Inondations à Marseille : des rivières de déchets dans les rues… et jusqu’à la mer

Après une semaine de grève des éboueurs, les rues inondées de Marseille se sont transformées en rivières de déchets. Une catastrophe écologique qui complique le travail des secouristes et risque d’aggraver les inondations.

Alors qu’il est tombé près de deux mois de pluies en quelques heures à Marseille ce lundi, c’est à un second problème qu’est confrontée la municipalité : ses déchets, charriés par torrents. Une situation « catastrophique », pour de nombreux experts et personnalités politiques locales, qui déplorent une gestion approximative des déchets dans la cité phocéenne, amplifiée par une semaine de grève des éboueurs.

Plus de 650 agents de propretés sont présents sur le terrain depuis ce lundi matin afin de nettoyer les quartiers qui croulent sous les déchets. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a demandé à la métropole Aix-Marseille-Provence, gestionnaire de la collecte des déchets, « de prendre de toute urgence, toutes les mesures pour le ramassage des ordures qui obstruent les évacuations d’eau, aggravent le phénomène d’inondation et compliquent l’intervention des secours ». Car là est tout l’enjeu : éviter une catastrophe écologique, tout en facilitant le travail des secours et en prévenant des dégâts encore plus importants.

« Cet écocide pouvait être évité »

« D’habitude, avant les intempéries, par prévention, on nettoie les avaloirs (les bouches d’égout). Mais là, avec la crise des poubelles, c’est peine perdue. Un fort mistral est attendu et va maintenant pousser sur les plages ces déchets qui sont en train de descendre vers la mer », déplore la biologiste Isabelle Poitou, directrice de l’association MerTerre, interrogée par l’AFP. Depuis ce lundi matin, la SNSM aurait ainsi récupéré une trentaine de bombonnes de gaz, assure sur Twitter Hervé Menchon, adjoint au maire de la ville en charge de la biodiversité marine, qui juge que « cet écocide pouvait en grande partie être évité ».

En dehors de l’hypercentre, qui ne représente que 20 % du territoire, les réseaux pluviaux ne sont pas raccordés aux stations d’épuration. Les eaux de pluie ne sont donc pas traitées avant d’être relâchées. « Les déchets partent donc directement à la mer. Les seuls traitements sont effectués par des dégrilleurs, mais plus le débit d’eau est important, moins les barreaux des grilles sont resserrés. La priorité est en effet de laisser passer l’eau pour éviter les inondations. Et quand il pleut comme ça, ils sont obligés de tout laisser partir ! », regrette Isabelle Poitou.

Le nettoyage des avaloirs privilégié

« Les discussions entre les groupes syndicaux et la métropole ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel : nous sommes tous responsables de nos mers et nos océans ! », a estimé la ministre de la Mer Annick Girardin sur Twitter, en référence à la grève des éboueurs. Ces derniers s’opposaient à l’harmonisation du temps de travail de tous les agents de la Métropole et voulaient obtenir de celle-ci qu’elle se conforme à la loi de transformation de la fonction publique de 2019, qui impose l’application des 35 heures au 1er janvier 2022.

Le conflit avait finalement pris fin le 1er octobre et les éboueurs avaient eux aussi repris leurs tournées durant le week-end. Mais leurs passages n’ont pas permis d’évacuer la totalité des déchets en ville avant les pluies torrentielles de ce lundi.

Alors que Météo France a maintenu l’alerte rouge pluie inondation jusqu’à 18 heures à Marseille, la Métropole a décidé d’interrompre les missions de ramassage des encombrants et de propreté, afin de privilégier le nettoyage des avaloirs et permettre une bonne évacuation des eaux de pluies.

Par Tom Hollmann Le 4 octobre 2021 à 22h55

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