On pense souvent que l’opéra se limite à un certain nombre de connaisseurs et, faute de s’y connaître un peu, on ne se rend jamais à l’opéra. Israël a tenté de faire changer les choses, non pas seulement en offrant des places de théâtre ou d’opéras aux salariés de grandes entreprises publiques ou privées, mais en créant chaque année au mois de juin un opéra immense tout en étant accessible, véritable voyage à l’intérieur du monde de l’opéra et surtout du grandiose.
Car l’opéra a la particularité de se dérouler dans le décor somptueux de la montagne de Massada. Avec des places de 150 à plus de 400 dollars que pourtant tout le monde s’arrache, l’opéra de Massada est un des plus grands événements culturels de l’année en Israël.
Après Aïda de Verdi en 2011, sous l’orchestration de l’Israélien Daniel Oren, c’est cette année Carmen, de Prosper Mérimée qui se joue depuis le 7 juin en cette année 2012 à nouveau sous la conduite de Daniel Oren.
Mais l’opéra de Massada n’est as qu’un opéra, c’est tout un voyage. Au départ des grandes villes d’Israël des milliers de personnes rejoignent Massada pour cinq représentations de Carmen. Des tours-opérateurs organisent également des séjours sur place et dans tout Israël pour les touristes étrangers qui se rendent spécialement en Israël pour ce qu’on appelle le Festival d’Opéra de Massada. Car les jours où Carmen ne se joue pas, d’autres artistes montent sur scène. Cette année, le 8 juin, le célèbre chanteur Idan Raichel qui a fait découvrir la musique de la communauté éthiopienne à tout le pays, emmène toute sa troupe pour un gigantesque concert qui comprendra de nombreux invités internationaux dans un décor majestueux.
L’an dernier, le festival d’opéra de Massada avait accueilli, en plus d’Aïda, un concert exceptionnel donné par Andrea Bocelli, le Ténor aveugle à la renommée mondiale, accompagné de Paula Sangotti avec qui il chanta Time to say Goodbye. L’an prochain, Daniel Oren accueillera Tarandot à Massadan un grand opéra qui raconte, comment, dans la cité interdite de Pékin, la princesse Turandot envoie à la potence chaque prince qui n’est pas en mesure de répondre correctement à ses trois énigmes.
Massada n’est plus seulement le nom de la montagne qui incarne la résistance juive face à l’envahisseur romain en 70 de notre ère, celui des Juifs chassés de Jérusalem qui se retranchaient pour échapper aux soldats de l’Empire, c’est aussi aujourd’hui le nom du plus grand et plus bel opéra du Moyen-Orient.
Misha UZAN – Jforum Israël
Pour ceux qui voudraient prendre leur billet, voir ici : Article original
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Si c’est bien l’œuvre de Mérimée qui a inspiré le livret, c’est Bizet qui a écrit la musique. Ça va mieux en le disant.