à nous, ici. Ceux qui occultent cela, même en pensée, perdent un sentiment d’appartenance profonde qui procurerait une identité réelle à une époque où des identités factices apparaissent ».

Il conclut ainsi : « J’ai tenté les deux options. Durant la plus grande partie de ma vie, j’ai essayé de ne pas me sentir appartenir. Mais ces dernières années j’essaie de me sentir appartenir. Pour moi, se sentir faire partie est plus facile. Faire partie du peuple juif, de son histoire, de ses souffrances, de son présent et de son futur ici, de cette histoire qui s’était arrêtée il y a 1949 ans, en l’an 70 de notre ère ».

Photo Oren Nahshon / Flash 90

https://lphinfo.com/ticha-beav-le-message-retentissant-dun-journaliste-non-religieux/

1 COMMENTAIRE

  1. Et oui. Nous appartenons à une communauté et à son histoire, quel que soit l’éloignement avec lequel nous vivons cette appartenance.
    J’ai vécu 50 ans sans quasiment aucun contact, et à fortiori aucun lien avec des juifs.
    Et pourtant j’ai fait ma bar mitsva à 60 ans. Par sentiment d’appartenance. Et ma pratique est tout à fait limitée. Shabbat matin avec “les potes de la syna”

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