Week-end de protestations en Israël.
Mais de protestations ratées.
Des Israéliens protestataires ont tenté de relancer, comme l’an dernier, un mouvement contre la vie chère.
A Tel Aviv, des Israéliens sont descendus dans les rues vendredi matin, principalement sur le boulevard Rothschild.
On les estime à quelques dizaines ou centaines de personnes, mais il est difficile de savoir qui participait au mouvement, tant les rues à Tel Aviv, sont remplies de monde le vendredi midi.
Ces manifestants entendaient remettre en place les tentes qui ont fait le succès des protestations sociales de 2011.
Il y a quelques semaines, une manifestation s’était soldée par un échec, ne réunissant que quelques centaines de personnes.
L’an dernier, le nombre de manifestants avait battu des records – plus de 400.000 manifestants dans le pays – et les organisateurs comptent bien recréer le même phénomène cette année.
Ils devront toutefois, comme l’an dernier, réussir à dépolitiser leur mouvement.
En 2011, alors qu’on craignait un débordement d’anarchistes et de gauchistes antisionistes, le peuple d’Israël tout entier s’était rassemblé.
Mais dès lors, les manifestations n’avaient plus rien de semblable aux protestations anti-gouvernementales.

Le peuple était descendu, avec ses exigences, contre la vie trop chère, et avec ses contradictions, mais tout en restant dans sa majorité favorable au gouvernement.
Les manifestations traditionnelles à la gauche communiste et socialisante, avaient été débordées … par des marches de droite.
Pour l’heure, en 2012 … on en est loin.
Des manifestations à Tel Aviv samedi soir ont débordé avec 85 arrestations et des manifestants qui s’en sont pris directement aux banques.
A Jérusalem et à Haïfa, dimanche soir, ils n’étaient respectivement que 300 et 150 environ à protester contre ce qu’ils jugent être un « Etat policier ».
A Tel Aviv, le mouvement des Tentes ne prend pas et vendredi, les quelques militants sont vite repartis chez eux.
Il faudra encore attendre le mois d’août pour déterminer ou non de l’échec du mouvement mais, déjà, une différence se fait clairement sentir entre les militants qui veulent s’en prendre au gouvernement et à des signes évidents de la finance, et les citoyens qui ne protestent que lorsqu’ils estiment que la vie chère a atteint ses limites.
Car, force est de constater qu’en un an, le gouvernement n’est pas resté les bras croisés à se tourner les pouces.
Si la vie reste chère, sans conteste, en Israël, des progrès ont néanmoins été accomplis.
Au début du mois, le Comité Kedmi – chargé d’examiner la concurrence et les prix en Israël – concluait que les prix alimentaires étaient plus élevés que jamais.
Mais son étude analysait les prix entre 2008 et 2010, de 10 à 20% plus élevés en Israël que dans les autres pays de l’OCDE.
Dénonçant un manque total de transparence dans la tarification des produits de consommation, et le duopole des deux plus grandes chaînes de supermarchés, Shufersal et Mega, qui contrôlent 64% du marché, le comité a toutefois recommandé un certain nombre de mesures pour s’attaquer au problème et favoriser la concurrence et la production de petites entreprises non liées aux grands groupes de l’agroalimentaire.
Ces recommandations ont été depuis, soumises à l’approbation du gouvernement.
Par ailleurs, il serait faux et malhonnête de prétendre que rien n’a changé depuis l’an dernier.
Les boycotts de l’an dernier ont porté leurs fruits, au moins en partie, et les prix de l’huile, du cottage ou des yaourts, ont repris des allures admissibles.
En outre, bien que la croissance cette année devrait être plus faible qu’en 2011, suite à la crise européenne, Israël a connu un certain nombre de réformes qui ont fait baisser les prix : l’ouverture du marché des Télécoms avec l’arrivée de Golan Telecom et Hot Mobile, à laquelle devrait suivre l’ouverture du marché pour la télévision, la baisse des prix du logement au dernier trimestre 2011 – l’une des principales raisons des manifestations de l’an dernier – , bien que relative et bien que les prix semblent ne pas pouvoir descendre plus bas, ou encore des mesures visant à restreindre les monopoles, en donnant un délai de quatre ans à quatre géants israéliens pour choisir entre sociétés financières et sociétés de produits, leur cumulation pouvant nuire à la concurrence.
Aussi, s’il est légitime de critiquer un gouvernement ou une politique, il n’est pas toujours facile de distinguer le populisme et la démagogie de la critique réaliste. La vie reste chère en Israël et tant les Israéliens que les étrangers le constatent, mais le niveau de vie augmente aussi.
En 2008, alors que l’économie israélienne était comparable aux économies européennes les plus faibles, le premier ministre Ehoud Olmert prévoyait qu’Israël, en dix ans, aurait atteint le niveau des pays du nord de l’Europe.
En 2012, quatre ans plus tard, on n’y est pas encore … mais tandis que les pays les plus faibles d’Europe s’écroulent, Israël, continue de monter.
Misha Uzan (Correspondant spécial) JForum
TAGS : Israel Economie Croissance Pouvoir d’Achat Golan Telecom
Hot Mobile Shufersal Mega OCDE Europe Manifestations Cartel
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Israël monte, amen ! mais j’espère dans le bon sens.
Les banques prospèrent, oui, mais sur le compte du peuple.
Le piège à c.. du système d’endettement à la consommation est ahurissant ! et vous appeler cela un pays qui monte.
Intellectuellement sans aucun doute, mais la vie au quotidien des Israéliens en bas de l’échelle est insoutenable.
Une personne qui perçoit le smig en France, tient le coup, car il y a des aides sociales, mais en Israël il n’y a pas d’aide sociale financièrement et les loyers sont aussi chers, alors comment faire ?
L’encouragement du travail au noir ! quelle réussite !
C’est le prix à payer pour vivre en Terre Sainte, se faire bouffer par ses frères !