La profanation du cimetière juif de Carpentras, dans la nuit du 8 au 9 mai 1990, a marqué les mémoires. © Crédit photo : Archives AFP

Il y a 30 ans, la profanation du cimetière juif de Carpentras indigne la France

Par Cathy Lafon avec l'AFP  

La profanation du cimetière juif de Carpentras, dans la nuit du 8 au 9 mai 1990, reste l’un des actes antisémites les plus marquants de l’après-guerre en France. Il avait suscité une mobilisation historique, jusqu’au sommet de l’Etat.

Trente ans après, la profanation du cimetière juif de Carpentras reste un des actes antisémites les plus marquants de l’après-guerre en France : il avait suscité une mobilisation historique, jusqu’au sommet de l’Etat où la responsabilité de l’extrême droite avait été pointée du doigt.

Un cadavre exhumé et empalé

L’affaire, qui a marqué le deuxième septennat du président François Mitterrand, démarre dans la nuit du 8 au 9 mai 1990. Cinq néonazis âgés de moins de 25 ans, armés de pelles, pioches et pieds-de-biche saccagent 34 sépultures dans le carré juif du cimetière de cette cité du Vaucluse. Comble de l’horreur, le cadavre d’un homme, Félix Germon, 81 ans, décédé 15 jours plus tôt, a été exhumé, son linceul ouvert et son empalement simulé avec un pied de parasol.

 « Horreur et consternation »

Les jours suivants, la profanation fera la une des médias et de « Sud Ouest ». « Horreur et consternation », titre en page intérieure le 11 mai le journal, en se faisant l’écho de la vague unanime de réprobation et de condamnation qui soulève le pays et la région.

La une de Sud Ouest dimanche, le 13 mai 1990.
La une de Sud Ouest dimanche, le 13 mai 1990.  © Crédit photo : Archives Sud Ouest

L’onde de choc s’étend au pays tout entier

« Racisme, antisémitisme, xénophobie, intolérance et exclusion »

Dans la communauté juive de Carpentras, implantée dans la ville depuis au moins le XIIIe siècle, c’est la consternation et l’incompréhension : comment a-t-on pu s’en prendre à un des plus anciens cimetières israélites de France ? Partie de la cité du Vaucluse où les Juifs ont été protégés depuis le Moyen-Âge et pendant des siècles par la Papauté, et où se trouve la plus ancienne synagogue de France, l’onde de choc s’étend au pays tout entier. Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur, se rend sur place le jour même de la découverte des faits et parle de « racisme, antisémitisme, xénophobie, intolérance et exclusion ». Il met en cause les idées véhiculées par Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national (FN), devenu depuis le Rassemblement national (RN) dirigé par sa fille Marine.

Des personnes se recueillent le 13 mai 1990 à l’extérieur du cimetière juif de Carpentras profané dans la nuit du 8 au 9 mai.
Des personnes se recueillent le 13 mai 1990 à l’extérieur du cimetière juif de Carpentras profané dans la nuit du 8 au 9 mai.  © Crédit photo : Archives AFP

Les politiques de tous les autres bords condamnent, la société s’indigne. C’est le début d’une mobilisation qui fera date contre l’antisémitisme et culminera le 14 mai avec une manifestation à Paris rassemblant plus de 200.000 personnes, dont François Mitterrand.

Lire la suite https://www.sudouest.fr/2020/05/08/il-y-a-30-ans-la-profanation-du-cimetiere-juif-de-carpentras-indigne-la-france-7468452-10618.php

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