A la tête de l’association « Brigade des Mères » qui porte secours aux femmes des banlieues, Nadia Remadna est travailleuse sociale à Sevran (Seine-Saint-Denis). Elle vient de publier Comment j’ai sauvé mes enfants (Calmann-Lévy) sur son expérience à Sevran.

Laurent Gayard. Plus de dix ans après les émeutes de 2005, malgré plusieurs plans de rénovation urbaine, on dirait que rien n’a changé en banlieue. Comment expliquez-vous cette crise permanente ?

Nadia Remadna. On parle beaucoup de précarité sociale. Cette dernière est réelle, il ne faut pas la nier, mais elle est tout aussi présente dans les villages et les campagnes. En banlieue, on a enfermé les enfants d’immigrés dans leur culture, leurs traditions, leurs coutumes et leur statut de victime. A force de leur répéter qu’ils étaient discriminés et partout victimes de l’islamophobie, on a alimenté le ressentiment des jeunes. La politique de la ville a conduit à dépenser d’énormes sommes pour les banlieues pendant trente ans mais comment se fait-il qu’avec tout cet argent, tous ces travailleurs sociaux, tous ces nouveaux postes sans cesse créés – coordinateurs REP, coordinateurs d’islam…- on en arrive à ce résultat ?

Le résultat, c’est la délinquance, les dérives islamistes et la sécession culturelle d’une partie de la jeunesse issue de l’immigration ?

Les banlieues sont des prisons mentales à ciel ouvert. J’ai vingt-quatre ans de terrain derrière moi et la situation actuelle me rappelle ce qui s’est passé en Algérie dans les années 90. Je crains que nous, Français ne soyons désormais forcés d’apprendre à vivre avec la peur, comme l’ont fait les Algériens. C’est déjà ce qui se passe dans certains endroits. Aussi, nous autres mères et citoyennes françaises, voulons nous réapproprier ces lieux sous pression des délinquants et des religieux.  La politique dans les banlieues, c’est devenu un royaume, avec des maires « rois-soleils » qui recrutent leur service d’ordre chez les racailles ! Le problème, c’est qu’une majorité de gens souffrent en banlieue des agissements d’une minorité non seulement tolérée mais courtisée par les politiques.

Vous voulez dire que le clientélisme qui sévit actuellement en banlieue profite aux délinquants et aux islamistes…

Quand vous représentez une association, la première question qu’un élu vous pose, c’est combien l’association compte de membres et quels électeurs potentiels. Et les islamistes n’échappent pas à ce marchandage. Par intérêt électoral, les politiques ont ainsi encouragé le développement d’un véritable machisme religieux en banlieue. Résultat : grassement subventionnés, les islamistes sont désormais présents à tous les niveaux, aussi bien à la mairie qu’à l’école, faisant des femmes leurs proies. Le problème des musulmans, ce n’est pas l’islamophobie ou la stigmatisation, c’est la radicalisation ! Certains endroits sont de véritables villes d’hommes à partir de 18 heures. En tant que femmes de banlieue, nous devenons peu à peu les ennemies de tout le monde : des religieux, des politiques qui les soutiennent, et des institutions qui les intègrent. Dans ces conditions, comment s’étonner de la montée du vote FN ?

Justement, sans doute pour retirer des arguments au Front national, mais aussi afin de lutter contre le phénomène djihadiste, la réforme constitutionnelle prévoit de déchoir de la nationalité française les terroristes binationaux. Que vous inspire cette mesure ?

Soyons sérieux, on parle d’adolescents, voire d’enfants, qui massacrent. Et ce n’est pas la déchéance de nationalité qui va régler quoi que ce soit. Ces jeunes-là s’en foutent complètement d’être Français ! Ce n’est pas une question de nationalité mais de mentalité. François Hollande ferait mieux de réunir les maires et de leur expliquer qu’ils sont dans l’obligation de faire appliquer la loi, y compris les règles de la laïcité.

N’est-ce pas déjà le cas ?

Pas du tout. Même après les attentats du 13 novembre, il n’y a eu aucune prise de conscience de ce qui se passe. A part organiser des cérémonies et des perquisitions, l’Etat ne met en œuvre aucune politique pour que la situation change vraiment. Quand j’entends le gouvernement annoncer qu’on va former des imams recrutés au Maroc, ça me fait rigoler !

On va ramener des Marocains qui seront de toute façon considérés comme des imams au service de l’Etat par les gens auxquels ils s’adresseront. La France a commis l’erreur d’être trop complaisante vis-à-vis de la mouvance intégriste. Elle a accueilli par exemple une partie des gens du Front Islamique du Salut (FIS) qui avaient été expulsés d’Algérie en leur donnant le statut de réfugiés. Il y en a même qui ont réussi à devenir représentants au sein du Conseil français du Culte musulman (CFCM) institué par Sarkozy. Pourquoi l’ancien Président a-t-il créé cette bombe ? Sans doute par électoralisme.

Cette tentation existe aussi à gauche, où des élus comme Clémentine Autain, pourtant féministe, préfère combattre « l’islamophobie » plutôt que de dénoncer les viols de Cologne et s’allier à à Tariq Ramadan…

Comme beaucoup de politiques, Clémentine Autain n’a pas d’idées. C’est une pure politique qui ne connaît rien au terrain. Habitant la ville de Sevran où elle est élue, je suis bien placé pour savoir qu’elle n’est même pas fichue de remplir un dossier de Sécurité sociale. Pourtant, j’avais été intéressée au départ par sa démarche. Je m’étais dit : « une femme, féministe…chouette ! » Puis je me suis rendu compte que Clémentine Autain flirtait avec le diable, avec les islamistes, leur donnait des gages et voulait seulement devenir maire de Sevran. Si elle était vraiment féministe, elle aurait peut-être choisi de soutenir un mouvement de femmes de banlieue comme le nôtre qui dit stop à l’intégrisme et ‘protégeons nos enfants !’ Aujourd’hui, tout le travail qu’on fait avec la « Brigade des Mères » est bousillé dès qu’on a quelqu’un à côté qui distribue les tracts « STOP A L’ISLAMOPHOBIE ! » de Clémentine Autain.

Laurent Gayard

Laurent Gayard

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André

Clémentine Autain c’est vraiment le niveau zéro de la politique : elle n’a jamais travaillé de sa vie, ne connait aucun métier, et n’a pour formation intellectuelle qu’un « mémoire » sur la guerre d’Algérie et un « DEA » sur le féminisme… autrement dit du vent, du pipeau. Elle n’est là que grâce à la loi sur la « parité homme-femme » et non par ses compétences. On touche le fond.