Raphaël Nisand. Le tsunami vert

Le 2ème tour des élections municipales est marqué par de nombreuses victoires des Verts dans la plupart des métropoles, avec ou sans le reste de la gauche.

Les verts ont remporté Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Marseille, Besançon et bien d’autres villes.

Avec les Verts le reste de la gauche reprend aussi des couleurs, PS et PC maintenant globalement leurs positions et les améliorant. La droite LR efface son score cataclysmique des élections européennes et se reprend à espérer. Même le rassemblement national qui décroche Perpignan engrange quelques succès.

Mais s’il faut chercher un grand vainqueur de ces élections c’est malheureusement l’abstention qui frôle les 60 %, ce qui devient un chiffre vraiment insupportable.

Les perdants quant à eux ne sont pas à chercher bien loin. La République en Marche a été dans ces élections une formidable machine à perdre, son investiture suffisant parfois à faire perdre des maires sortants ou à empêcher de gagner des équipes prometteuses.

Dans certaines villes où La République en Marche s’est alliée à la droite, les électorats n’ont pas suivi et l’addition électorale se transformait en soustraction.

La France Insoumise est l’autre perdant politique de la séquence.

Les résultats du premier tour ont été sensiblement corrigés. On glosait sur la fameuse prime au sortant et voici que le dégagisme a fait son apparition au second tour, balayant les équipes de Gérard Collomb ou les successeurs de Jean-Claude Gaudin à Marseille.

Même Martine Aubry a failli être emportée par la vague verte qui n’épargne personne sauf bien sûr Anne Hidalgo à Paris.

Les électeurs, même peu nombreux, ont donc voulu adresser un message clair de sanction du pouvoir macroniste et de confiance pour Europe Ecologie les Verts.

EELV  va donc devoir se confronter au pouvoir local et là c’est une autre histoire qui commence. Des pistes cyclables bien sûr ça fera consensus, mais en ira-t-il de même pour toutes les autres promesses faites par ce parti ?

Que penser de la promesse de faire de telle ou telle métropole un territoire zéro chômeur ou encore de bannir tous les véhicules diesels dans les agglomérations ?

Il reste que le seul maire vert de grande ville issu des élections municipales de 2014 vient d’être réélu à Grenoble malgré une délinquance en hausse et les polémiques sur le burkini.

Au final ce qui va compter c’est le fait de savoir si les nouvelles équipes sauront s’adapter aux réalités du terrain et aux attentes des citoyens. Sauront-elles adapter leur idéologie aux nécessités du pouvoir local? Nous ne tarderons pas à le savoir car l’attente de renouveau est aussi forte que la puissance de la vague. Ne pas décevoir c’est parfois le plus dur en politique.

Bon vent et pas seulement éolien donc à Jeanne Barséghian, nouvelle maire de Strasbourg, élue ce 28 juin . Il lui faudra beaucoup d’habileté et de doigté pour convaincre par exemple les euro-députés verts de voter en faveur de Strasbourg pour le Parlement européen et d’oeuvrer pour le maintien d’un aéroport international sans lequel Strasbourg serait reléguée, mais ça, c’est une autre histoire.

Raphaël Nisand

Raphaël Nisand est Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca 

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