GILNATURE VIA GETTY IMAGESComment l’analyse du génome du coronavirus Sars-Cov2 permet de mieux comprendre l’histoire de l’épidémie de Covid-19 en France.

L’épidémie de coronavirus a débuté en France bien avant fin février, selon cette étude génétique

En analysant les différents génomes du virus, des chercheurs de l’Institut Pasteur ont réussi à retracer une sorte d’arbre généalogique français du coronavirus.

 Le 24 janvier, au lendemain du confinement de Wuhan, la France enregistrait les premiers cas européens de personnes infectées par le nouveau coronavirus. Mais malgré 12 cas isolés, tous provenant de personnes ayant séjourné à l’étranger, l’épidémie ne semblait pas prendre dans l’Hexagone.

C’est un mois plus tard, le 25 février, que tout bascule, avec trois nouveaux cas de Covid-19, touchant des personnes n’ayant aucun lien avec des zones à risque. À partir de là, l’épidémie a explosé.

Mais en réalité, le coronavirus Sars-Cov2 circulait en sous-marin depuis des jours, voire des semaines, sur le territoire français. C’est le résultat d’une étude de l’Institut Pasteur mise en ligne le 24 avril sur Biorxiv (mais pas encore vérifiée par des pairs).

Autre enseignement de l’étude: si l’épidémie a débuté plus tôt que prévu, il est clair que les premiers cas médiatisés fin janvier et début février n’en sont pas à l’origine. “Les premières introductions en France n’ont pas été un succès, ce qui veut dire que les mesures de quarantaine et d’isolement ont été efficaces”, explique au HuffPost Étienne Simon-Lorière, microbiologiste à l’Institut Pasteur, co-auteur de l’étude.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont enquêté d’une manière un peu particulière: en analysant les mutations génétiques du coronavirus. N’ayez crainte: on ne parle pas ici d’un risque de Covid-19 plus mortel ou plus virulent.

Ces changements n’ont aucun impact sur le fonctionnement du Sars-Cov2, mais permettent aux chercheurs de réaliser un travail que l’on pourrait assimiler à de la généalogie, couplée à une analyse orthographique. C’est notamment ainsi que des scientifiques ont montré que l’épidémie aux États-Unis est restée non détectée pendant plusieurs semaines.

Une mutation est une faute de frappe

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, le Sars-Cov2 mute régulièrement. Comme tous les virus, son but est de s’accrocher à une cellule et de “l’infecter”, d’y déposer à l’intérieur son propre génome. Cela lui permet en quelque sorte de pirater la production de la cellule et de créer des copies de lui-même, de son ARN (pour faire simple, l’ADN des virus).

Sauf que tout cela n’est pas parfait et quand le virus se copie, il fait très souvent des erreurs dans son ARN, les “lettres” de son génome (vous savez, les A, G, C et U). Ce sont les mutations du virus. Mais elles sont en général totalement inoffensives.

Pour comprendre, le mieux est d’imaginer un texte que vous écrivez, nous expliquait en mars au HuffPost Emma Hodcroft, chercheuse à l’université de Bâle, spécialiste de la génétique des virus. Si vous faites une coquille, une faute de frappe, “généralement cela ne va pas rendre le document meilleur, ou pire, c’est juste une coquille”, explique-t-elle. “Il y a un très, très petit risque que cela change un mot clé et change ainsi tout le document, mais les chances sont minces”.

C’est en analysant ces multiples coquilles, dans divers génomes du virus récupérés sur des patients infectés, que les auteurs français ont pu arriver à leurs conclusions. L’Institut Pasteur a séquencé ainsi une centaine de génomes de virus, représentatifs des infections dans la partie Nord de la France. A suivre..www.huffingtonpost.fr

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