Profitant de la semaine du livre hébraïque, une sorte de foire du livre à ciel ouvert qui se déroule dans les principales villes de l’Etat hébreu, plus de 270 auteurs israéliens ont déclenché un mouvement de révolte inédit contre leurs éditeurs et contre leurs distributeurs qu’ils accusent de « mercantilisme outrancier ».Principalement visés, Steimatzky et de Tzomet, les deux géants de la distribution alliés aux trois groupes éditoriaux contrôlant 60 % du marché. «

Ces distributeurs disposent de leurs propres réseaux de librairies.

Ils multiplient les offres du genre « quatre livres au choix pour cent Shekels (20 euros)«, explique A-B Yehoshua.

A leurs yeux, un manuel de cuisine orientale a la même valeur qu’une œuvre littéraire ou qu’un conte philosophique.

Ils vendent des livres au kilo ».

« Les auteurs débutants ou peu connus connaissent une humiliation permanente, enchaîne Sammy Michaël.

La plupart d’entre eux ne gagnent d’ailleurs rien sur un livre. Ils doivent se contenter d’être édités en remerciant humblement ceux qui daignent leur signer un contrat entre deux portes ».

Pourtant, le marché du livre est florissant dans l’Etat hébreu où environ dix millions d’ouvrages – majoritairement des traductions et des ouvrages techniques –- sont écoulés chaque année.

Quand aux cinq à sept mille titres produits par des auteurs locaux, ils sont vendus à deux mille exemplaires en moyenne.

Une pétition pour un retrait immédiat

La révolte des écrivains couvait depuis plusieurs années mais personne ne s’attendait à ce qu’elle éclate aujourd’hui.

Ni à ce qu’elle prenne une tournure aussi déterminée.

effet, pour l’ouverture de la Semaine du livre, les signataires de la pétition ont exigé le retrait de leurs livres des étals et ont annulé les nombreuses séances de signature.

Quant aux plus motivés, ils ont menacé de brûler symboliquement quelques livres sur la place de Jérusalem.

Dans la foulée, Sifria hadacha (La nouvelle bibliothèque), un petit éditeur indépendant comptant David Grossman parmi ses auteurs, a annoncé qu’il ne signerait plus aucun contrat et qu’il ne publierait plus rien tant que le gouvernement ne prendrait pas des mesures « visant à sauver le secteur ».

Surprise, Limor Livnat (Likoud), la ministre de la Culture et des Sports qui n’avait jamais manifesté beaucoup d’intérêt pour ce secteur depuis son entrée en fonction en 2009, a réagi dans l’urgence.

En dépoussiérant un projet de loi élaboré par son prédécesseur qui interdit de vendre un livre sous son prix catalogue pendant une période de 18 mois après sa publication.

En outre, cette version israélienne de la « loi Lang » instaure un barème minimal des droits d’auteur auquel les éditeurs ne pourront déroger. Sauf surprise, elle sera adoptée par la Knesset d’ici à la fin de l’année.

Serge Dumont (Tel aviv)/ Le Soir Article original

Israël : L’humiliation des livres soldés pour les auteurs

Les auteurs israéliens donnent de la voix pour attirer l’attention sur l’industrie du livre dans le pays. Une véritable bataille les oppose aux deux grandes chaînes de librairies, qui, selon les écrivains, cassent les prix des livres, avec un impact immédiat sur les droits versés.

Actuellement en cours de discussion, une loi devrait sous peu être adoptée par le Parlement, d’autant plus que le groupe qui la défend a reçu le soutien de ministres du gouvernement et celui, direct, de Benjamin Netanyahou.

Nous l’évoquions dans un article la semaine passée : les auteurs réclament des droits d’auteurs de 8 %, pas moins, pour leurs ouvrages.

« Je pense que cette loi permettra au public israélien de bénéficier d’une littérature israélienne en hébreu, de qualité et diversifiée.

Cela n’est possible que si les écrivains et les poètes reçoivent une juste rémunération pour leur travail » a expliqué la ministre de la Culture et des Sports, Limor Livnat

Or, pour le peuple du livre, la culture littéraire compte également pour une très grande part. Avec 6302 nouveautés produites l’an passé, dans un pays qui compte moins de 8 millions de personnes, Israël dispose d’auteurs d’envergure internationale, comme Amoz Oz, régulièrement évoqué pour un Nobel de littérature, ou David Grossman, qui mériterait, lui, un Nobel de la Paix…

Cependant, les jeux de concurrences qui opposent les deux chaînes de librairies, Steimatzky et Tzomet, causent la ruine des sommes perçues par les auteurs.

Si les clients sont plutôt friands des remises qui cassent le prix de vente publique des oeuvres, les auteurs établis, contrairement aux jeunes qui semblent plus en profiter, protestent contre cet état de fait.

« En tant que peuple du livre, nous nous sommes engagés à maintenir le revenu des auteurs qui produisent nos trésors culturels », a assuré le premier ministre dans un communiqué.

En France, la loi sur le prix unique du livre, et depuis peu, sur le livre numérique, a marqué le commerce du livre, en sanctifiant les oeuvres.

L’Allemagne ainsi que le Mexique, ont également adopté de longue date des lois similaires, qui préviennent toute tentative de discount sauvage, comme aiment à le pratiquer les marchands américains.

Mais pour Israël, le problème devient simple quand ont comprend que 80 % des ventes de livres sont réalisées par les deux grandes chaînes.

Un peu comme si Fnac et Virgin avaient la main mise totale sur le commerce des livres, avec la possibilité de n’en faire qu’à leur tête…

Amnon Ben-Shmuel, président de l’Association du Livre en Israël assure que
« la concurrence entre les deux principaux libraires est un sérieux problème.

Les auteurs en ont marre de travailler gratuitement ».

Alors cette nouvelle législation, c’est un peu le Messie qui n’a jamais pointé le bout de son nez, pour le secteur de l’édition.

Oz et Grossman se sont opposés fermement aux remises sur les livres :

« Nous ne pouvons plus prendre part à cette humiliation de voir nos livres soldés, en particulier pour nos travaux, mais plus généralement pour la littérature hébraïque. »

Si le prix de vente des ouvrages papier est au coeur de la controverse, qu’en sera-t-il lorsque que le livre numérique aura pris pied dans le marché ?

Pour Amnon Ben-Schmuel, « tout ce qui nous importe, c’est que les gens lisent plus de livres.

Nous ne nous préoccupons pas de savoir s’ils sont numériques ou traditionnels ».

Le projet de loi instaurant un prix unique du livre devrait être approuvé dans le courant de ces prochaines semaines, selon le calendrier législatif. Antoine Gallimard se réjouissait dernièrement de ce grand pas pour l’édition sur place.

Nicolas Gary/ ActuaLitté Article original

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Israel – prix unique du livre – législation – Benjamin Netanyahou

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david

Il faut remarquer aussi qu’il y a très peu de livres en français en Israel… Trois Victor Hugo, 2 Molière, 1 Marcel Proust, ceux qu’on a lu quand on était à l’école et qui nous avaient déjà emmerdé à l’époque…

Bon je ne suis pas un grand intellectuel mais un cours de krav maga est organisé deux soirs en semaine, et le week end Paris 12. Il est gratuit. L’horaire et le lieu seront communiqués à ceux d’entre vous qui seraient intéressés. Parlez en autour de vous ! hco3@live.fr