Tel-Aviv: les 100 ans du style Bauhaus de la “Ville blanche”

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TOPSHOT - A picture taken on May 9, 2019 shows the Reisfeld House, a building built in 1935 by architect Pinchas Bijonsky. - The house was built according to the International Style Bauhaus which was very widespread in Tel Aviv at that time. German design school of Bauhaus celebrates his centenary in 2019. (Photo by THOMAS COEX / AFP)

C’est à Tel-Aviv qu’il faut fêter les 100 ans du style Bauhaus

Par Le Figaro Immobilier , AFP agence

Mis à jour Publié

EN IMAGES – Le style architectural Bauhaus célèbre en 2019 son centenaire. En Israël, Tel-Aviv est le symbole de cette école de design avant-gardiste du début du 20e siècle. En route pour une visite guidée de la «Ville blanche».

À Tel-Aviv, habitants et touristes déambulent dans les ruelles, le nez en l’air, à l’affût des façades blanches et des balcons arrondis, éléments caractéristiques du style Bauhaus.

Cette école de design, d’arts appliqués et d’architecture fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius, fête cette année ses 100 ans.

L’école Bauhaus était à l’époque le symbole de la modernité, entremêlant art et artisanat, comme précurseur du design contemporain. Wassily Kandinsky, Paul Klee ou encore Adolf Meyer y ont enseigné.

Au début du 20e siècle, Tel-Aviv a fourni un terrain de jeu privilégié aux architectes. Ils ont pu ainsi mettre en application le mot d’ordre du mouvement Bauhaus et faire primer la fonction sur la forme, rompant ainsi avec le passé.

La métropole méditerranéenne compte le plus grand nombre de bâtiments de ce style au monde: 4000 édifices y portent en effet la touche Bauhaus. Ce qui a valu son classement de «Ville blanche» au Patrimoine mondial de l’Unesco.

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Le style Bauhaus, qui signifie littéralement «maison de la construction», aspire à créer des objets et des bâtiments au design accessible. Nombre des bâtisseurs de cette ville, fondée en 1909, étaient des architectes juifs qui avaient étudié ou travaillé en Europe et fui le nazisme.

Dans les années 1930, alors que Tel-Aviv se développait à toute allure pour accueillir les migrants juifs venus d’Europe, la ville ressemblait à un chantier à ciel ouvert. 4000 édifices aux formes géométriques et aux façades lisses et blanches sont dès lors apparus. La cité blanche constitue «un exemple remarquable à grande échelle des idées de planification urbaine de la première partie du 20ème siècle» note l’Unesco.

Des visites guidées pour mettre en valeur l’héritage Bauhaus

Venus d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse ou de Suède, les touristes découvrent lors de visites proposées par le Centre Bauhaus, comment à 4000 km de Weimar, des architectes ont privilégié le fonctionnel à l’esthétique et recouru aux nouvelles matières comme l’acier ou le béton, dans des formes épurées et contemporaines.

Micha Gross, psychologue suisse passionné d’architecture, a créé le Centre Bauhaus il y a 20 ans avec sa femme, pour promouvoir le patrimoine urbain de la ville. «À l’époque, cela n’intéressait personne», se souvient-il amusé.

Point d’orgue de la visite: la splendide place Dizengoff avec sa fontaine multicolore, et ses cafés entourés de majestueux bâtiments Bauhaus, à l’image de l’hôtel Cinéma, d’un blanc immaculé. Micha Gross est formel: l’intérêt pour l’urbanisme de la ville a considérablement augmenté. La fréquentation du Centre Bauhaus a ainsi triplé en quelques années.

Un trésor architectural dont la rénovation est délicate

Contrairement aux sites historiques et religieux de Jérusalem, qui attirent chaque année des millions de visiteurs, ce «trésor architectural» comme le qualifie Micha Gross, n’attire qu’un tourisme de niche, Tel-Aviv restant davantage associée à ses plages et à ses nuits festives.

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Si certains bâtiments récemment ravalés valent absolument le coup d’œil, d’autres présentent des façades passablement décrépies. «Entretenir et restaurer ces bâtiments est complexe», justifie Micha Gross: il faut compter entre huit et dix ans pour rénover un immeuble Bauhaus. Et comme la plupart de ces bâtiments font partie du parc immobilier privé, leur restauration dépend du bon vouloir des propriétaires, qui ne perçoivent aucune aide en ce sens de la mairie.

Des murs blancs chargés d’histoire et d’utopie

En 2015, pour préserver son patrimoine, la municipalité de la Ville blanche a créé le White City Center (WCC) en collaboration avec le gouvernement allemand.

Ce centre, qui se veut un lieu d’échange et d’apprentissage patrimonial, dispose d’un laboratoire de recherche et organise des activités pour sensibiliser le grand public à l’environnement urbain.

Sharon Golan Yaron, architecte et responsable des expositions au WCC, souligne que d’autres courants ont également modelé le visage de Tel-Aviv, comme les «cinq points de Le Corbusier» (pilotis, toits-terrasses, fenêtres-bandeaux, plans libres et façades libres). L’architecte ajoute que pour elle, ce qui transpire de ces murs, c’est l’«utopie».

Les bâtisseurs de la ville adhéraient en effet pour la plupart à l’idéal socialiste du mouvement sioniste.

Tel-Aviv représentait pour eux l’espoir d’une société nouvelle, et «l’expression physique du sionisme».

lefigaro.fr

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