Les services de renseignements américains et britanniques ont réussi à « casser » les codes cryptés émis par les drones israéliens au cours d’une mission d’espionnage baptisée « Anarchist« , révèle vendredi le quotidien israélien Yediot Aharonot après déclassification des documents par l’armée israélienne.

Ces missions, qui se déroulent depuis 18 ans, précise le journal, à partir d’une base située à Chypre, permettraient aux Américains et aux Britanniques d’observer toutes les opérations israéliennes à Gaza, en Syrie et même en Iran.

Selon un haut responsable israélien, il s’agirait d’un « véritable séisme » pour Israël, « la fuite la plus grave dans les annales du renseignement » de l »Etat hébreu.

Selon les documents fournis par l’ex-employé de la NSA Edward Snowden, les Américains et les Britanniques auraient suivi en direct les vidéos émises par les avions sans pilote israéliens à partir d’une base située dans une région montagneuse de l’île de Chypre. L’ancien analyste de l’agence américaine a également fourni une série de captures de vidéos offrant un rare aperçu de la flotte des drones israéliens, un des secrets les mieux gardés de l’Etat hébreu.

Les images présentées montrent différents types d’avions sans pilote, y compris ce qui semble être des drones transportant des missiles. Bien que les frappes de drones israéliens aient largement fait l’objet de rapports, officiellement, Jérusalem a toujours refusé de confirmer l’utilisation de drones armés.

Selon Ynet, le 28 janvier 2010, les analystes britanniques du service d’interception des communications GCHQ, basé à Chypre, ont capturé six minutes d’une vidéo de ce qui semble être un Heron TP, un drone géant fabriqué par Israël Aerospace Industries. Cet appareil serait armé de missiles et pourrait être utilisé dans un système stratégique au cours d’une opération en Iran.

 

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« Cet accès est indispensable pour permettre une analyse possible des manœuvres et des opérations israéliennes et par conséquent pour un aperçu des futures évolutions dans la région », peut-on lire dans un rapport du GHCQ publié par Snowden dont les documents pointent tout particulièrement les campagnes menées par l’armée israélienne à Gaza et principalement l’opération « Plomb durci » en 2008.

L’Opération Anarchist est une collaboration de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) avec le Government Communications Headquarters britanniques (GCHQ). Ils opèrent à partir de deux bases : la station de la Royal Air Force à Menwith Hill près de Harrogate, North Yorkshire, Angleterre ; et le Mont Olympe à Chypre, au sommet de la chaîne de montagnes de Troodos, qui est à  plus de 1952 mètres d’altitude. Cette dernière est une base énorme, en grande partie souterraine, et parsemée de dizaines d’antennes et autres équipements de réception et de déchiffrement.

La portée de l’opération est révélée dans les fichiers d’Edward Snowden, prises à partir de la NSA, qui comprennent des captures d’écran vidéo ainsi que les images prises par les caméras de haute résolution qui filment les drones israéliens en temps réel. Dans de nombreux cas, les krackers américains et britanniques étaient en mesure d’identifier leurs emplacements soit parce qu’ils étaient bien connus, tels que le mur de séparation en Judée et Samarie, soit parce qu’ils ont été en mesure de déchiffrer en partie les transmissions des drones pour pouvoir identifier leur emplacement.

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Même complètement décodées, les images sont de qualité, souvent granuleuse variable, et souvent ne montrent rien que le ciel ou le soleil, ou encore le train d’atterrissage d’un drone à l’approche de la piste.

Un document de GCHQ décrit avec enthousiasme que ces données offrent une occasion unique de comprendre le processus de décision au sein deTsahal, afin de permettre la compréhension et la prévision des futures opérations.

Selon Intercept, les documents mettent en évidence la relation conflictuelle entre les Etats-Unis et Israël et les préoccupations des États-Unis au sujet des actions potentiellement déstabilisatrices d’Israël dans la région. Les deux pays sont des partenaires proches dans la lutte contre le terrorisme, et ont un protocole d’accord, datant de 2009, qui permet à Israël l’accès aux données de communication brutes recueillies par la NSA. Pourtant, ils sont néanmoins constamment engagés dans un jeu d’espionnage réciproque.

Aucune agence de renseignement, américaine, britannique ou israélienne, n’a souhaité réagir à ces informations qui ont également été publiées par le site Intercept et le journal allemand Der Spiegel.

Arutz7

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