Rejoindre Éric Zemmour ou pas… les confidences de Marion Maréchal.

EXCLUSIF. L’ancienne députée FN hésite encore entre soutenir le candidat de Reconquête et rester à l’écart de la présidentielle. Un «vrai choix de vie» qu’elle détaille pour Le Parisien. Elle rendra sa décision d’ici un mois.

Difficile de parler avec un responsable du RN ou de Reconquête ces derniers temps sans qu’un nom revienne sur la table : celui de Marion Maréchal. Que va faire l’ancienne députée (FN) du Vaucluse dans le match auquel se livrent sa tante Marine Le Pen et Éric Zemmour ? Infos et intox vont bon train à ce sujet. Pour la femme de 32 ans, la question se pose en ces termes : rejoindra-t-elle la campagne de l’ancien journaliste de CNews, dont elle partage largement la vision conservatrice et identitaire, ou restera-t-elle à l’écart de la compétition en ne se prononçant pas ? « Je réfléchis, aucune décision n’est prise », confie au Parisien celle qui est résolue à se décider d’ici un mois.

Le choix est cornélien, car la directrice de l’Issep, son école de sciences politiques lyonnaise, n’a « pas envie de recréer des fractures familiales ». Et sait qu’un soutien à Éric Zemmour redéchirerait inévitablement et violemment le clan familial. Mais elle reconnaît aussi avoir des fourmis politiques dans les jambes. « Ça fait un an que la politique me titille », glisse-t-elle, même si elle assure que les quatre années précédentes, loin des arrière-cuisines électorales, lui « ont fait du bien ».

Un bébé pour les législatives

Ses interrogations sont d’autant plus fortes que, si elle se décidait à réseauter dans le grand bain politique, Marion Maréchal, enceinte de quatre mois, ne le ferait pas à moitié. « Si je soutiens Éric, ce n’est pas juste pour passer une tête et dire coucou : ça veut dire revenir en politique et donc quitter l’Issep. C’est un vrai choix de vie, une décision lourde », confie celle dont le terme de la grossesse coïncide avec le second tour des législatives. Au cas où, elle réfléchit à une « éventuelle » succession à la tête de l’Issep : « Je l’ai toujours vécu comme un projet qui devait me survivre. »

La tentation politique est bien là, d’autant que Marion Maréchal n’a jamais cessé d’échanger avec « Éric », comme elle l’appelle. Elle trouve qu’il « a fait beaucoup de progrès dans la posture, le ton, la gravité » depuis qu’il s’est lancé dans la campagne. Pour autant, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, qui tient jalousement à sa liberté de parole, ne vibre pas à l’idée de rejoindre une structure partisane : « J’ai connu sept ans de discipline de parti que j’ai mal vécu, même si je ne regrette rien. Mon naturel n’est pas de réciter des éléments de langage. »

Une chose est acquise : elle ne se prononcera pas en faveur de sa tante Marine Le Pen. Ce qu’elle perçoit comme des allers-retours idéologiques et programmatiques incessants, notamment sur le mariage pour tous ou la cour européenne des droits de l’homme, lui posent un vrai problème. Même si elle se réjouit de certaines évolutions, comme l’abandon du Frexit, elle les interprète comme une confirmation d’un manque de cohérence et de vision.

Mercredi, en marge de ses vœux à la presse, Marine Le Pen a rappelé que sa nièce avait dit par le passé qu’elle se prononcerait pour le mieux placé des deux candidats. « Ça devrait écarter l’hypothèse d’un ralliement à Zemmour », en concluait-elle. « J’avais dit que j’étais pour l’union derrière le mieux placé. Mais on voit bien qu’on ne prend pas le chemin de l’union… Et je ne sais pas qui est le mieux placé. La campagne est encore longue. Éric Zemmour a une marge de progression plus grande chez les classes populaires et les abstentionnistes que Marine Le Pen auprès des classes supérieures. Il est difficile de se défaire d’une image en politique », précise Marion Maréchal.

« Certains conditionnent leur départ du RN au mien »

Sous pression ? « Beaucoup de gens au RN essaient de savoir ce que je vais faire. Certains conditionnent leur départ au mien », raconte-t-elle. Si elle reçoit « deux mails par jour » d’inconnus pour l’inciter à rejoindre Zemmour, elle assure en revanche que son entourage n’est pas aussi zemmouriste qu’on pourrait le croire et se diviserait, lui aussi, entre partisans de Zemmour et ceux qui lui conseillent de ne pas s’engager dans la bataille.

Elle-même formule quelques désaccords avec le candidat de Reconquête : elle n’est pas d’accord ni avec sa proposition d’obliger à donner des « prénoms français » ni avec l’interdiction des signes religieux dans l’espace public. Elle regrette également la faible importance des questions bioéthiques dans son projet et dans ses interventions. Elle n’a pas non plus aimé la séquence de novembre, quand l’ancien polémiste avait lâché sèchement sur Marine Le Pen : « Elle, c’est les chats. Moi, c’est les livres ». « Même si je viens [chez Zemmour], ce ne sera pas plié. Dire qu’on passera de l’ombre à la lumière, c’est survendre le truc », met-elle en garde, consciente des attentes peut-être trop fortes que certains font peser sur ses épaules. Il lui reste un mois pour décider.

Le PARISIEN

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