Israël n’acceptera aucun changement à l’annexe militaire des Accords de Camp David avec l’Egypte en 1979, a déclaré en substance Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères, à la radio ce dimanche. Le ministre s’est prononcé en réaction aux rapports récents qui suggèrent que le gouvernement égyptien avait l’intention de réexaminer l’annexe militaire du traité de paix israélo-égyptien en pleine détérioration de la sécurité dans le Sinaï.En effet, au cours du week-end, Al-Dawla, un conseiller de Mohammed Morsi, cité par une agence turque et repris par les médias égyptiens, aurait déclaré que le président égyptien devait demander des modifications à l’annexe militaire du traité de paix dans les prochains jours car elle serait, selon lui, « incompatible avec la Constitution égyptienne, qui stipule que les forces armées égyptiennes ont le droit de défendre la souveraineté de l’Etat ». Il aurait ajouté : « En raison des limites militaires qui nous sont imposées en vertu du traité »>Article original, la péninsule du Sinaï est devenue un terrain fertile pour les terroristes et les réseaux d’espionnage, et au moins 30% de la péninsule du Sinaï est dépourvue de toute présence de la sécurité égyptienne. Cela n’a pas de sens que cet accord de paix qui a duré 30 ans ne comprenne pas de changements. Le nouveau régime égyptien ne peut pas continuer comme ça. »
Mais pour Lieberman, il ne s’agit pas de disposer de plus de troupes égyptiennes dans le Sinaï, mais d’un manque de volonté de la part du gouvernement égyptien de lutter contre les terroristes dans la péninsule.
Après le raid d’août dans la zone du terminal de Kerem Shalom, où les islamistes ont tué 17 policiers égyptiens, Le Caire a lancé une vaste campagne visant à éliminer l’infrastructure terroriste dans le Sinaï. Toutefois, selon des responsables israéliens, elle aurait peu d’effet jusqu’à présent, des rapports israéliens indiquant des affrontements quasi-quotidiens entre les forces égyptiennes et les cellules militantes dans le Sinaï, mais dans la plupart des cas, initiés par les terroristes.
Autrefois pacifique, la frontière israélo-égyptienne est en train de devenir la plus dangereuse de toutes pour l’armée israélienne. La situation pèse non seulement sur les relations entre Israël et la bande de Gaza, mais aussi entre Jérusalem et Le Caire.
Vendredi, une attaque meurtrière a eu raison du caporal israélien Netanel Yahalomi. Il s’agissait du troisième incident majeur dans la région en quelques mois, après un civil tué par balles dans une attaque transfrontalière en juin, et l’attaque de début août contre un poste de police dans le Sinaï avant de violer la frontière israélienne au terminal de Kerem Shalom.
Cette fois-ci, trois terroristes prévoyaient d’attaquer les ouvriers du bâtiment de la clôture frontalière et les soldats de Tsahal qui les protègent. Ils ont été tués dans leur attaque, grâce à l’intervention rapide de l’artillerie israélienne et des unités d’infanterie. Mais le fait que la clôture de protection soit encore incomplète facilite l’infiltration par la frontière. Et paradoxalement, les travailleurs qui la construisent, attirent les terroristes.
On peut s’attendre toutefois à ce que les attentats ou tentatives d’attentats diminuent lorsque la barrière frontalière sera terminée. La dernière section, près d’Eilat, devrait être achevée au début de l’année prochaine. Néanmoins, aucune frontière n’est impénétrable, et aucune ne saurait protéger des roquettes Katioucha. Il faudra donc pour cela, compter aussi sur le dôme de fer, en cours d’installation à Eilat.
Mais Israël se heurte également à une véritable difficulté en matière de renseignement : en effet, avant le renversement de Moubarak, le Sinaï n’était pas la priorité des agents israéliens. A présent, des ressources supplémentaires ont été mises en place, mais la construction d’un système crédible de collecte d’informations de réseau est un processus long, surtout lorsque les cibles de renseignement sont de petites cellules pratiquement impénétrables d’extrémistes musulmans.

Depuis l’attaque coordonnée d’août 2011, au cours de laquelle huit Israéliens ont été tués près d’Ein Netafim, l’armée israélienne a élargi la sécurité le long de la frontière égyptienne et y a intensifié ses déploiements. À la lumière de la récente augmentation des tentatives d’attaques, l’armée va probablement envoyer des renforts supplémentaires et des unités d’élite. Si le Liban et la bande de Gaza sont considérés comme plus sensibles en raison de leur proximité avec de fortes populations civiles, en termes d’intensité la frontière égyptienne est actuellement la plus chaude.
Aujourd’hui, les alertes sur les attaques lancées depuis le Sinaï sont quotidiennes. Le Sinaï est devenu une zone d’instabilité inquiétante et Israël ne croit pas vraiment à la sincérité du gouvernement égyptien dans sa volonté de vouloir mettre fin au terrorisme anti-israélien dans le Sinaï.
Misha Uzan / JForum Correspondant spécial en Israël
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