Le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane est conforté. Son parti islamiste, le PJD dont il est secrétaire général, est le principal bénéficiaire des élections locales de vendredi dernier au Maroc. Il s’impose au niveau régional et prend la 3e place des communales, selon des chiffres officiels donnés samedi.

La participation à ce double scrutin local plafonne à 53,6% selon un chiffre officiel, soit une très légère progression par rapport aux élections communales et régionales de 2009 (52,4%).

Après le dépouillement de la totalité des bulletins de ce double scrutin, le parti Justice et Développement (PJD) de Benkirane a remporté 174 sièges sur 678 dans les conseils régionaux (25,6%). Il est suivi de son grand rival du parti Authenticité et modernité (PAM/libéral, opposition) avec 132 sièges (19,4%), a indiqué le ministère de l’Intérieur. Le parti de l’Istiqlal (PI/conservateur, opposition) suit avec 119 sièges (17,5%), selon ces résultats encore provisoires.

Alors que les Marocains élisaient pour la première fois leurs conseillers régionaux au suffrage universel direct, le PJD est arrivé en tête dans cinq des 12 régions du pays, dont celles de Casablanca, de Rabat et de Fès, Agadir et Marrakech, parmi les plus peuplées.

Le numéro 2 du PAM, Ilyas el-Omari, a toutefois assuré que son parti et les autres formations de l’opposition, dont le PI, parviendraient à diriger, grâce au jeu des alliances, «huit régions sur douze, contre seulement quatre au PJD».

Au niveau des communes où 31.503 sièges étaient à pourvoir, le PAM est en revanche arrivé en tête avec 21,1% (6.655 sièges), suivi du PI (16,2%, 5.106). Le PJD est lui arrivé en troisième position (15,9%, 5.021).

Le numéro 2 du PAM a accusé le PJD d’avoir «une interprétation spéciale de l’islam» : «Ils sont un Etat dans l’Etat, ils travaillent dans l’ombre et leur projet ne se limite pas au Maroc mais s’étend partout».  «La réaction des partis d’opposition m’a fait pitié», a répliqué M. Benkirane. «Il faut dire les choses clairement: ils ont été battus et, à mon sens, leur chef respectif aurait dû démissionner.» «Arrêtez de tromper les gens en disant que le PAM est un grand parti, c’est un ramassis de gens», a ajouté le Premier ministre, qui n’avait pas mâché ses mots envers cette formation rivale lors de la campagne électorale. «Aujourd’hui, on est convaincu que le parti de l’argent (ndlr, le PAM selon lui) est en train de s’affaiblir (…).»

Les élections de vendredi devaient donner un aperçu du climat politique dans le royaume, quatre ans après le mouvement de contestation populaire né dans le contexte du Printemps arabe, qui avait amené le roi Mohammed VI à faire adopter une nouvelle Constitution. En s’imposant ainsi, le parti islamiste marocain, dont la campagne a été menée tambour battant par le Premier ministre Benkirane lui-même notamment dans un meeting dans la ville bourgeoise de Fes ainsi qu’à Agadir où il avait dénoncé la corruption, l’argent de la drogue en accusant son principal opposant (le chef du PAM), enregistre un bon résultat. Et Benkirane s’en sort bien. D’autant plus que ce scrutin s’est déroulé dans un contexte particulier marqué par une série de débats très vifs, notamment lors du Ramadan (mi juin-mi-juillet) autour des questions de mœurs et de libertés individuelles.

Fin 2011, le PJD, jusque-là cantonné dans l’opposition, avait engrangé une victoire historique aux législatives. Son chef, Abdelilah Benkirane, remettra son mandat de chef du gouvernement en jeu aux législatives de l’an prochain.

Le Parisien

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