LE COMBAT EUROPÉEN POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Mardi 17 octobre 2019 Dov ZERAH Newsletter N°203
Après deux semaines de débats, la XXVème conférence des Nations-Unies sur le climat, la COP XXV n’a enregistré aucun progrès. Face à l’urgence climatique, la gouvernance mondiale est complètement défaillante et n’est pas à la hauteur des enjeux planétaires : déforestation en Amérique latine, avancée du désert en Afrique sub-saharienne, fonte irréversible des glaciers, élévation du niveau des océans, disparition de certains États insulaires…
Nonobstant les commentaires ou critiques des climato-sceptiques, aucune information digne de foi n’est venue infirmée le cercle vicieux du dérèglement climatique. Il n’est pas très encourageant que seuls 80 pays sur 196 ont montré une disponibilité à faire appliquer les Accords de Paris.
La COP XXV s’est terminée le 15 décembre à Madrid sur un constat d’échec, attendons la COP XXVI qui se réunira à Glasgow l’année prochaine…ou une nouvelle catastrophe… !
Dans cette situation préoccupante, angoissante, l’Europe est seule à prendre le sujet au sérieux.
A cet égard, deux informations importantes, très importantes ont été peu reprises par les médias nationaux :
  1. La transformation de la Banque européenne d’investissement (BEI) en banque du climat, décidée au cours de son conseil d’administration du 14 novembre. Cela signifie de :
  • cesser de financer tout projet d’énergie fossile d’ici fin 2020
  • porter à 50 % la part des projets destinés à enrayer le dérèglement climatique contre 25 % actuellement
  • mobiliser 1.000 M€ pour la transition énergétique de l’Union européenne (UE).
Rappelons que la BEI a été créée en 1957 par le Traité de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE). Les États-membres de l’UE sont les seuls actionnaires d’un capital de près de 250 Md€. Avec un encours de près de 500 Md€ de prêts, elle accorde plus de 60 Md€ de concours par an.
Cela fait longtemps que la BEI ne finance plus les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole, mais le sujet du gaz est beaucoup plus sensible compte tenu du nombre élevé de pays-membres qui utilisent cette énergie. La BEI participe au financement du gazoduc Trans Adriatique Pipeline (TAP) qui relie l’Azerbaïdjan au sud de l’Italie en passant par la péninsule hellénique.
La recherche de la neutralité carbone passe par le soutien à l’isolation des bâtiments, la construction d’infrastructures de transport collectif, les véhicules bas carbone, les énergies renouvelables…., un enjeu annuel de plus de 40 Md€ pour la France. Financer la transition énergétique impose d’arrêter également tout soutien financier à certaines activités préjudiciables à une économie résiliente aux changements climatiques.
Après le Plan d’investissement pour l’Europe (PIE) de 500 Md€, également dénommé Plan Juncker, lancé il y a 5 ans, c’est un nouveau défi pour cette institution basée à Luxembourg.
Notons et saluons que la France a été à l’origine des deux initiatives, le PIE et la transformation de la BEI en banque du climat !
  1. « L’European green deal » constitue désormais un des axes stratégiques pour faire de l’Europe le premier continent à atteindre la neutralité carbone, ce qui exige des investissements de grande ampleur, le développement d’une véritable politique européenne de l’énergie.
La nouvelle présidente de la Commission européenne, l’allemande Ursula von der Leyen (UVDL) souhaite diminuer de 50 %, et non plus de 40 % les rejets de CO² en 2030 par rapport à 1990, et atteindre la neutralité carbone en 2050.
Cela exige une politique d’investissements massifs et la reconversion de certains territoires. Or, les investissements européens visant à atténuer les changements climatiques ne représentent aujourd’hui que 1,3% du PIB. UVDL considère que ce « pacte pour investir », ces investissements se feront dans la recherche, l’innovation, les nouvelles technologies, et permettront de soutenir une croissance durable plus solide. Quels que soient l’importance des montants en jeu, ils pourront se faire dans le cadre du « pacte de croissance et de stabilité » dont elle réaffirme la nécessité de le respecter.
Tout cela ne sera possible que si l’économie est orientée vers la croissance de manière durable
Une fois n’est pas coutume. Même si certains, comme les industriels allemands critiquent cette orientation fondamentale au motif qu’elle les pénalise avec trop de contraintes, l’Europe montre l’exemple et investit pour son avenir, pour sa future compétitivité. Cela lui permettra peut-être de retrouver des avantages comparatifs par rapport à ses deux principaux concurrents, la Chine et les États-Unis. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme qui mérite d’être saluée !
Dov ZERAH

1 COMMENTAIRE

  1. Encore faudrait-t-il piloter ceci de manière intelligente…! Très peu de politiciens intelligents en Europe… L’interdiction des Véhicules diesel les plus anciens (Cf pollution) et qui ont encore du potentiel, une hérésie, dans beaucoup de villes… résultat… deux véhicules en circulations… l’ancien , soit en Afrique, soit ailleurs où l’on est moins regardant (Les véhicules retirés de circulation en Belgique roulent… en France!). Comme si la pollution ne se déplaçait pas avec les vents… Au lieu de laisser mourir ces véhicules de leur mort « naturelle » et être plus strict sur les normes des nouveaux… Avec pour autre corollaire une paupérisation de la société, des gens n’ayant pas les moyens devant brader leurs anciens véhicules (quasi invendable – localement – malgré le potentiel restant) pour tenter de pouvoir le remplacer par un plus récent dont les prix s’envolent… Quant au véhicule électrique … mis à part sa « propreté » lors de son utilisation… quelle catastrophe écologique! Pollution catastrophique dans l’exploitation des terres rares, quid du recyclage ultérieur des batteries (elles aussi vont aller s’entasser en Afrique, en Asie??)… Ceci sans parler, du bilan environnemental négatif dû aux Véhicules partant en fumée (+ gaz extrêmement toxiques des batteries en feu!) en augmentation constante, vu l’augmentation du parc en circulation… Les surfaces agricoles inexploitables (ce qui engendrera des coûts aussi) vu le dimensionnement nécessaire à réserver pour la production d’énergies renouvelables si l’on veut, dans le futur, pouvoir alimenter le parc automobile… ( + la fabrication de millions de km de câbles avec… ses impactes négatifs). Malheureusement… urgent d’attendre dans certains domaines que la technologie ai progressé (en cours)… Cf Veh, pour les grands constructeurs, c’est l’hydrogène (veh déjà en circulation!) la voie du futur -reste le problème de la fabrication de l’H… encore cher -, l’électrique n’étant qu’une transition ou pour un usage « de niche »… OK mais en attendant… l’électrique… faute d’investir dans les centrales nucléaires aura fait du dégât… Donc oui il faut travailler d’arrache pieds à trouver des remèdes mais ce, de manière intelligente, avec ds gens véritablement compétent, qui savent tirer un bilan final des diverses solutions envisagées et non sous la pression d’une certaine populace/masse populaire ralliée à/guidée, e.a., par une gamine et/ou des représentants écolo où l’on se demande ce qu’ils ont suivis comme études… vu le niveau de QI atteint par certains!

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