Antisémitisme en Italie: “Chaque époque a son nouvel ennemi”

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Cette année, le 9 novembre marquera le 80ème anniversaire de la nuit de Cristal. À l’échelle de l’Allemagne et de l’Autriche, des groupes nazis avaient incendié des centaines de synagogues, attaqué et arrêté massivement des Juifs et détruit des milliers de magasins qu’ils détenaient.

Ces prochains jours, des commémorations sont prévues pour rappeler cette nuit de terreur et les atrocités commises contre les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale, mais aussi pour les appréhender à la lumière d’aujourd’hui.

euronews entame une série de reportages sur l’antisémitisme, le racisme, à travers l’Europe dont voici la première édition tournée auprès de représentants de la communauté juive de Rome.

Cinq ans après la nuit de cristal en Allemagne et en Autriche dont on commémore les 80 ans ce vendredi, l’Italie vivait un même déferlement de haine contre les Juifs.

Sous occupation nazie, des soldats de la Gestapo procédaient à la rafle de plus d’un millier de Juifs de Rome en vue de leur déportation à Auschwitz. C’était le 16 octobre 1943, surnommé le “Samedi noir”. On comptera seulement seize survivants, aujourd’hui tous disparus.

Dans le ghetto juif de la capitale italienne, ces événements restent bien présents dans les mémoires. “J’étais là à l’époque : j’ai assisté à la déportation de ma sœur, de mon beau-frère et de leurs deux enfants,” confie Enrico Di Veroli, 85 ans.

Eloisa Covelli, euronews :

“À votre avis, pourrait-il se produire quelque chose de similaire aujourd’hui ?”

Enrico Di Veroli :

“Je ne sais pas. Maintenant, il y a l’Etat d’Israël qui nous protège.”

Eloisa Covelli :

“Vous dites que les Juifs ne sont plus en danger aujourd’hui, mais le danger peut concerner d’autres groupes de personnes comme les migrants, les tziganes…”

Giuseppe Calò, 72 ans :

“Non… Ne mélangez pas les Juifs et les tziganes. Ne nous identifiez pas à eux !”

Prévenir le risque de nouvelles atrocités

La communauté juive de Rome se mobilise pour entretenir le souvenir de la Shoah, par le biais de livres, de conférences et de films comme celui projeté ce jour-là au parlement italien. Il s’agit de lutter contre l’oubli et prévenir le risque que de telles atrocités se produisent à nouveau.

Eloisa Covelli :

“Selon vous, l’environnement politique actuel est-il toxique au point de voir revenir le racisme ou la persécution envers un certain groupe de personnes ?”

Claudio Procaccia, responsable des événements culturels de la communauté juive de Rome :

“Le risque existe parce que c’est quelque chose qui est dans la nature humaine… Malheureusement, l’Histoire l’a montrée. À une époque de crise des valeurs – qui d’ailleurs, est source de crise économique -, ce phénomène s’aggrave et même de manière exponentielle.”

Ruth Dureghello, présidente de la communauté juive romaine :

“L’ennemi a changé. À chaque époque, il y a un nouvel ennemi à attaquer, insulter. Nous sommes ceux qui par excellence, représentons la différence. C’est pour cela que nous avons été – et que parfois, nous sommes encore – les victimes de cette haine. Il faut considérer que c’est de la haine quel que soit “l’ennemi” qui la subit, que l’on soit tzigane, homosexuel ou handicapé car c’est ce qui s’est produit dans le passé. La différence est un prétexte pour persécuter.”

euronews

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