La cérémonie s’est tenue, jeudi, place de la République. Blois © Photo NR

Agen: A la mémoire des Justes..(vidéo)

  • Comme chaque année, la cérémonie se déroulera sur la parvis de l’église Notre-Dame du bourg. archives
    Comme chaque année, la cérémonie se déroulera sur la parvis de l’église Notre-Dame du bourg. archives
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« En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité » : Simone Veil.

La Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français (à la solde des nazis, de 1940 à 1944) et d’hommage aux « Justes » de France se déroulera demain. A Agen, une cérémonie se tiendra comme chaque année maintenant sur le parvis de l’église Notre-Dame du Bourg, rue Montesquieu, en présence de Jean-Philippe Dargent, directeur de cabinet, représentant la préfète de Lot-et-Garonne, et de Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen (à 9 heures).

« Cette cérémonie salue la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français mais rend également hommage aux « Justes de France », afin de se souvenir des martyrs et des sauveurs, indique la préfecture. En Lot-et-Garonne, les deux plus grandes rafles de Juifs eurent lieu en été 1942. La plus importante survint le 26 août 1942. 385 personnes seront internées brièvement au camp de Sauvaud (dit camp de la gare) à Casseneuil. Au total, 473 Juifs du Lot-et-Garonne seront déportés vers les camps de la mort. »

La cérémonie de demain sera un hommage à toutes les victimes, et à celles et ceux qui – au cours des heures les plus noires de notre histoire – ont tendu la main, caché, nourri, aidé dans leur fuite des familles traquées. Ces gestes, d’une valeur sacrée, ont sauvé des camps de la mort. Cela ne s’oublie pas.

38 Justes en Lot-et-Garonne

En Lot-et-Garonne, 38 personnes sont honorées du titre de « Juste parmi les Nations ». Citons par exemple Fernand et Aurélie Cenou, qui vivaient à Bon-Encontre durant la guerre et qui sauvèrent neuf des membres de la famille Lévy. Leur rôle fut reconnu en 2012 par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem. Citons Simone Rivière, épouse May, d’Agen, qui aida son mari mais aussi des enfants juifs ainsi que leurs parents à sortir clandestinement de France pour les mettre en sûreté à l’étranger. Citons André et Simone Celsis, du Passage-d’Agen, qui ont aidé un enfant à s’échapper des mains de la Milice, en 1944. Leurs descendants avaient reçu l’an passé pour eux la médaille des « Justes parmi les Nations ».

La place est ici insuffisante pour citer les 33 autres personnes, mais tout lecteur intéressé par ces héros peut se reporter au site internet yadvashem-france.org. On y apprend que les Justes sont plus nombreux dans le nord du département (surtout en Villeneuvois), et qu’ils sont tous des gens modestes, animés d’une bonté et d’une croyance (au moins dans l’Homme) exemplaire. Ils sauvèrent des vies, mais aussi l’honneur de la France. Demain, plus que d’autres journées, notre mémoire sera donc éclairée.

https://www.google.com/url?rct=j&sa=t&url=https://www.petitbleu.fr/2020/07/18/a-la-memoire-des-justes-

La rafle du Vel’ d’Hiv’ racontée par Annette Muller, déportée à 9 ans

17 juil. 2018

© Emmanuel Rioufol

LE MUR DES JUSTES à Paris 

Le Mur des Justes, situé dans l’allée qui jouxte le Mémorial, porte les noms de plus de 3 900 hommes et femmes qui, au péril de leur vie, ont contribué au sauvetage de Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces personnes ont reçu le titre de « Juste parmi les Nations », décerné par le Musée Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem depuis 1963. À ce jour, plus de 24 000 personnes dans le monde ont reçu cette distinction.

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Marc

Cette commémoration est, d’abord et avant tout, la réparation tardive d’une vieille pomme de discorde entre la communauté juive, en difficulté pour réintégrer un collectif national, et celui-ci qui longtemps, occultait, pour ne pas dire déniait toute « responsabilité » dans la déportation et donc, l’assistance à l’extermination de 76.000 Juifs de France, femmes, enfants, vieillards compris (75 721 Juifs, dont près de 11 000 enfants)…

C’est bien là que réside, non seulement la « complicité » (mot totalement désuet, puisque la France a pris l’initiative d’aller au-delà des attentes de l’occupant), mais le crime total, et totalement imprescriptible de « la France » officielle de l’époque, de la République donnant les pleins pouvoirs à Pétain, mais surtout à Laval et Bousquet (celui-ci organisateur des rafles en concertation avec les Nazis) : pour la toute première fois, comme le souligne Annette Muller dans la vidéo, des femmes, des enfants, des vieillards ont été sortis de leurs logements pour nourrir la bête immonde, par la police française. Toutes les rafles préalables ne déportaient « que » les hommes. Sous cet aspect, le crime contre l’humanité (les non-combattants par excellence) est « presque » une invention (innovation) française… Même si les plus faibles n’étaient pas non plus épargnés sur le Front de l’Est par les Einsatzgruppen ou leurs supplétifs ukrainiens, lettons…, dans la « Shoah par balles »…

Ne pas oublier non plus que les premiers hommes Juifs déportés partent de Paris pour Auschwitz le 27 mars 1942, que les premières rafles ont lieu dès 40 pour des individualités et le 14 mai 1941 pour les étrangers anciens combattants pour beaucoup (dont un GP évadé de Pithiviers, repris plus tard), dite Rafle du Billet Vert

Le débat historico-politique n’est pas clos autour de cette complicité de « La République française » (dite de Vichy, par opposition à De Gaulle à Londres, mais qui n’a pas non plus fait dynamiter de voie ferrée destinée à …) ou de « La France » (par opposition entre l’administration servile, moins Jean Moulin, etc. et le « peuple », petites gens cachant les enfants et 75% des familles). Il y en a même pour s’emparer de ce beau mot symbolisé par Marianne et déclamer chaque année le même jour à la même heure que « La France n’est pas coupable »… Comme s’il y avait eu 40 millions de résistants ou que tous les enfants, femmes, vieillards auraient soigneusement été préservés par les officiers français responsables de cet avilissement impardonnable du drapeau… N’en déplaise à Le Pen, Mélenchon et consorts

54 policiers sont déclarés Justes parmi les Nations, certains durant ces journées de ténèbres particulièrement noires…

Un temps pour se souvenir et un temps pour débattre.