© Welayat Raqa Source: AFP
Après une série d’attentats sanglants depuis 2015, Loïc Garnier fait le point sur la problématique du terrorisme, toujours bien présente en France, pays qui serait le plus important contributeur européen à Daesh.

Au total, 700 Français sont engagés sous la bannière de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, sur les 12 000 volontaires étrangers au Moyen Orient, estime Loïc Garnier, chef de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

Parmi les 3 000 Européens se trouvant dans les rangs de l’organisation terroriste, et «même si la Belgique est la plus représentée au regard de sa population, la France reste le plus gros contributeur de l’Union européenne», déclare le responsable dans une interview publiée dans le journal Le Figaro du 18 janvier, ajoutant que 232 «compatriotes [étaient] présumés décédés».

En France, ils seraient «un millier de velléitaires» à manifester «la volonté de partir sans que l’on sache toujours si leur envie est réelle», ajoute-t-il.

200 djihadistes revenus sur le territoire national

Concernant les «revenants», c’est-à-dire ceux de retour des territoires en guerre, Loïc Garnier en décompte «un peu plus de 200 sur le territoire national», puisque certains sortent des «radars en prenant des routes improbables et trompent la vigilance des services de police».

Il est assez «marginal» que ces revenants, «qui sortent de l’enfer pour rejoindre le monde des vivants», négocient leur retour avec les autorités françaises, selon le chef de l’Uclat.

«Cela concerne surtout des jeunes femmes qui parviennent à appeler leur famille», explique-t-il, mais «l’idée de procéder à des exfiltrations ne serait ni sérieuse, ni réaliste».

Selon lui, «il reste dans les zones de combat quelque 290 femmes et 460 enfants français, dont un tiers nés sur place – donc âgés de moins de 4 ans – ainsi qu’une vingtaine de combattants».

Concernant les mineurs, Loïc Garnier explique que ces derniers ont perdu la notion du bien et du mal : «Les islamistes ont instillé dans leur esprit un tel degré d’ultra-violence que cela devient presque un handicap mental. Le fait de côtoyer des cadavres, d’assister à des scènes de décapitations a été banalisé.»

 «Des prises en charges psychiatriques seront nécessaires, tout comme des accueils dans des familles, la reconstitution d’un cocon où ils pourront à nouveau s’épanouir ainsi qu’une ré-acquisition de certaines valeurs», juge-t-il encore.

Alors que la menace terroriste reste élevée en France, frappée depuis janvier 2015 par une série d’attentats sans précédent qui ont fait 238 morts, le patron de l’Uclat estime une attaque à l’aide d’un drone «tout à fait envisageable, même si cela nécessite une technicité un peu plus poussée. Aucun scénario n’est exclu».

Dix-sept projets d’attentats ont été déjoués sur le territoire en 2016, selon le gouvernement. 

RT FRANCE

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