Moissac: “Respiration”, un tournage dans la ville des Justes

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Nathan Sergent et les enfants moissagais, à l’approche du Moulin de Moissac./ Photo DDM Christian Laguille

“Respiration” : ils ont tourné à Moissac, ville des Justes

Publié le , mis à jour

 

Bravant la chaleur, une troupe d’enfants se masse devant la façade trapue d’une maison en contrebas du pont Napoléon, rive droite du Tarn.

Les enfants accompagnent un jeune adulte, Nathan, au départ de la porte de la maison.

Le gai cortège se met en marche à travers le square Demeurs, jusqu’au Moulin de Moissac, avec passage sur les balcons de l’établissement, avant de s’abandonner aux jeux intemporels de l’enfance, à l’ombre des platanes de l’esplanade de l’Uvarium.

On imagine alors, en surimpression, des scènes venues d’un autre âge, pas si lointain, sept décennies en amont…

L’association «Moissac, ville des justes oubliée», a exhumé un épisode phare dans la vie de la cité : l’accueil de plusieurs centaines d’enfants juifs entre 1939 et 1943 par les Éclaireurs israélites de France (EIF) sous la responsabilité de Bouli et Shatta Simon, puis la dispersion des enfants dans les campagnes.

Les Moissagais, par leur silence, ont été exemplaires, ce qui a valu à la ville d’être reconnue Ville des Justes.

Cette maison trapue était celle des enfants juifs, et le moulin a accueilli les EIF de la Libération jusqu’au début des années 50.

Ce passé longtemps oublié va donner lieu à un film documentaire, «Respiration», avec La Petite Boîte de Prod, prévu pour le printemps 2020. En ce chaud samedi de juillet, les réalisateurs Estelle Hemmami et Jean-Luc Becquaert ont convié Nathan Sergent, arrière-petit-fils de Bouli et Shatta Simon et petit-fils de Jean-Claude Simon, président de l’association «Moissac, ville des justes oubliée», entouré d’enfants moissagais pour tourner quelques rushes qui seront insérés au film.

«Respiration» sera le recueil de témoignages forts de ces enfants juifs, aujourd’hui seniors, pour une évocation profonde et émouvante de cette page de notre histoire contemporaine.

Rappelons que grâce à la bienveillance des Moissagais, les 500 enfants israélites passés par la maison des enfants juifs ont survécu et ont pu se construire un futur.

Certains sont même devenus célèbres, comme Marcel Mengel (le mime Marceau), Jean-Claude Grumberg ou encore Serge Klarsfeld.

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