Le Minihic-sur-Rance. Nora Bisele : la culture yiddish à portée de chants
Le groupe de musique Nora Bisele espère transmettre la culture yiddish à travers ses chants. Trois questions à Raphaële Merdrignac qui compose ce groupe avec Elsa Signorile.
Ouest-FrancePublié le
La gaîté existe dans ces chants traditionnels qui se transmettent depuis des siècles. Comme dans toute culture ancienne, il y est question d’amour, de fêtes, de nostalgie, de révoltes, d’amitié, de travaux, d’espoirs… Depuis quelque mille ans, avec un XVI siècle particulièrement florissant en littérature, cette culture s’exprimait en yiddish, langue profane distincte de l’hébreu, langue dite sacrée. Onze millions de personnes parlaient yiddish à la veille de 39-45, à travers toute l’Europe, principalement Centrale et de l’Est, mais aussi de la France à la Russie. Et si l’Histoire a alors pesé de tout son poids de malheur sur les Juifs, la culture yiddish se transmet : le yiddish est reconnu langue de France, quelque 80 000 personnes l’utilisent comme langue vernaculaire, 150 000 comme langue maternelle. Et la musique klezmer a beaucoup fait pour cette culture.
Vous êtes toutes deux musiciennes klezmer, souhaitez-vous transmettre votre culture ?
Nora Bisele, le nom de notre duo, vient de cela. Spécialement de la grand-mère d’Elsa qui répondait toujours à l’enfant qui demandait davantage d’histoire pour s’endormir : Nokh a bisele ? L’enfant a traduit cette phrase en Nora, une enfant inconnue qui se nommerait Bisel. Nous voulons transmettre à notre tour en faisant découvrir la culture yiddish dans toutes ses dimensions de vie.
Vous insistez aussi beaucoup sur les passerelles entre les cultures. Pourquoi ?
Question de transmission et de partage ! Nous n’avons pas les mêmes grands-mères et les mêmes héritages, qui ont contribué à faire ce que nous sommes. Il faut transmettre, et partager. Façon d’éviter les montées et replis identitaires toujours dangereux. Nora Bisele, c’est ainsi une passerelle permanente, à travers les chants, entre les cultures yiddishs et françaises et du monde. On commence en yiddish, on poursuit en français, et inversement. En humanité.
Mercredi 26 août 2020, 18 h. Concert de Saint-Buc, dans l’enclos de la chapelle ou dans la salle de Dieuleveult, selon la météo.
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