Il faut beaucoup de courage pour mettre fin à sa vie et encore plus pour choisir la méthode la plus cruelle : l’immolation par le feu.

Un accès de folie parfois, mais souvent une crise de désespoir parce qu’on est mal compris, non écouté ou simplement ignoré.Révolution

L’immolation d’un jeune étudiant tunisien, contraint de vendre des légumes pour assurer sa subsistance, a déclenché la révolution tunisienne puis les autres
révolutions arabes.

Il a fait des émules à travers le monde et, chose étonnante, en Israël qui, pourtant, est un État démocratique modèle qui ne peut se
complaire d’actions violentes n’entrant pas dans la culture des juifs.

Alors que 8.000 personnes défilaient à Tel-Aviv ce samedi 14 juillet, un homme de 57 ans, qui participait à une manifestation pour plus de justice sociale, a
tenté de s’immoler par le feu.

Moshe Silman, habitant Haïfa, a laissé sur place une lettre, dans laquelle il affirme que «l’État d’Israël l’a volé.

Deux comités du ministère du logement et de la construction m’ont rejeté, malgré mon attaque».

Qu’est-ce qui a pu se passer dans la tête de ce malheureux citoyen ?

Tremblement de terre

Il ne s’agit pas d’une péripétie politique mais d’un véritable tremblement de terre car cette tentative de suicide démontre que, malgré les résultats exceptionnels de l’économie israélienne, la misère peut encore frapper à notre porte.

Bien sûr l’État ne peut pas tout et n’est pas seul responsable mais, la solidarité que le pays avait développée en 1948 ne fait plus partie des règles de vie en Israël.

L’égoïsme se répand dans les esprits au moment même où le développement des moyens de communications entraine plus d’égoïsme, plus de solitude et plus
de désespoir.

Ce n’est pas propre à notre pays mais au monde entier mais, nous n’avons pas à copier le monde entier.

Le gouvernement, qui dispose de tous les pouvoirs grâce à une coalition hétéroclite mais majoritaire, ne semble pas touché par les appels au secours des
jeunes et des classes pauvres.

Il est soit résigné par la situation économique mondiale, soit convaincu que la politique qu’il suit est la bonne.

L’atonie d’une opposition inexistante entraine l’exercice solitaire du pouvoir par Benjamin Netanyahou.

Combien d’autres immolations pour revenir sur terre ?

dimanche 15 juillet 2012

Jacques Benillouche Blog Article original

TAGS : Israel Social Contestation Silman Immolation Benillouche

Netanyahou Economie Egoisme

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raphya

bonjour.
que se passe t il
je vois tous les jours des pauvres demander l aumone et des tel aviviens mettre la main au porte monnaie
aucuns des vendeurs de journaux ou autres cartes postales aux terrasses des cafes et restos ne sont renvoyes violemment
et c est vrai. on a l impression que certains israeliens seraient prets a vous faire payer l information sur une direction a prendre ou la situation d une rue…
le logement est cher, mais la legislation souple sur les regles de location tolerant la colocation.
les hyper centres commerciaux permettent la subsistance de vielles echopes …
j ai le sentiment qu un travail de fond ideologique sur le liberalisme cotoie et tente de juguler une solidarite naturelle ,historique,
je sens que les jeunes sont deboussoles
certes c est pareil dans bcp de pays dits developpes
hier encore j ai fait du tramp comme a la belle epoque
la societe israelienne…les societes…
sont malades elles prennent de plein fouet les luttes ,que je crois ideologiques,entre des clans reduits
qui tentent d imposer des modeles auxquels ils ne croient pas
sans compter les forces organisees qui elles y croient les religieux

les israeliens ont perdu l habitude d etre entendus par leur responsables et se resignent
ou tombent dans la nevrose du klaxon…que l autorites tolere de facon paternaliste
les vannes du credit a la conso peuvent calmer un moment, mais apres…
je crains le pire pour les temps a venir si ces politiques de colmatage se perpetuent.
j ai neanmoins rejoint israel recemment convaincu qu un etat aussi jeune saura trouver d autres equilibres et des idees pour se renforcer….pas que militairement

Rebfil

Le manque de solidarité envers la pauvreté en israel a été pour moi , un réel choc ! israel est un pays riche et avancé a tout les niveaux , que ce passe t ‘ il donc pour que l ‘ administration civile israélienne ne soutienne pas sa population  » karl mondisée  » ? ET APPAREMENT CE N ‘ EST PAS UN EPIS PHENOMENE MAIS UNE REALITE QUI TOUCHE UNE GRANDE PART DE LA SOCIETE CIVILE D’ISRAEL !

david

Je ne sais pas si c’est un tremblement de terre comme tu dis, Jacques. Mais ça m’étonnerait que ça modifie l’évolution que tu évoques. Et moi aussi je pense qu’Israël n’a pas vocation à reproduire à petite échelle ce qui se fait à plus grande ailleurs. Il doit y avoir autre chose. Forcément.

david

Je suis surpris de voir enfin écrit ce que je pensais depuis plusieurs années. L’égoisme et l’individualisme entrainent la solitude et le désespoir. Y compris en Israël. Et j’ai cru le remarquer, plus en Israël qu’ailleurs.

Et « l’État ne peut pas tout et n’est pas seul responsable » en effet. Ca commence par une petite phrase anodine : « excellente journée », « très belle journée ». Alors ça, ça m’amuse, maintenant c’est : très BELLE journée. : ) Ca en dit long !

Ca se poursuit par les vœux complètement bidons qu’on s’adresse par mail à certaines de nos fêtes. Roch ha shana je crois ou un peu après. Le dégoulinage de bons sentiments qu’on copie et qu’on colle à cinquante personnes, je te souhaite, tu me souhaites… Si un jour t’es dans la merde, c’est sûr qu’on t’aidera !

« La solidarité que le pays avait développée en 1948 ne fait plus partie des règles de vie en Israël » non. Et la considération non plus. Elle s’est éteinte, noyée dans une déférence aussi fausse qu’elle est obligatoire.