La conférence économique de Manama ou développer l’économie palestinienne plutôt que de dépendre de l’aide internationale. Hagay Sobol
Les dirigeants palestiniens ont boycotté la conférence de Bahreïn, le volet économique du plan américain visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.
Paradoxalement, ils exhortent les donateurs à poursuivre leur soutien financier après l’arrêt du versement des USA à l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.
Cette attitude ne risque-t-elle pas de marginaliser plus encore la cause palestinienne, alors que tous les regards sont tournés vers le détroit d’Ormuz où transite un tiers du brut mondial menacé par les tensions entre les Etats Unis et la République islamique d’Iran ?
Un grand succès ou un effet d’annonce ?
La conférence de Bahreïn, malgré l’absence des responsables palestiniens, est un succès. Les « pays arabes sunnites modérés » étaient au rendez-vous, ceux ayant signé un accord de paix avec Israël comme l’Egypte et la Jordanie ainsi que les habituels bailleurs de fond de l’AP, les monarchies pétrolières du golfe.
Au grand dam de Ramallah, des chefs d’entreprise palestiniens ont également fait le déplacement. Mais surtout, Christine Lagarde, directrice Générale du FMI (Fond Monétaire international), lors de sa prise de parole, a souligné l’urgence d’un projet économique et salué le plan proposé par le conseiller de la Maison-Blanche, Jared Kushner : « s’il y a un plan économique et s’il y a urgence, il faut s’assurer que l’élan soit maintenu ».
En se focalisant sur l’aspect économique d’abord, les USA et le Bahreïn ont évité les pièges politiques habituels et le statu quo qui prévaut prenant en otage la population palestinienne.
Dans ce contexte, le boycott des représentants palestiniens parait en complet décalage avec la réalité alors qu’ils sont en recherche d’1,2 milliards de dollars pour renflouer les caisses de l’URNWA (Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens) après le retrait américains.
Développer l’économie palestinienne plutôt que de dépendre de l’aide internationale
Le pari de Jared Kushner et Jason Greenblatt, les promoteurs du projet, est de mettre en place un « plan Marshall » afin de doter la Cisjordanie et Gaza d’infrastructures et d’institutions indispensables au service de la population palestinienne.
L’objectif est ambitieux, il s’agit de « lever plus de 50 milliards de dollars et de créer un millions d’emplois en 10 ans ». Cette dynamique en produisant de la richesse réduirait la dépendance à l’aide internationale, préalable indispensable à tout Etat viable. Lire la suite
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